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Le parcours impensable de l’étendard de Brest, Champion de Pro B en 2005

France

Les miracles peuvent exister. Avec le plus petit budget de Pro B, l’étendard de Brest a fait sonner le biniou dans toute la France lors de l’exercice 2004-2005. Qualifié pour l’étage supérieur à l’issue de la saison, les bretons ne se sont pas laissés reposés sur leurs lauriers en allant prendre le titre de champion quelques semaines plus tard, un exploit!

Brest, c’est le petit poucet de la Pro B. Toujours limité par leur budget, l’équipe peine à rivaliser avec les meilleurs. Depuis dix ans, l’étendard reste à flot avec le bouillant Yves-Marie Vérove au coaching. Les fistons ont rejoint leur paternel, Franck et Jimmy sont des habitués de la salle Marcel Cerdan (6 ans). Le sang nordiste coule dans leurs veines (originaires de Gravelines) et Jimmy a été sur le toit de l’Europe avec le CSP Limoges en 1993. Brest 2005 est un bon cru, le moment des révélations. Stephen Brun qui s’était fait remarquer en Suisse avait rejoint le club breton en janvier 2004. Il n’a cessé de monter en régime pour terminer par être élu MVP français de Pro B avec 17 points par match! On ne fait pas dans la demi-mesure car le MVP étranger est aussi un membre du Breizh Team, le meneur américain Tyson Patterson. Rien ne laissait paraître à ce que ce micro meneur (1,75) puisse autant apporter. Patterson venait de se faire couper par Liège et était passé par la petite porte comme le championnat Islandais ou les ligues mineures aux USA. Non seulement il a répondu présent, mais en plus, il n’a pas coûté cher. Les trouvailles en or, Brest sait y faire et pour cette saison 2004-2005, ils étaient sous la bonne étoile.

Pour compléter le backcourt, Jimmy Vérove demande avec insistance au président Christian Lemasson de donner une chance à Eric Schmieder, un arrière de 25 ans qui n’a aucune expérience, si ce n’est une escale en Autriche! Dans la raquette, c’est tout aussi surprenant. Pero Vasiljevic n’a presque pas foulé un parquet depuis un an, coincé en République Tchèque. On l’invite à Brest pour un salaire moindre, mais avec un temps de jeu conséquent. Pero, c’est le type qui séduit la foule, un monstre d’énergie et qui a le sens du spectacle. Au poste de pivot, encore un joueur qui n’intéresse personne, sauf Brest bien sûr. Christophe Cologer fait valoir ses 2,09m pour défendre dur et prendre du rebond. Et parce qu’on en a jamais assez, un spécialiste des tâches dans l’ombre arrive aussi sur la côte ouest à la place du jeune Gary Chathuant qui est indisponible pour toute la saison, Yaya Adamou. En gros, Christian Lemasson et la famille Verove ont joué les McGyver pour composer leur effectif, comme chaque année, mais cette fois, c’est une machine à gagner de toutes pièces. Pour motiver les troupes, il y a le maître de guerre, Yves-Marie, un disciple de Jean Galle. Pour pousser une gueulante, c’est jamais le dernier et Jimmy intervient pour traduire les mots de son père auprès des joueurs non francophones. Mieux vaut faire profil bas lorsque YMV est fâché, ça envoie des piques.

« Une fois à la mi-temps d’un match, mes gars étaient assis sur le banc dans le vestiaire. Je leur ai jeté deux bouteilles d’eau juste au-dessus de leurs têtes qui ont explosé contre le mur, ils étaient trempés. Je leur ai dit: là au moins, vous avez mouillé le maillot, contrairement à ce que j’ai vu sur le terrain. » YM.Verove

