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Bob Houbregs : Hall of Famer ?

Hall Of Fame

Montage Une : Laurent Rullier pour Basket Rétro

Chaque année sont sélectionnés à Springfield (MA) de nouveaux membres du Naismith Memorial Hall of Fame. Parmi les heureux élus se trouvent seulement deux canadiens : Steve Nash (2018) et Bob Houbregs (1987). Ce dernier pose par sa présence des questions sur les critères de nomination au Hall of Fame.

UNE CARRIERE BANALE 

Parmi les 138 nominés aux Hall of Fame ayant participé à au moins un match NBA, Bob Houbregs a le 8e total le plus faible de point marqués en carrière avec 2611 points en cinq saisons. Mais en pratique, les joueurs en dessous ont soit passé une grande majorité de leur carrière dans une autre ligue, soit été nominés en tant que coachs. Bob Houbregs ne répond pas à ces critères, tout comme il n’a pas eu le destin tragique d’un Maurice Stokes, la carrière internationale d’un Arvydas Sabonis ou atteint les sommets d’un Bill Walton. La présence parmi ces prestigieux élus de cet intérieur, certes technique, mais peu dominant pose alors question.

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Surnommé ‘Hooks’, Houbreg était principalement reconnu pour sa maîtrise du hook shot

Arrivé en NBA en 1953, drafté avec le 2e choix du premier tour par les Milwaukee Hawks, Houbregs ne fait pas long feu dans le Wisconsin. Il est en effet envoyé trois semaines après le début de saison aux Baltimore Bullets contre Max Zaslofsky, star alors en déclin. Les Celtics le récupèrent suite à la dissolution des Bullets avant le début de saison 1954-55 avant de le couper dès son premier match au cours duquel il inscrit un point sur son seul tir tenté, un lancer franc. Sa carrière NBA commence réellement à ce moment car il est rapidement signé par les Fort Wayne Pistons où il passe ses 4 meilleures saisons de basketteur professionnel. Il est un membre important de l’équipe qui parvient par deux fois en finales NBA lors des playoffs 1955 et 1956 mais s’incline contre les Syracuse Nationals et Philadelphia Warriors. Lors de la campagne de 1956 il est le 3e meilleur scoreur de l’équipe en playoffs suppléant un Mel Hutchins en crise d’adresse. C’est malheureusement son seul fait d’arme en NBA. Et même s’il reste sur les parquets quelques temps, il raccroche finalement en décembre 1957 quand les Pistons (fraîchement arrivés à Detroit) se séparent de lui à tout juste 25 ans. Sur ses 281 matchs en carrière, Houbregs tourne à une moyenne de 9.3 points, 5.5 rebonds et 1.8 passes.

Par la suite il se reconvertit en vendeur chez Converse où il passe la plus grande partie de sa carrière post-NBA. Il fait cependant une pause dans cette activité à la fin des années 1960s pour aider la jeune franchise des Seattle Supersonics à s’établir. Endossant même le rôle de General Manager entre 1970 et 1973. Sur cette période il s’illustre notamment par la signature de Spencer Haywood et la draft de Fred Brown. Il est remplacé par Bill Russell qui endossera la double casquette coach/GM.

UN IMPACT REGIONAL MAJEUR

Vous l’avez compris, si Bob Houbregs est au Hall of Fame ce n’est pas pour son impact en NBA. Ce n’est de toute façon pas un critère de nomination. Pour comprendre cela il faut revenir à l’objectif de la création du musée. Tout commence en 1936 quand la National Association of Basketball Coaches lève de l’argent pour envoyer le Dr. Naismith à Berlin pour assister à la finale des Jeux Olympiques de Berlin entre Etats-Unis et Canada. A partir de là, l’idée de la NABC est d’ériger un mémoriel pour célébrer le Dr. Naismith et le Basketball. Le projet verra finalement le jour en 1959 et aura pour but de récompenser les personnes ayant eu une contribution majeure à ce sport. Et c’est bien ce côté purement subjectif qui permet à Bob Houbregs de se voir nominé car sa contribution est bien réelle.

En effet, si ses exploits sur les parquets NBA n’ont pas de quoi faire vibrer, Houbregs est une des figures les plus importantes du basket dans l’état de Washington. Né à Vancouver d’un père hockeyeur professionnel à Seattle, Bob montre dès le lycée des prédispositions en basket et en Baseball. Sous la pression paternelle, et sans objections particulières de sa part, il rejoint les Huskies de Washington University. Suite à des saisons Sophomore et Junior plus qu’honorables avec respectivement une participation au tournoi NCAA et une sélection All-America 2nd team, il va réellement exploser lors de sa saison Senior en 1952-53. Lors de cette saison il va établir plusieurs records de Washington University toujours d’actualité 66 ans plus tard : meilleure moyenne de points (25.6 ppm), record de points en un match (49 points contre Idaho). Ces performances lui vaudront évidemment une sélection All-America 1st team mais également d’être élu Helms Foundation Player of the Year devant des icônes telles que Bob Pettit ou Tom Gola.

William Henry Harrison Dye, Bob Houbregs

Bob Houbregs et son coach Tippy Die le 13 mars 1953 contre Seattle University lors du tournoi NCAA

Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il ne baissera pas de régime lors du tournoi NCAA. Le premier match est contre les voisins de Seattle University en demi-finales régionales. C’est un des événements sportifs les plus attendus de l’histoire de l’état et le premier à être retransmis à la TV au delà des frontières de Washington. Malgré les prises à deux, le pivot est inarrêtable, il mène son équipe à une victoire facile 92-70 et finit le match avec 45 points, un record à l’époque lors du tournoi NCAA. Il enchaîne avec 34 points contre Santa Clara et emmène son équipe au Final Four pour l’unique fois de son histoire. Malheureusement des problèmes de fautes limitent Houbregs en demi-finales nationales et il ne peut empêcher la défaite contre Kansas mais se rattrape avec 42 points lors de la victoire contre LSU pour le match de la troisième place. Ses pics à 49, 45 et 42 points sont les trois meilleures performances de l’histoire de l’université.

Évidement Bob Houbregs n’est pas non plus le meilleur joueur universitaire de l’histoire et il est fort probable que de meilleurs joueurs en NCAA ne soient pas au Hall of Fame. Mais son rôle dans la popularisation du basket dans l’état de Washington, que ce soit avec les Huskies ou par son rôle dans le management des Supersonics, font de lui un personnage incontournable dans cette région. Il est avec Brandon Roy et Isaiah Thomas l’un des 3 seuls joueurs à avoir son maillot retiré par Washington University.

La carrière de Bob Houbregs est donc celle d’un homme n’ayant pas marqué l’histoire du basket à un niveau mondial ni même national. Mais qui est une icône locale dont l’impact est indéniable et qui rappelle que ce sport démarre à petite échelle pour tout le monde. Mérite t’il d’avoir sa place à Springfield? Quels types de carrière devraient y être récompensés? Ces questions nous en apprennent bien souvent plus sur notre propre vision du sport que sur ce qu’il est.

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