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[Portrait] Ouliana Semenova, la supernova soviétique

Portrait

Des joueuses des équipes féminines soviétiques des années 1970 et 1980 qui ont dominé de la tête et des épaules les différentes compétitions internationales, on retient particulièrement la grande Ouliana Semenova, fer de lance de l’URSS, première femme non-américaine à rejoindre le Hall of Fame en 1993 ! Basket Retro revient pour vous sur la carrière de la reine Semenova.

Ouliana Semenova est née le 9 mars 1952 à Dvinsk aujourd’hui Daugavpils dans l’actuelle Lettonie dans une famille d’agriculteurs. Ayant remarqué ses mensurations propices à la pratique du basket-ball l’entraîneur du Daugava Riga, Raimonds Karnitis la fait venir dans la capitale à tout juste treize ans. Elle mesure alors 1,90m ! En 1968, à seize ans, elle mesure déjà 2m07 et fait ses premiers pas en équipe première. Elle culminera, à l’âge adulte, à 2,10 ou 2,13m selon les estimations. Victime à l’instar du roumain Gheorge Muresan d’une tumeur à l’hypophyse provoquant ce gigantisme, l’intérieure balte continuait même après la fin de sa carrière a recevoir de la part d’Adidas des chaussures faites sur mesure, sa pointures oscillant selon les sources du 54 au 58.

LE DAUGAVA RIGA SUR LE TOIT DE L’EUROPE

Semenova face à Stefania Passaro en 1982.

Semenova face à Stefania Passaro en 1982.

Avant l’émergence d’Ouliana Semenova, le Daugava Riga est déjà un poids lourd du basket soviétique. Champion d’URSS à de multiples reprises au cours des années 1960, Riga domine déjà l’Europe. Le club remporte en effet la quasi totalité des coupes des champions entre 1960 et 1967.

Seule le Slavia Sofia parviendra en 1963 à rafler la coupe. La grande Semenova va donc poursuivre cette hégémonie de façon efficace et offrir à son club, au niveau national quinze titres de champion. Entre 1968 et 1984, seuls deux clubs parviendront à détrôner le Daugava Riga. Il s’agit du Spartak Leningrad en 1974 et du Spartak Moscou en 1978.

Si l’on remonte à 1960, Riga sera donc champion d’URSS quasiment sans interruption jusqu’en 1984. Au niveau européen, cette nette domination se confirme. Là encore Ouliana Semenova perpétue la tradition. Durant le règne de la reine Semenova, on note deux grandes victimes sur la scène européenne : le Sparta Prague et le Clermont Université Club (CUC).

L'une des demoiselles de Clermont, Elisabeth Riffiod à la lutte avec Ouliana Semenova.

L’une des demoiselles de Clermont, Elisabeth Riffiod à la lutte avec Ouliana Semenova.

Les demoiselles de Clermont subiront la loi des soviétiques en échouant à quatre reprises en finale de la coupe des clubs champions durant les années 1970 (1971, 73, 74 et 77).

L’ultra domination de Semenova écœure aussi bien ses adversaires sur le terrain que les supporteurs adverses dans les tribunes. Une fois les bras levées, le panier n’est plus qu’à 15 cm, il est donc plus aisée pour l’intérieure de Riga de marquer près du panier. Idem en défense où ses adversaires directes voient souvent leur shoot mourir dans les bras de la lettone. Le public clermontois la chahute et lui réserve un accueil particulier parfois cruel. Lors de la finale 1971, le Palais des sports de Clermont-Ferrand en ébullition vilipende la jeune femme. Au micro du journal télévisé de 13h qui fait un sujet sur les demoiselles de Clermont certains supporteurs se lachent :

« Elles ont gagné grâce à la grande Semenova, qui récupère pour shooter, mais pour moi, elle n’a pas de jeu (sic) » dit une femme. Un homme : « Pour moi, c’était même un peu écœurant. D’ailleurs, y’a eu cinq minutes de beau basket quand la grande s’est arrêtée (re-sic). »

Le journaliste François-Henri de Virieu enfonce le clou  :

« Sa spécialité, c’est le basket ou plus exactement le captage des balles hautes sur les terrains de basket. Imaginez une sorte de grue qui serait montée sur rails, aux qualités plus mécaniques que sportives, une grue dont les mains levées arriveraient à 15 cm du panier. Les règles du basket sont respectées bien sûr, mais le spectacle en souffre. Semenova n’a que deux tâches sur les terrains, récupérer la balle sous le panier de son équipe et l’envoyer d’une chiquenaude dans le panier de l’adversaire. Le reste, ce sont ses équipières qui le font. »

A ceux qui sous-estiment son talent de basketteuse argumentant qu’il lui suffit de déposer le ballon dans l’arceau pour marquer, elle rappelle à juste titre ses deux à trois heures d’entraînement quotidien pour parvenir à ce niveau. Même les arbitres lui réservaient un traitement spécial en laissant ses adversaires défendre dur. Malgré tout, Ouliana Semenova garda un état d’esprit irréprochable.

