Breaking News

[Portrait] Cyril Julian, le Warrior en argent devenu Iron man

Portrait

Montage Une : Laurent Rullier pour Basket Rétro

Joueur, on trouvait Cyril Julian surtout dans les raquettes, en attaque comme en défense. Retraité, Cyril Julian est partout, surtout en dehors des raquettes, derrière son bar, en politique, en aide aux personnes obèses, entre deux Iron man… Là où les supporters l’ont adopté pour l’élire meilleur joueur du club pour les 50 ans du SLUC, Nancy.

SA CARRIÈRE EN CHAMPIONNAT(S)

2,06m, 106 kg, pourquoi pas suivre les traces de son père, ancien joueur de haut niveau au rugby, sport majeur de sa région natale. Cyril opte pour un autre sport de guerriers, le basket. Il ne passe par les Pôles Espoir ou INSEP mais par les divisions inférieures : tout d’abord Castres en N4 (1985 – 1992) puis Tarbes en N2 (1992 – 1994).

1994 marque l’entrée de Cyril au plus haut niveau français et signe, pour la première fois nous y reviendrons, au SLUC Nancy.

Le SLUC vient d’accéder en ProA sur un titre de champion de ProB où ils ont survolé la saison avec 30 victoires et seulement 5 défaites. Il vient compléter le groupe d’intérieurs derrière un des rois du contre en France, l’américain Derrick Lewis. Il y côtoie aussi un autre américain qui fera son trou en NBA par la suite, mais en tant que GM actuel des New Orleans Pelicans, Dell Demps. Le SLUC se maintient en finissant 13ème malgré d’importants changements d’américains en cours de saison. Les saisons suivantes se situent autour de la 8/9ème place, les américains en postes sont plus réguliers et s’inscrivent sur le long terme, comme, par exemple, Pat Durham, une machine à highlights quand il jouait en NBA. Cyril continue sa montée en puissance et son affirmation en tant que joueur majeur du championnat de France. Un beau coup de recrutement pour le SLUC et un retour sur investissement évident au vu de l’abattage du néo-international.

Il reste au club jusqu’à la saison 1998-99 et décide de rejoindre une écurie plus ambitieuse, le PSG Basket qu’il quittera en fin de saison 1999-2000 (Canal+ se désengage du PSG Basket) pour rejoindre… le SLUC Nancy. Il sera coaché à Paris par Didier Dobbels et côtoiera d’anciennes gloires NBA comme Jerrod Mustaf ou Brad Sellers ou de futures comme Tony Parker. Le club achève la saison 99 à la 5ème place, avec un Cyril Julian dans le collectif, avec des statistiques un peu en deçà de la saison précédente, en partie à cause d’un effectif plus fourni. La participation aux joutes européennes accélère sa progression.

SLUC deuxième époque, le club a changé de dimension au point de gagner, en 2000, la dernière coupe Korac (qui fusionnera avec la coupe Saporta pour donner par la suite la coupe ULEB). Limoges avait été vainqueur de cette coupe à 3 reprises auparavant. La finale s’est déroulée en aller/retour contre l’équipe du Lokomotiv Kouban-Krasnodar. Cyril, capitaine alors, participera à ces finales mais sera blessé au genou au bout de 6 minutes de jeu à l’aller et rentrera à 40 secondes de la fin du match retour, il n’aurait pas pu soulever le trophée en cas d’absence. En équipe sur le plan européen (le SLUC finit seulement 8ème du championnat français) et individuellement c’est une superbe année, Cyril est aussi MVP du championnat. On peut parler du début de son prime.

Re-départ du SLUC pour équipe formée de jeunes français qui deviendront d’illustres joueurs par la suite en Europe et en NBA (Boris Diaw, les frères Piétrus, Johan Petro), l’Élan béarnais Pau-Lacq-Orthez. Le club sur cette période sera 1er du championnat et champion de France 2 fois en 2 ans, vainqueur de la semaine des As et de la Coupe de France. Cyril reste à Pau deux saisons entre 2002 et 2004. Il quittera le club en même temps que les deux draftés, Diaw et Mike Piétrus.

Nancy, Paris, Pau, en toute logique, Cyril franchit les Pyrénées pour exercer son métier et présenter ses coudes aux intérieurs de la liga ACB.

Cyril a débuté la saison 2004 – 2005 au club espagnol de Gérone, une aventure ibère dans un des meilleurs championnats en Europe. Cyril aligne des statistiques plus que correctes qui amènent le (grand) Valence à le solliciter pour pallier les nombreuses blessures qui minent le club à cette période. A Valence, club amateur du french basket, il côtoie la légende Antoine Rigaudeau et un futur nancéen alors en début de carrière (2016-17), Alejandro Urtasun.

