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ITW Elisabeth Riffiod : « Contre les Américaines, le meilleur match de ma carrière »

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Montage Une : Laurent Rullier pour Basket Rétro

Elisabeth Riffiod est une légende du basket français. Internationale à 247 reprises, elle participa aux championnats du monde de 1971 et 1979, au Brésil et en Corée. Cette grande dame qui est par ailleurs la maman d’un certain Boris Diaw a accepté de partager ses souvenirs, en nous rappelant notamment qu’il n’est pas impossible de battre les Américaines sur un parquet !

BR : Vous avez participé à deux championnats du monde de basket, qu’est-ce que cette compétition représente à vos yeux ?

ER : Ça représente le niveau de compétition le plus élevé, d’autant plus qu’à l’époque de mon premier championnat du monde au Brésil en 1971, il n’y avait pas encore de basket féminin aux Jeux Olympiques, ce n’est arrivé qu’en 76. Les meilleures équipes à cette époque étaient en Europe donc le niveau de jeu était certainement plus fort en championnat d’Europe qu’en championnat du monde, pour lequel on qualifiait des équipes de tous les continents, un euro était donc plus difficile mais un mondial était plus prestigieux, ça a peut-être changé depuis.

BR : Que retenez-vous de votre première participation au Brésil en 1971 ?

ER : C’est un peu spécial, j’avais 24 ans, on était jeune, c’était le bonheur d’aller en Amérique du sud, c’était l’exotisme, la musique, les couleurs…c’était sympa ! On nous avait fabriqué un petit ensemble bleu clair à rayures, c’est Cacharel qui nous avait habillées, donc on avait nos petites robes, nos petits blazers, on était toutes mignonnes. On partait vraiment avec l’esprit qu’on vivait une belle aventure, et tout ça autour de Joë Jaunay, notre entraîneur charismatique, qui nous transcendait.

« On était jeune, c’était le bonheur d’aller en Amérique du sud, c’était l’exotisme, la musique, les couleurs… »

Elisabeth Riffiod, une grande dame du basket français (c) Internationaux basket

BR : La touche française ! Et sur les parquets ?

ER : On a commencé la première phase à Brasilia, une capitale surprenante, très moderne, qui avait surgi onze ans avant de la forêt tropicale et avait déjà les équipements modernes, c’était quelque chose de magnifique. On s’est un peu arraché pour se qualifier pour les phases finales parce que les matchs de classement avaient lieu dans une petite ville au fin fond du Brésil, nous on avait plutôt envie d’aller à Sao Paulo. Donc on a fait cette première phase à Brasilia et on s’est qualifié en battant les Américaines, c’est ce match qui a été décisif. J’ai le souvenir d’avoir fait un très bon match, c’était peut-être le meilleur de ma carrière. J’avais un peu souffert la veille face aux Coréennes je crois, enfin une équipe avec de toutes petites joueuses, et là contre les grandes Américaines j’ai fait un très bon match. Après je me suis effondrée, comme les autres, mais moi je pense que j’ai attrapé la grippe, donc la deuxième partie à Sao Paulo n’a pas été terrible et on a fini sixièmes.

BR : L’Union Soviétique avait remporté cette édition, était-ce un rouleau compresseur semblable à ce que l’on voit désormais avec l’équipe américaine ?

ER : Oui, et ça a été le cas pendant très longtemps ! A ce championnat comme au précédent, aux J.O suivants et à l’euro suivant également, par contre c’est bizarre car l’équipe d’URSS n’était pas à Séoul la seconde fois que j’ai participé au mondial en 1979. Elle a complètement disparu du palmarès, peut-être qu’il y a eu des problèmes politiques ? Pour la Corée, la qualification s’est faite en 1978 lors du championnat d’Europe en Pologne, avec l’URSS, la Yougoslavie, la Tchécoslovaquie…et toutes ces équipes qui ont fini sur le podium ont disparu l’année suivante ! On avait fini 4ème, c’est comme ça qu’on s’est qualifié, et il n’y avait en Corée que l’Italie et nous pour représenter l’Europe. Je ne sais pas ce qui s’est passé ! Bref, l’URSS était en tout cas très forte mais j’étais déjà très contente qu’on batte les Américaines qui n’étaient pas mauvaises du tout, c’était même un exploit. Au championnat du monde suivant, elles ont fait deuxièmes derrière l’URSS !

« Pour la Corée, la qualification s’est faite en 1978 lors du championnat d’Europe en Pologne, avec l’URSS, la Yougoslavie, la Tchécoslovaquie…et toutes ces équipes qui ont fini sur le podium ont disparu l’année suivante ! »

BR : Quel souvenir gardez-vous de Séoul ?

ER : C’est un peu spécial, lors des qualifs en Pologne j’étais enceinte de mon fils Martin de deux mois et demi, après sa naissance j’ai dû le sevrer pour faire la préparation du mondial, et je suis partie en Corée en le laissant en France évidemment. J’ai peu de souvenirs de ce championnat bien que je me souvienne des mamans coréennes qui tenaient leur bébé dans leur dos ! J’étais tout de même très contente d’aller jouer en Asie car j’allais retrouver une joueuse coréenne avec qui j’avais sympathisé quelques années plus tôt.

Elisabeth Riffiod @ La Montagne

BR : Ce sont plus des souvenirs liés aux relations humaines qu’au sport finalement ?

ER : Oui, voilà ! Par rapport au basket, c’est vrai que ce n’était plus du tout la même équipe qu’au Brésil, elle était plus semblable à celle de l’euro en Pologne mais il manquait nos deux grandes, ça a fait baisser le niveau, et moi j’étais à côté de mes pompes. Ce championnat était bizarre, il n’y avait pas les grosses équipes européennes, et puis dans un mondial, on tombe sur des équipes qui n’ont pas le même style de jeu, comme les Coréennes, tellement vives qu’on avait l’impression qu’elles étaient six sur le terrain, on demandait même aux copines de compter ! Mais en 78, on n’était pas au niveau.

BR : Donc vous n’avez pas de frustration de ne pas avoir remporté de médaille ?

ER : Au Brésil on aurait pu, on avait la grosse équipe, donc si, il y a quand même une frustration. L’essentiel est de participer…

BR : Pour conclure, que ce soit en 1971 ou en 1979, quel est votre meilleur souvenir du mondial, ou en tout cas le plus marquant ?

ER : En y réfléchissant, le meilleur souvenir, en fait, est un peu spécial, c’est une photo très aérienne qui est parue dans la presse. Je fais un tir en suspension face à une Américaine qui s’appelait Washington, et je pense que c’est le saut le plus élevé de ma carrière, j’ai le bassin au niveau de sa tête, mais hélas je n’ai plus la photo, c’est dommage, j’aurais bien aimé la retrouver.

BR : Avis aux collectionneurs et autres archivistes alors, si on peut vous aider ! Et merci beaucoup d’avoir répondu à nos questions !

ER : Merci, elle avait sans doute été publiée dans L’Equipe ! Et de rien !

Propos recueillis par Alexandre Rivet pour Basket Rétro

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