L’INVINCIBLE URSS

Ouliana Semenova au shoot face aux japonaises aux Jeux de Montréal en 1976.

Ouliana Semenova au shoot face aux japonaises aux Jeux de Montréal en 1976.

Sélectionnée à 16 ans en équipe nationale, Ouliana Semenova va, à l’instar de sa carrière en club, tout rafler. L’intérieure lettone sera en effet dix fois championne d’Europe avec la sélection soviétique entre 1968 et 1985 avec une performance à 20,9 points de moyenne pour l’édition 1974. Le succès ne s’arrête pas au vieux continent. L’URSS de Semenova remporte le titre mondial à trois reprises (1971, 1975 et 1983) et les deux premières éditions du tournoi olympique féminin à Montréal en 1976 où Ouliana Semenova survole la compétition avec 19,4 points de moyenne et à domicile à Moscou en 1980. Le parcours d’Ouliana Semenova en sélection est finalement assez simple à retenir. De ses débuts en 1968 jusqu’à la fin de sa carrière internationale en 1986, L’URSS demeura invaincue !

DANS LA LÉGENDE…

En 1987, elle s’offre un passage à Madrid puis l’année suivante en France à Valenciennes pour un dernier baroud d’honneur. Mais, la pivot balte est fatiguée. Celle qui était capable de marquer 54 points face aux italiens de Geas en Coupe des Champions voit son corps lui dire stop. Sous le maillot valenciennois, elle fit même un coma à la mi-temps d’un match de coupe d’Europe contre Poznan rattrapé par son diabète. Elle met un terme à sa carrière en 1989 en ayant marqué de son empreinte le basket mondial. L’arme absolue soviétique entra au FIBA Hall of Fame en 2007 et fut la première joueuse non-américaine à rejoindre le prestigieux Hall of Fame en 1993. Alors qu’elle fut l’un des obstacles majeurs à la réussite du CUC en Coupe d’Europe, Ouliana Semenova reconnut par la suite que l’équipe la plus sérieuse qu’elle eut à affronter fut celle des demoiselles de Clermont.

SON PARCOURS

  • 1967-1987 : Drapeau : URSS Daugava Rīga
  • 1987-1988 : Drapeau : Espagne Tintoretto Madrid
  • 1988-1989 : Drapeau : France Valenciennes-Orchies

SON PALMARES

En Équipe nationale d’URSS

  • Médaille d’or aux Jeux olympiques de 1976 à Montréal
  • médaille d’or aux Jeux olympiques de 1980 à Moscou
  • Championne du monde en 1971 au Brésil, 1975 en Colombie et 1983 au Brésil
  • Championne d’Europe en 1968, 1970, 1972, 1974, 1976, 1978, 1980, 1981, 1983, 1985

En Club

  • Une Coupe d’Europe des clubs champions de 1968 à 1975, 1977, 1981 et 1982
  • Vainqueur de la Coupe Ronchetti : 1987
  • 15 fois championne d’URSS

OULIANA SEMENOVA EN IMAGES

Montage Une : Laurent Rullier pour Basket Rétro

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About Julien Hector (35 Articles)
aime les vieux grimoires surtout quand ils parlent de basket et de l'ALM Evreux Basket !

1 Comment on [Portrait] Ouliana Semenova, la supernova soviétique

  1. Le club était encore L US ORCHIES NOMAIN quand elle est venue à orchies. Pour l’avoir côtoyée de près pendant une saison je peux vous dire que c est une personne d une gentillesse aussi grande que sa taille. Son année à Madrid lui a coûté cher. Obligée de jouer avec une fracture du pied pendant toute la saison, sous traitement incompatible avec son diabète. Que de bons souvenirs. Mais elle ne marquait pas que sous le panier Elle était capable de faire 9/10 aux lancers francs …les yeux bandés.
    Merci pour ce reportage.

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