UN DÉPART HISTORIQUE

La clé du succès, c’est la santé du groupe. Avec des joueurs soudés et déterminés, on peut aller loin. Franck Verove a expliqué la préparation du club avec un stage en montagne  et que tous les joueurs habitent dans le même immeuble. D’habitude, Brest jouait avec un effectif limité en nombre de joueurs et pour la première fois, ils bénéficient d’une vraie rotation, ce qui joue forcément sur le physique des joueurs. Deuxième point, Yves-Marie Verove laisse une certaine liberté à ses hommes pour déstabiliser les adversaires. Une tactique qui s’avère payante car il devient impossible pour les autres clubs d’étudier les schémas Brestois. L’attaque n’a jamais été un problème à l’étendard et la défense prend du volume (77 points encaissés). Le coach applique une attaque débridée et il le dit lui-même, les petits scores, ça l’emmerde. Jouer à l’instinct est une arme à double tranchant et pour les joueurs brestois, ça fonctionne du tonnerre. La saison démarre sous les chapeaux de roue, 17 victoires consécutives (record national), zéro défaite, l’étendard est pris au sérieux, ça ne rigole plus. Un écart moyen de 13 points par match. Des succès chez les favoris, victoire à Evreux et Rouen s’est pris une rouste à Marcel Cerdan.

Christian Lemasson et le staff ne s’attendaient évidemment pas à une telle tempête, eux qui visaient au mieux une place en playoffs. Orléans stoppe la locomotive brestoise à la 18ème journée, ce qui ne les empêche pas de continuer à engranger les victoires, surtout à domicile, invaincus sur la saison (16-0, comme Rouen) ! L’écart est trop important avec la concurrence, Brest termine numéro 1 à l’issue de la saison qui lui vaut une place assurée en Pro A. Ils pourraient s’arrêter là, mais il faut chercher un trophée. Les playoffs sont disputés, Brest est en difficulté dès le premier tour contre Nanterre. Défaits 84-71, l’étendard monte le ton à domicile pour s’imposer de quinze longueurs avec un Eric Schmieder de gala (28 pts). En demi-finale, ils passent Mulhouse avec l’aide de Stephen Brun, (50 points en deux matchs) et l’apport du vétéran Ted Berry pour palier la baisse de régime de Tyson Patterson déjà annoncé à Dijon l’année prochaine. Gros boulot également d’Adamou et Cologer. Qualifiés pour la finale à Bercy, les brestois ne baissent pas le pied face à Evreux. Menés de onze points en seconde période, Yves-Marie Verove booste ses guerriers pour faire la « remontada ». Stephen Brun arrose (5/18), mais se bat au rebond (13). Tyson Patterson retrouve son basket, Ted Berry allume la mèche dans le money-time (11 points dans le 4ème QT) et Pero Vasiljevic vide toute sa batterie dans la bataille (15 pts – 10 rebs et 4 contres) pour gagner le premier et seul titre dans l’histoire du club. Fait amusant, Evreux avait été le premier adversaire des brestois en saison et donc le dernier en finale. De par ses soucis financiers, l’étendard de Brest dépose le bilan en 2016 en Nationale 2. L’étendard 1952 naît alors pour peut-être qui sait un jour, réaliser un nouvel exploit.

« C’était une saison incroyable. Notre équipe, c’était une entente fantastique et une bande de potes. »S.Brun

DERNIER MATCH OFFICIEL DE L’ÉTENDARD DE BREST EN 2016 EN N2

Crédits: FFBB/LNB/BasketNews/Didier Le Corre/Le télégramme

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About Anthony "Pred" Saliou (440 Articles)
Fan de MJ, d'Hakeem, Bird et Sir Charles notamment, déteste les Sonics et le Thunder, peu d'amour pour les Lakers, mais adore par-dessus tout le basket "tough". A passé plus de 10 ans sur la toile basket à débattre et râler comme tout vieux qui se respecte.

2 Comments on Le parcours impensable de l’étendard de Brest, Champion de Pro B en 2005

  1. Triste épilogue…
    Dommage!

    J'aime

  2. Une saison incroyable pour une équipe improbable et un coach inclassable.
    Dommage que l’histoire se soit terminée de façon déplorable.
    Aujourd’hui, Brest a du football, du handball féminin et du hockey. Mais pas de basket. Et, probablement, plus jamais de basket…

    J'aime

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