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[Jeux Vidéos] Punk Shot : rebonds, gnons et bastons

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« Quand on arrive en ville, tout le monde change de playground ». C’est sur cet air un brin détourné d’un classique de la variété francophone que le jeu « Punk Shot » sorti en 1990 aurait pu être vendu. Un jeu souvent oublié, voir méconnu, qui allie sport et baston. Basket Rétro braque aujourd’hui les projecteurs sur ce soft au cocktail détonant. Direction les salles d’arcade enfumées des années 90, et si t’es pas majeur, tu rentres pas !

Punk Shot, comme son nom l’indique va tenter de réunir deux univers diamétralement opposé. Celui du basket, et celui des Punks. Oui on peut dire diamétralement opposé, car c’est bien connu, les punks ne font pas de sports, sauf quand ils promènent leurs chiens (car oui, le punk a souvent un chien. Deux clichés en 6 lignes, cet article démarre très fort). J’imagine que derrière l’utilisation du mot « Punk », l’éditeur Konami a juste voulu faire référence à une certaine violence. Une violence urbaine que le mouvement punk pouvait encore caractérisée à la fin des années 80. Restons en là pour l’historique du mouvement punk, et revenons plutôt à nos moutons.

LES PUNKS NE SAVENT PAS SAUTER

Punk_Shot_-_1990_-_KonamiLa société Konami, qui n’est plus à présenter pour les fans de jeux vidéo ( elle est derrière la série des Castlevania  ou encore des Metal Gear Solid) décide en 1990 de sortir un jeu de basket que l’on qualifiera de décalé. Le pitch de départ tient sur une carte Upper Deck et se résume en gros à se faire affronter deux équipes sur des playgrounds dans des matchs où tout est permis. Sur le papier, l’idée est alléchante. Qu’en est-il dans la réalité ? On va se pencher sur la question. Pour l’anecdote, et par soucis du détail, j’aimerais souligner que le jeu sortira uniquement sur borne d’arcade, et que par conséquent, il n’était jouable que dans une salle d’arcade, ou au bistrot du coin. Pas de trace d’un quelconque portage sur tout autre support. De ce fait, aujourd’hui en 2016, si tu veux faire une partie de « Punk Shot » c’est vers l’émulation que tu te tourneras. A moins que tu ne sois riche et célèbre et que tu possèdes une borne à la maison. Auquel cas il te faudra te procurer la PCB (la cartouche version arcade en quelque sorte) du jeu. C’est après une introduction des plus « chelou », qui ne lésine pas sur les clichés et les détails un peu bizarre (des graffitis niveau maternelle petite section, des types qui se foutent des gnons, des jeunes qui font du BMX, un mec qui joue au basket avec un casque sur la tête..) que vous devrait choisir le terrain qui ouvrira les hostilités. Oui, vous choisissez directement le playground pour attaquer la partie, mais il n’est pas question de choisir une équipe ou un quelconque personnage. En effet, le jeu n’offre pas le loisir de sélectionner son joueur. Celui ci vous sera attribué d’office selon que vous soyez le joueur 1, 2 3 ou 4.

Concernant le maigre line-up du jeu, il se compose uniquement de deux équipes, les Ramblers avec Basher et Stallion et les Slammers avec Hair et Spike. C’est peu et c’est bien dommage. Les Ramblers jouent en jeans et en débardeur vert, tandis que les slammers arborent un orange pétant tout en portant des protections de rollers. Si si, c’est hyper Punk les protections de roller, je l’ai lu dans le « petit punk illustré ». C’est donc aux commandes de Stallion que vous démarrez votre match (le joueur 2 héritera de Basher, le 3 de Hair et le 4 de Spike). Vous devez choisir parmi les 3 playgrounds disponibles, ce qui au final ne changera rien, étant donné que chacun des quart-temps de deux minutes se déroule sur l’un des playgrounds disponibles. Vous userez donc vos sneakers aux 4 coins (enfin 3) de la ville. Et pour ceux qui sont mauvais en calculs, 3 terrains pour 4 quarts -temps, ça veut dire que vous jouerez deux quarts temps dans le même endroit. C’est un peu stupide de ne pas avoir ajouté un 4ème terrain, histoire d’être raccord.

