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Ora Washington : femme, noire, pauvre, forte tête… Et championne !

Basket Féminin

Montage Une : Laurent Rullier pour Basket Rétro

Le 7 Septembre 2018 à Springfield, en parallèle de Tina Thompson ou Katie Smith, une autre basketteuse a rejoint le Hall of Fame: Ora Washington, la première star afro-américaine du sport féminin. Sa carrière marque par ses succès et sa longévité, mais surtout par les obstacles qu’elle a dû franchir. Devant surmonter les jugements à la fois sur son sexe, sa couleur de peau et sa classe sociale.

JEUNESSE, MIGRATION ET TENNIS

Cinquième née d’une famille de neuf enfants, Ora Washington voit le jour en 1898 à Caroline County (VA). Possédant une ferme, ses parents ont un niveau de vie correct pour une famille noire dans le sud américain au début du XXe siècle. Mais le décès de sa mère va changer l’équation. Son père a du mal à subvenir aux besoins de tous ses enfants et, au milieu des années 1910, Ora part rejoindre sa tante à Germantown dans la banlieue nord de Philadelphie. Ce départ s’inscrit dans le mouvement de la Grande Migration où les afro-américains des milieux ruraux quittent progressivement le Sud pour, d’une part, échapper aux violences et à la crise agricole, et d’autres part profiter des opportunités dans l’industrie que leur offre le Nord. C’est à Philadelphie qu’elle va découvrir le monde du sport. Suite aux différentes avancées sociales du début de siècle, le sport prend de plus en plus d’importance aux Etats-Unis. Les classes ouvrières ont enfin le temps de le pratiquer grâce à la généralisation progressive de la journée de huit heures entre 1864 et 1937. De plus, la diffusion radiophonique d’événements sportifs permet d’atteindre une plus grande audience.

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Ora Washington

Au début du XXe siècle, le sport féminin n’était vu que comme un moyen d’améliorer sa condition physique pour être une meilleure épouse, et sa pratique restait donc peu répandue. Les rares clubs sportifs féminins étant des clubs privés, réservés à l’élite économique blanche. Mais, dans le cadre de réformes contre le travail des enfants, pour l’éducation et la santé, de nombreuses organisations comme les YWCA (Young Women’s Christian Association) se développent progressivement à travers le pays pour permettre aux jeunes filles issues des classes moyennes et populaires d’accéder à des activités sportives. Ora Washington rejoint l’un de ces YWCA au début des années 1920, celui de Germantown. Ses qualités athlétiques sautent rapidement aux yeux, particulièrement sur les terrains de tennis. A cette époque le tennis afro-américain commence à se développer grâce à la création en 1916 de l’American Tennis Association (ATA), organisant des tournois pour les joueuses et joueurs noirs interdits dans ceux de l’United State Tennis Association (USTA).

Très rapidement, Ora passe de débutante à membre de l’élite. Dès 1924 elle remporte son premier tournoi et en 1925 elle défait la triple championne nationale en titre Isadore Channels pour remporter le championnat de l’état de New York. Le même été, associée à Lula Ballard, une autre membre du Germantown YWCA, elle remporte le titre national en double et se retrouve à la troisième place du classement national ATA. Elle conservera son titre de championne nationale en double pendant douze années consécutives. A ces titres on peut ajouter huit titres nationaux en simples entre 1929 et 1937 (dont sept consécutifs entre 1929-35) et trois titres nationaux en doubles mixtes en 1939, 1946 et 1947. Avec un total de 201 trophées remportés dans sa carrière, elle gagne le surnom de « Queen of Tennis ». Pour décrire son ascendant psychologique le Chicago Defender écrit en 1931, « sa supériorité est si évidente que ses adversaires sont fréquemment vaincues avant même que la première balle ne passe le filet« . Ora est au sommet, elle devient une icone afro-américaine, volant fréquemment la vedette à ses homologues masculins et attirant les foules. Car, même si ce n’est pas une vérité générale, les afro-américains soutiennent davantage les femmes dans le sport à cette période. Prônant la réussite et le travail d’équipe comme vecteurs d’affirmation face à la domination de la société blanche que ce soit chez les hommes ou les femmes. Son style de jeu, basé sur la vitesse et la puissance, lui aurait surement valu des critiques dans les tournois USTA où l’élégance reste primordiale pour les femmes même en plein match. Mais dans l’ATA elle peut gagner en notoriété tout en jouant comme elle le souhaite. Cependant Washington reste frustrée de ne pas pouvoir s’opposer à l’élite blanche du tennis. Et même si elle y reste dédiée tous les étés, elle décide de s’investir davantage dans un autre sport pendant la saison hivernale : le basket-ball.