Un lieu commun dit « jamais deux sans trois » sans que cela ne se vérifie le plus souvent. C’est sans compter sur « le Warrior », Cyril retourne à Nancy, au SLUC pour y achever sa carrière. Toujours avec cette adresse chirurgicale. A 30 ans passés, et pour ses quatre dernières saisons il produit des statistiques impressionnantes qui feront de lui le MVP français en 2007. Ils aligneront trois finales de suite pour un titre de champion de France en 2008. La belle époque pour ce club redescendu en Pro B en 2017.

Une dernière saison en 2008 – 2009 et Cyril prend sa retraite a 35 ans, il revient de plus en plus difficilement de ses blessures. Il est élu joueur du mois de janvier et devient un des très beaux palmarès français (vice-champion olympique, coupe Korac, champion d’Europe junior, médaille de bronze aux championnats d’Europe, champion de France, MVP du championnat et du All Star Game). Une nouvelle vie peut débuter, enfin, plusieurs nouvelles vies en même temps pour cet entrepreneur touche à tout.

Ses nombreuses années au SLUC, son abattage, ses titres et son attachement ont conduit les supporters à l’élire en 2011 meilleur joueur des 50 ans du club. Pour rappel, Hervé Dubuisson, Ricardo Greer, Mike James, entre autres, ont porté ce maillot avant 2011. Nicolas Batum le portera la saison suivante lors du Lock-out NBA.

10 ANS EN ÉQUIPE DE FRANCE

carr_3273

crédit photo @ CNOSF

Vice-champion olympique en 2000 à Sydney, une performance unique. Une finale qui aurait pu basculer en la faveur de l’équipe de France à 5mn de la fin. Cyril a démontré toute sa technique aux intérieurs US et aussi quelques coups de malice dont on se souvient le lendemain. Il est aussi de la campagne bronzée de 2005 aux Championnats d’Europe (il participera à 5 Championnats d’Europe). Cyril a porté le maillot bleu des A 135 fois entre 1996 et 2006 pour une pointe à 25 points comme record personnel. En 2006, il ne participera pas aux championnats du monde, Claude Bergeaud entraîneur de l’équipe de France lui préférera Johan Petro, jeune NBAer, au poste de pivot remplaçant.

SES VIES D’APRÈS

Une carrière, riche, forte, bien menée pour ce compétiteur lui permet d’envisager la retraite comme une vie encore plus occupée que la première, celle de sportif de (très) haut niveau. Cyril prend donc sa retraite en 2009, excellent millésime viticole en France. Diplômé de l’Institut de la Vigne et du Vin, crée une première société dont l’objet est d’aller trouver et négocier dans les caves et autres domaines des vins, qui serviront ensuite à des démonstrations de mise en valeur des crus.

Tout naturellement il fonde, ensuite, un bar à vin dans sa ville de cœur, Nancy. Ville pour laquelle il souhaite s’investir politiquement. Il a été présent deux fois sur la listes des Municipales en 2008 et 2014 (il se retirera de la liste cette même année, faute de temps mais restera impliqué personnellement, pour rappel, il est aussi marié et père de 4 enfants). « Ses » candidats seront élus lors des deux scrutins. Un petit retour au Basket pour son jubilé en 2011.

En 2014, il lance, avec un de ses amis, un grand projet, la réhabilitation sportive des personnes en excès de poids. Le nom du projet « En formes » : « Les clubs de remise en forme sont rarement adaptés à l’accueil des personnes obèses alors que la pratique sportive leur est particulièrement bénéfique », dit-il. Cyril en profite pour continuer ses études (Licence de STAPS). Il est soutenu par d’autres anciens grands athlètes comme Laura Flessel ou Jérôme Thion. Il prévoit l’ouverture en France de plusieurs centres en plus du premier situé à… Nancy.

Au rang des passions, Cyril est fan de motos américaines et de Hard rock. Mais sa dernière passion, dans laquelle il excelle, ne donne que rarement la part belle à des physiques comme le sien, le triathlon et l’Iron man. Un sport physique où le mental en est presque le moteur principal. Tout comme le basket à ceci près que le triathlon est un sport individuel.

La force mentale et la capacité de travail de Cyril Julian, vont sûrement l’emmener vers d’autres projets, d’autres envies. Un grand champion, simple et tourné vers les autres.

LE PARCOURS DE CYRIL JULIAN

Retrouvez plus de Basket Retro sur





About Arnaud for 3 (1 Article)
" Il est nécessaire de connaître le passé pour comprendre le présent...", contribuer à BasketRetro me permet de transmettre ma passion.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.