ANARCHY IN THE PLAYGROUND

ps3Ce détail irritant ne nous empêchera pas cependant de revenir sur ces 3 lieux et leurs spécificités. Commençons par le terrain le plus insolite : les docks. C’est en effet sur l’air de chargement d’un port en pleine activité que vous allez affrontez vos adversaires. Les dangers seront nombreux. Il faudra faire attention de ne pas tomber à la flotte par exemple. De même les mouettes se montreront oppressantes avec vous. Vous en voulez encore ? Alors soyez vigilants car vous ne serez pas à l’abri d’une chute dans un égout, ou bien de recevoir sur la tronche une caisse de chargement malencontreusement tombée d’une grue. C’est le genre de trucs « relou » quand vous pensiez finir une contre-attaque dans un fauteuil par un petit dunk sans opposition. Vous prendrez ensuite la direction du parc pour un quart-temps bucolique. Mais ne pensez pas pour autant être ici en terrain conquis. Cette fois ce sont les chiens qui en veulent à vos miches, et il n’hésiteront pas à vous croquer, laissant alors apparaître votre superbe caleçon. Une statue inondera la surface de jeu de bombes qui vous péteront à la gueule si vous avez le malheur de poser le pied dessus, et les corbeaux défendront les anneaux en repoussant vos shoots.

Et l’agressivité de ces volatiles de malheur ferait passer le bon Dikembe Mutombo pour un joueur UFOLEP du Dimanche matin. Pour terminer c’est en pleine rue au milieu des voitures accidentées que vous allez tenter d’arracher la victoire. Sous un déluge de peaux de banane que vous balancera le public, il faudra faire preuve d’agilité pour ne pas déraper. Prenez garde aussi à ne pas finir carbonisés à cause des zones enflammés par les bidons d’essence. Enfin méfiez vous de la concierge de l’immeuble qui passera son temps à vous balancer son balai, mettant ainsi un terme à vos envies de lay-up en toute décontraction. Jouez avec un œil sur le chrono’, et l’autre sur l’environnement hostile qui vous entoure ne sera pas facile.

PUNK’S NOT DEAD !

PS2Comme vous le voyez, Konami a décidé de faire dans le burlesque. Les zone de jeu sont déjantés, et totalement farfelues. Pleins d’autres petits détails funs sont parsemés à droite à gauche et vous prendrez plaisir à les relever. C’est par exemple un gamin en patins à roulettes qui fait ici office de panneau d’affichage en brandissant une pancarte en bois. Tout l’univers du jeu est en adéquation avec les graphismes colorés et divertissants que propose « Punk Shot ». Du côté de la charte graphique et de l’univers développé autour du jeu, il est difficile de prendre à défaut le travail de l’éditeur japonais. Il n’y a finalement que le manque de variété dans l’animation des joueurs qui vient ternir un tableau technique qui pour le début des années 90 est plus qu’à la hauteur. Mais comme toujours, une réalisation impeccable n’est pas toujours suffisante pour faire un bon jeu. D’autres aspects sont importants, notamment le gameplay. Et ça tombe bien, parce que c’est de lui que nous allons parler tout de suite. Comme je le disais en intro’, tout les coups sont permis. Et il n’y a pas que le public ou l’environnement extérieur qui va vous empêcher de jouer, puisque ici, les règles sont inexistantes.

Oublié l’attaque en triangle ou tout autre schéma tactique rébarbatif, seule la bagarre règne en maître dans « Punk Shot ». Vous avez la possibilité d’en découdre avec vos adversaires en utilisant vos poings et vos pieds. Et croyez bien qu’ils n’hésiteront pas à vous rendre la monnaie de votre pièce. Les empoignades s’annoncent brutales, et même déterminantes si vous envisagez de remporter la victoire. Le jeu se joue avec 2 boutons. En phase offensive vous avez l’opportunité de passer la balle ou de prendre un shoot. En fonction de PS1l’endroit ou vous vous trouvez, le shoot sera adapté. Si vous êtes proches du panier, vous monterez au dunk, a contrario, prendre le shoot depuis votre camp équivaudra à balancer la balle à la cuillère ou à deux mains en mode « alléluia ». Si vous passez la balle à votre coéquipier lorsque vous jouez seul, ce dernier est géré par l’ordinateur, mais vous pouvez lui donner l’ordre de vous redonner le ballon ou de prendre un tir en appuyant sur le bouton adéquat. Par contre ces déplacements resteront aléatoires.