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Ora Washington posant devant ses trophées

LES TRIBUNE GIRLS SURVOLENT LA CONCURRENCE

Le basket-ball a connu un immense succès chez les femmes dès ses débuts. Etant le seul sport collectif majeur américain à ne pas se reposer principalement sur la force, cela permet aux femmes d’y jouer sans jugement social dès 1893 et jusqu’au milieu des années 1920. Pendant cette période, les classes populaires s’approprient le sport et presque chaque lycée et université afro-américains proposent un programme de basket-ball pour femmes. Mais pendant les années 1920 ces évolutions progressives vont être balayées. En 1923 la division féminine de la National Amateur Athletic Federation (NAAF), menée par Lou Henry Hoover, décide de réformer la pratique du sport féminin. L’idée est de ramener les moyennes et hautes classes féminines vers une vision plus conservatrice de la femme. Pour cela, on limite la compétition afin de favoriser la coopération et on créée des versions féminines des sports dans lesquelles la force est moins utilisée. Pour le basket-ball cela revient, entre autres, à faire jouer les matchs sur demi-terrains. Une grande campagne de sensibilisation est lancée, prétendant que la pratique du sport « comme les hommes » abîmerait les organes reproducteurs ou débriderait les pulsions sexuelles. Ces reformes vont avoir un effet désastreux, alors que près de 25% des universités avaient des équipes de basket-ball féminines au début des années 1920, à peine 10% ont survécu en 1930. Et alors que le sport était largement considéré comme un mixte, il devient par la suite associé aux hommes.

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Basket-ball féminin à l’University of Wisconsin, 1925

Cependant cette campagne n’a pas entièrement ruiné le basket-ball féminin. Car si les classes moyennes et supérieures répondent à ces injonctions à la féminité, les classes populaires blanches et les afro-américaines voient toujours l’esprit compétitif comme une qualité, puisque nécessaire dans leur quotidien. Elles rejettent donc massivement les nouvelles règles et continuent de jouer comme elles l’entendent. C’est également à cette période que commencent à se développer des équipes professionnelles sponsorisées par des entreprises qui vont grandement participer à garder le sport en vie pendant la Grande Dépression. L’avantage de ces équipes étant l’absence des éducatrices censées transmettre les consignes de la NAAF. Pendant cette période de crise, Ora Washington quitte Philadelphie quelques temps pour travailler en tant que ménagère à Chicago tout en continuant sa carrière de tenniswoman. Dans l’Ohio, elle s’initie au basket-ball en jouant chez les Savoy Colts avant de revenir, avec sa partenaire et rivale de tennis Lula Ballard, jouer pour l’équipe de son YWCA les Germantown Hornets. Chez les Hornets, et malgré ses 1m70, Ora joue au poste de pivot. Sa taille semble être un handicap, mais comme au tennis sa force réside dans sa puissance, sa vitesse et une compétitivité hors pair, aucun adversaire croisant son regard ne veut rester en travers de son chemin. Capitaine et meilleure marqueuse de l’équipe avec plus de 13 points par match, Ora va mener les Hornets à un bilan de 22 victoires pour une seule défaite sur la saison 1930-31. A cette époque, les journaux afro-américains à travers le pays désignent conjointement les champions nationaux, et avec leur bilan les Hornets remportent ce titre en 1931.

Suite à ce succès les Hornets vont passer au statut professionnel, permettant à Ora et ses coéquipières de gagner quelques dollars bienvenus dans une période où seulement 13% des habitants noirs de Philadelphie ont un emploi à temps-plein. Pour Ora ces sous s’ajoutent à ceux de son emploi de ménagère dans une famille blanche de Germantown qu’elle occupe depuis son arrivée dans la ville. Cette même année une autre équipe professionnelle voit le jour: les Philadelphia Tribunes, sponsorisées par le journal afro-américain éponyme sous l’impulsion de la capitaine de l’équipe Inez Patterson. Les Tribunes ont d’excellents résultats également sur la saison 1931-32 et les deux équipes organisent donc une série au meilleur des cinq matchs entre février et mars 1932 pour décider du titre de champion national. Ces deux équipes, par leurs succès, profitent d’un vrai soutien populaire, et leurs matchs attirent souvent davantage de spectateurs que leurs homologues masculins de Philadelphie, qu’ils soient professionnels ou universitaires. Les Hornets se présentent face aux Tribunes en pleine confiance, n’ayant pas connu la défaite depuis 44 matchs. Ce choc au sommet tient toutes ses promesses et les équipes se rendent coups pour coups devant une foule extatique face au spectacle proposé. La série se termine au bout du cinquième match, en prolongation, pour une victoire finale des Tribunes. Randy Dixon, éditeur sport au Tribune raconte « Il fallut dix grosses minutes avant que l’ordre ne soit restauré, les spectateurs à bout de souffle après un combat si serré se laissèrent aller à leurs pulsions séditieuses. Ils grimpèrent sur leur chaises pour hurler. D’autres soulevèrent des membres de l »équipe championne sur leurs épaules pour les faire parader dans le hall. Ils s’agitaient et dansaient, et vous pouvez me croire, il y avait de quoi. C’était ce genre de match« .

