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ITW Irène Guidotti : « Au Brésil, on a fait un match dans une salle pleine de 20 000 spectateurs »

Interview

Montage Une Laurent Rullie pour Basket Rétro

On peut dire qu’Irène Guidotti a eu une carrière bien remplie ! Si elle a multiplié les trophées de championne de France sous les couleurs de Clermont et même remporté une médaille d’argent avec les Bleues lors de l’Euro 1970, elle nous partage aujourd’hui ses souvenirs des championnats du monde au Brésil et en Corée de 1971 et 1979.

BR : Qu’est-ce que le championnat du monde de basket représente pour vous qui y avez participé ?

IG : C’est la rencontre avec d’autres pays en dehors de l’Europe. Les nations européennes de l’époque étaient extrêmement fortes, l’URSS, la Yougoslavie et les pays de l’Est, mais on était habitué à ces équipes. Pour un mondial, il faut se qualifier

BR : Quels sont les souvenirs de votre première participation ?

IG : C’était au Brésil en 1971, j’avais 21 ans. Vous voyez, j’étais encore très jeune ! C’est un pays extrêmement loin quand on n’a pas l’habitude des grands voyages, le basket m’a permis d’en faire. On était dans la poule des Américaines mais elles n’étaient pas au niveau où elles sont maintenant, on les avait même battues. Il y avait une forme de jeu complètement différente avant, il a fallu qu’elles s’adaptent.
Je me souviens aussi de Brasilia, la ville ultra moderne avec de superbes autoroutes, et du fait qu’on côtoyait les autres équipes dans notre hôtel. On croisait les Coréennes qui faisaient leur cuisine, leur popote. Dans un championnat du monde il y a l’aspect basket mais aussi les gens qu’on rencontre, les balades, et on voit d’autres choses que ce dont on a l’habitude, surtout quand on a 21 ans.

« Dans un championnat du monde il y a l’aspect basket mais aussi les gens qu’on rencontre, les balades… »

BR : Comme vous l’avez souligné, vous n’aviez que 21 ans, est-ce que cela vous a apporté de l’expérience ?

IG : C’est vrai que j’ai pu rencontrer de grandes joueuses avec beaucoup d’expérience mais j’avais à peine 17 ans lorsque j’ai fait mes premiers matchs internationaux donc j’avais quand même déjà une certaine expérience aussi.

Les filles de Rio 1971

Des Françaises en « pat’ d’eph' » à Brasilia.© Organe Officiel de la FFBB – 1971

BR : Vous avez également participé au Mondial en Corée en 1979, que retenez-vous de cette compétition ?

IG : On a encore vu d’autres styles de jeu avec les Coréennes et les Japonaises, qui étaient rapides et pas très grandes, c’était une forme de basket qu’on n’avait pas trop l’habitude de voir. L’une des différences avec aujourd’hui est que nous jouions avec des ballons d’hommes, le tir se faisait beaucoup à deux mains, les Asiatiques avaient un tir à deux mains très rapide et efficace !

Guidotti Rio 1971

Irène Guidotti entre deux Tchécoslovaques à Rio. © Organe Officiel de la FFBB – 1971

BR : En dehors des parquets, comment se passait la vie de groupe lors de ces championnats, que ce soit au Brésil ou en Corée ?

IG : L’équipe de France avait quand même sept joueuses internationales du CUC, on était donc beaucoup à se connaître, il n’y avait pas trop de changements. C’était les autres joueuses qui devaient s’adapter.

BR : Quel est votre meilleur souvenir de ces mondiaux ?

IG : Au Brésil on a fait un match dans une salle pleine de 20 000 spectateurs, je crois qu’on rencontrait le Japon à ce moment-là, ça nous a laissé une grosse impression. J’ai été marquée par la dimension et le nombre de spectateurs qu’il y avait, on n’a pas trop l’habitude de voir ça en France !
J’avais aussi rencontré une personne qui s’appelait Guidotti, comme moi, on s’était retrouvé dans un gymnase, c’était marrant !

BR : Au Brésil justement, c’est l’Union Soviétique qui avait remporté la compétition, est-ce qu’on peut comparer cette équipe à l’équipe américaine d’aujourd’hui en termes de domination ?

IG : Complètement ! Elles étaient imbattables pendant très longtemps ! Elles ont rarement été accrochées par d’autres équipes, elles avaient même plusieurs joueuses de deux mètres. Ce qu’il faut aussi savoir, c’est que les championnats du monde ou d’Europe étaient les seuls moyens pour les joueuses des pays de l’Est de sortir de leur pays, il y en a même certaines qui en ont profité pour fuir le communisme. Pour en revenir au parquet, elles étaient extrêmement fortes, grandes, mais pas maladroites non plus !

« Les Soviétiques ont rarement été accrochées par d’autres équipes, elles avaient même plusieurs joueuses de deux mètres. »

BR : Qu’est-ce que cela vous fait d’avoir représenté la France dans une telle compétition ?

IG : On est toujours fier d’être en équipe de France ! Les autres équipes nous prenaient au sérieux, on a raté les pré-olympiques en 76, c’était une année compliquée, c’est dommage, mais on a fait des résultats que personne n’attendait de nous. On était quand même parmi les sept meilleures équipes du monde à cette époque !

Propos recueillis par Alexandre Rivet pour Basket Rétro
Merci beaucoup à Irène Guidotti pour sa disponibilité et sa gentillesse !

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