Lorsque vous passez en mode baston (euh défense pardon), un bouton servira à sauter pour monter au contre, prendre un rebond ou nettoyer le cercle, et avec l’autre bouton, vous pourrez donner vie à l’expression « défendre » sa raquette. Coup de poings, coup de pieds et enchaînement à la Bruce Lee seront de rigueur pour faire reculer les offensives adverses. Et si la situation devient désespérée, appuyer sur les deux boutons simultanément, et votre personnage traversera l’écran à la vitesse lumière pour revenir en défense. Occasionnant au passage une petite baisse de sa jauge de vie. Une jauge qui vous coûtera un crédit si jamais elle se vide entièrement.

BASKETBALL CALLING

Donc si on résume tout ce qu’on vient de voir ; réalisation technique de qualité, jeu drôle, brutal et fun, au fort taux de convivialité avéré. Si en plus on ajoute l’opportunité de jouer à 4 en même temps et une prise en main hyper rapide et intuitive (bon avec 2 boutons d’action, forcément c’est pas compliqué non plus), ça commence à faire beaucoup de bon points pour « Punk Shot ». Mais au risque de casser l’ambiance, je vais ajouter quelques bémols à ce tableau idyllique. Déjà, on peut citer la musique. Là je ne comprends pas pourquoi avec un jeu qui comporte le mot Punk dans son titre on se retrouve avec une espèce d’électro/breakbeat de bazar qui casse la tête et qui aura vite fait de vous saouler. Le deuxième gros point noir, et auquel vous n’échapperez pas, même en coupant le son, c’est le manque de challenge du soft. Si vous venez à bout de vos adversaires, il vous1365646576 faudra les rejouer encore et encore. Pas d’autres équipes à l’horizon, juste le même duo qui vient vous relancer, et qui devient juste un peu plus corsé à battre. On peut dire que c’est dommage. Avec l’ajout de quelques équipes et d’un playground supplémentaire, on était pas loin de frôler le hit.

Mais comme toujours quand on parle rétrogaming, il est important de remettre les choses dans leurs contextes. Il faut donc garder à l’esprit qu’en 1990,  « Punk Shot » n’a pas d’autre ambition que celle de vous divertir pour 5 francs. Le temps de se faire un ou deux crédits, de se défouler et de souffler un coup en balançant quelques dunks et quelques claques. De ce côté là, on peut dire que la mission est réussie. Alors trouvez vous 3 potes, un pack de bières, une pizza surgelée et bloqué votre soirée. Vous pourrez en profiter pour essayer « Punk Shot » en guise d’échauffement.

Et si l’apéritif ne vous convient pas, il sera temps d’enchaîner avec le plat de résistance que représente le classique et indémodable « NBA Jam » (un choix parmi d’autres, c’était juste juste un subtil trucage pour  glisser le lien vers notre excellent article concernant ce mythique jeu). Et pour en terminer avec le jeu de Konami, si vous êtes du genre bourrin, que vous faites partie de la meute sauvage des fans de la bataille d’Auburn Hills et que Vernon « Mad Max » Maxwell est votre idole absolue, vous trouverez certainement un intérêt au déjanté « Punk Shot » de Konami.

PUNK SHOT ARCADE

Montage une : Laurent Rullier

Crédits photos : gamesdbase.com/arcadehistory.com 

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About Waka Bayashi (94 Articles)
Enfant des eighties, c'est au début des années 90 que je découvre la NBA. En 1993 j'obtiens mon brevet des collèges grâce à l'épreuve de Géographie au cours de laquelle je localise les plus grandes villes sur la carte des Etats-Unis, en ajoutant entre parenthèses le nom des franchises de la ligue, en espérant secrètement quelques points bonus. Fan des joueurs avec un taux de trash-talking élevé (coucou Reggie Miller), j'ai intégré l'équipe de Basket Rétro afin que mes parents soient fiers de moi.

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