Malgré la défaite, Ora a impressionné tous les spectateurs pendant la série. Avec 16 points par match, dont un match à 38 points, elle a également mené un come-back héroïque dans le dernier match grâce à des tirs lointains. Elle est au sommet de deux sports en même temps. Pour la saison 1932-33, elle rejoint les Tribune Girls (renommées pendant l’été) avec Lula Ballard afin de former avec ses anciennes adversaires une équipe redoutable qui dominera sans partage. Les Tribune Girls vont enchaîner les victoires jusqu’à atteindre 11 titres nationaux consécutifs. Sur leur chemin, elles défont des équipes autant féminines que masculines, afro-américaines que blanches, universitaires que professionnelles. Personne ne leur résiste, et leur succès en tant qu’équipe itinérante les voit remplir toutes les salles où elles se rendent à travers le pays. En 1934, pendant une tournée dans le Sud, les Tribunes affrontent l’équipe afro-américaine du Bennett College à Greensboro (NC) pour une série au meilleur des cinq matchs. Contrairement à beaucoup d’universités réservées aux femmes, le Bennett College a choisi de soutenir son programme athlétique et de recruter les meilleures joueuses noires du pays. Grâce à cette politique, Bennett ne perdra qu’un seul match universitaire entre 1933 et 1937. Pourtant les Tribunes ne vont faire qu’une bouchée de leurs adversaires, les battant en trois matchs secs. La différence se fait sur la vitesse et l’intensité des professionnelles, Ora incarnant parfaitement cette intensité. Lucille Townsend, pivot de Bennett raconte avoir entendu Washington lui murmurer « ne saute pas plus haut que moi » avant un match, mais elle décide de l’ignorer. « Je ne l’ai pas vue me frapper, mais elle l’a fait tellement rapidement qu’elle m’a coupé le souffle » avant d’ajouter « Elle savait mettre des coups, et elle m’a raconté avoir déjà joué un match de tennis en jouant sur ses genoux, et l’avoir gagné« . Cette série va être très suivie, même au delà de la communauté afro-américaine ou des fans habituels, et participer à relancer le basket-ball universitaire féminin. Tout au long de ces années victorieuses, Ora Washington reste la capitaine de l’équipe, endossant même occasionnellement le poste de coach. L’équipe disparaît suite au décès de son promoteur Otto Briggs en 1943 et Ora range alors son uniforme de basketteuse pour de bon. Se concentrant sur les compétitions de tennis en double pendant les dernières années de sa carrière sportive.

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Les Philadelphia Tribunes en 1938 menées par Ora Washington (debout, 3e en partant de droite)

HERITAGE

Ora Washington n’était pas qu’une femme noire, elle était une femme noire issue de la classe ouvrière. Au cours de sa carrière elle aura donc été victime de l’indifférence, au mieux, des blancs à cause de sa couleur de peau. Mais également des injonctions à la féminité dans une période de réformation du sport féminin. Et enfin, victime de violence de classe de la part des élites autant noires que blanches. C’était principalement le cas dans le tennis, où l’on a essayé de l’effacer des mémoires après sa retraite en simples. A la recherche d’icônes plus consensuelles, et sans doute plus sensuelles tout court, les journaux afro-américains ont rapidement cherché à mettre en avant des jeunes stars glamours. Parmi ces nouvelles icônes on trouve la tenniswoman Flora Lomax, championne ATA en simples les deux saisons suivant la retraite d’Ora Washington. Pour pousser le narratif dans son sens, des rumeurs ont commencé à émerger sous-entendant que Washington aurait pris sa retraite par peur de la jeune championne. A la suite de ces rumeurs, Ora revient sur le circuit à 40 ans pour affronter Lomax dans un tournoi à Buffalo qu’elle remporte avant de déclarer « Certaines personnes ont dit des choses l’an passé. Ils ont dit qu’Ora n’était plus aussi forte. Je n’avais pas prévu de jouer en simples cette année mais j’ai dû venir à Buffalo pour prouver qu’ils avaient tort. Je lui ai concédé le deuxième set, mais c’est le premier et unique set qu’elle n’ait jamais gagné contre moi. »

Son fort caractère dénotait à cette époque, et il y a fort à parier qu’il en choquerait encore aujourd’hui. Réputée violente sur les terrains de basket-ball, elle était à l’opposée des idéaux de féminité attendus. Une étudiante de Bennett décrivant Washington de la façon suivante : « Elle avait l’air d’une brute, du genre que vous ne voulez jamais croiser. On aurait dit qu’elle avait passé sa journée à ramasser du coton ou à s’occuper des porcs. […] Elles (les joueuses des Tribunes) étaient d’une classe à part. » Ce genre de commentaires venant d’une étudiante noire montre les obstacles que Washington a dû surmonter dans sa carrière. Pourtant Washington n’était pas aigrie, ses proches la décrivant comme une personne calme et attentionnée en dehors des terrains. Un des rares journalistes à l’avoir interviewée après sa retraite, Len Lear du Philadelphia Tribune raconte « Elle n’avait vraiment pas de colère par rapport au racisme. Ce qui m’a surpris car elle aurait eu toutes les raisons pour« . Même si ses déclarations de 1939 au Baltimore Afro-American lors de ses adieux aux simples en tennis laissent entendre une certaine lassitude: « “Etre championne nationale trop longtemps ne vaut pas le coup, c’est l’effort pour y parvenir qui compte. Une fois arrivée en haut tout le monde veut vous voir perdre et vous devenez l’objet de beaucoup de critiques« .

Son importance dans l’histoire du sport, bien que niée et effacée des mémoires, est bien réelle. Nous avons déjà évoqué le match entre Bennett et les Tribunes ainsi que son impact, mais l’influence de Washington sur le développement du tennis n’est pas moins majeur. Althea Gibson est la première afro-américaine à rejoindre l’USTA en 1949, dans sa carrière elle gagnera cinq tournois du Grand Chelem et sera nommée Female Athlete of the Year par l’Associated Press en 1957 et 1958. Mais s’il y a eu Althea Gibson, c’est pour beaucoup grâce à Ora Washington. De façon directe déjà, car Washington a entraîné Gibson dans sa jeunesse et a été sa partenaire de double dans les années 1940. Mais également de façon indirecte car Washington a porté le sport féminin afro-américain sur ses épaules pendant près de 20 ans, lui permettant d’exister et d’être en partie reconnu. Ses exploits ne sont pas passés inaperçus et pendant le New Deal, Franklin Roosevelt décide d’allouer des fonds à la construction de terrains de tennis dans les zones urbaines. Ces terrains permettant l’éclosion d’Althea Gibson ou autres Arthur Ashe par la suite.

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Les finalistes du double mixte ATA 1947 dont Ora Washington (2e à gauche) et Althea Gibson (tout à droite)

 

Ora Washington n’était pas la seule championne à briller dans plusieurs disciplines. Sans être monnaie courante, plusieurs jeunes femmes ont glané des titres et des médailles dans des sports différents. A une époque où le sport féminin de compétition était assez peu pratiqué, il n’était pas rare de voir une jeune femme athlétique et motivée dominer sur divers terrains. Rien que chez les françaises, Lucienne Velu, capitaine de l’équipe de France de Basket, comptait quarante titres de championne de France et un record du monde en athlétisme, Micheline Ostermeyer décrocha 3 médailles au JO de Londres en 1948 dans trois épreuves d’athlétisme, les lancers de disque, de poids et le saut en hauteur. On peut également penser à la sinistre Violette Morris.  Mais aucune de ces femmes n’a eu à affronter la discrimination raciale et sociale en plus de ses adversaires.

Pour Ora Washgton, son franc-parler et son attitude s’ajoutant à ces discriminations lui auront certainement coûté en partie la reconnaissance qu’elle méritait. Mais devait-elle se plier à des normes injustifiées alors que ses accomplissements auraient dû suffire à en faire une star ? Toujours est-il que, retombée dans l’anonymat après sa retraite sportive, Ora continua son métier de ménagère à Germantown où elle resta jusqu’à son décès en 1971. L’indifférence qui entoura sa post-carrière était telle qu’à sa nomination au Black Athletes Hall of Fame en 1976, le New York Times s’étonna de son absence à la cérémonie, cinq ans après sa mort. Et si aujourd’hui elle trône à Springfield au milieu des légendes de la balle orange, c’est en grande partie grâce au travail d’historien de la Black Five Foundation qui s’efforce de remettre en lumière des stars afro-américaines tombées dans l’oubli.

Plaque commémorative à Germantown Avenue, Philadelphia

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