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Skaidrite Smildziņa-Budovska, Miss basketball mondial

Basket Féminin

Montage Une Laurent Rullier pour Basket Rétro

Quand on évoque une légende soviétique du basket féminin, un nom revient automatiquement : Uljona Semjonova. Par ses dimensions extraordinaires, la géante lettone a projeté son ombre sur une autre Lettone, bien plus douée et dotée d’un palmarès impressionnant, Skaidrite Smildziņa-Budovska.

La jeune fille de Riga en or à Moscou

Skaidrite Smildziņa, épouse Budovski, n’est même pas dans les « joueuses célèbres et marquantes » de la page Wikipédia consacrée au TTT Riga, (ex Daugava Riga). Il y a peu, lors d’une émission d’une télé lettone, son nom était totalement inconnu à trois jeunes trentenaires présents sur le plateau. Pourtant si une joueuse de basket incarne à elle seule la domination totale du basket féminin soviétique de la fin des années 50 aux années 70, c’est bien la capitaine du légendaire Daugava Riga et pilliée de la sélection au maillot brodé CCCP.

Skaidrite est née au cœur de la tourmente le 3 mars 1943 dans Riga occupée par les nazis. Nazis qui avaient été accueillis deux ans plus tôt en libérateurs des Soviétiques qui eux-mêmes avaient mis la main sur la petite Lettonie un an auparavant. En 1944, l’Armée rouge fit son retour pour rester sur les rives de la Baltique jusqu’en 1991. La petite Skaidrite a donc grandi dans une Lettonie intégrée à l’immense URSS au prix de déportations et d’exécutions. Mais c’est docilement que l’adolescente a suivi des études sérieuses à l’école polytechnique industrielle de sa ville natale. Repérée à 15 ans par les entraîneurs du Daugava, elle a rejoint ce club d’élite en 1958 où malgré sa grande taille, 1m90, elle fut dans un premier temps cantonnée aux taches défensives avant d’être replacée au pivot. Elle s’y fit tellement remarquer qu’elle fut appelée à revêtir la tunique rouge frappée de la faucille et du marteau pour les championnats du monde en 1959.

Les premières championnes du monde soviétiques

Américaines, Françaises, Brésiliennes et autres « capitalistes » s’étant faites portées pâles, cette 3e édition du champion du monde féminin, le premier hors d’Amérique latine, ne réunissait à Moscou que des « nations sœurs » du bloc communiste, à l’exception de la Corée du Sud qui finit fanny. Âgée de 16 ans seulement l’adolescente se libéra offensivement tout au long de la compétition. 5 pts à chacun des trois premiers matchs, (contre la Yougoslavie, la Pologne et la Hongrie), elle tripla son compteur contre la faible Corée, (match gagné 94/24). Mise au repos contre la Tchécoslovaquie, il fallut attendre la confrontation contre la Roumanie, pour voir si le match à 16 pts n’avait été qu’un one-shot. 17 pts, mais là aussi dans une large victoire 70/39. Les hasards du calendrier fit du dernier match le test décisif. Il opposait en effet les deux équipes invaincues pour un titre de Champion du Monde. La Bulgarie fut elle aussi emportée 51/38 et la grande URSS inaugurait un long règne sans partage de deux décennies. Et la jeune Skaidrite Smildziņa ? 26 points ! 50 % des points de son équipe. Elle aussi entrait dans la cour des grandes, à 16 ans.

En 2008, elle retrouve sa grande copine Uljona.

Ont suivi les Mondiaux de 1964 à Lima. Neuf matchs, neuf victoires sur un score moyen de 81/42 dont un humiliant 71/37 contre les USA. Saidrike qui a pris le capitanat de son club Riga l’année présente à 20 ans, achève le tournois avec 97 pts à 69 %, (12, 1 par match, deuxième scoreuse de son équipe derrière Ravila Salimova). A Prague, trois ans plus tard, ce fut quasiment la même addition pour les adversaires des ogresses rouges, ( 71/37, score strictement identique contre les USA), l’écart moyen se rétrécissant juste un peu, 34 points au lieu de 39. Elle épousa le docteur Dubovski, un médecin du sport, six mois après ce troisième titre avant d’arrêter sa carrière internationale en 1968 après un cinquième titre de Championne d’Europe.Elle a poursuivi avec Riga jusqu’en 1971 avant de poser définitivement les baskets à l’âge de 28 ans seulement pour mettre au monde Evija et Agnija. Celle qui en 1964 fut reconnue comme la meilleure attaquante du Monde n’avait plus de place dans son armoire à trophées.

3 mondiaux, 5 Europe auquel il est bon d’ajouter les 12 titres de championne d’URSS et les 11 Coupes d’Europe des clubs champions glanée avec Riga, on peut appeler ça un beau palmarès. Et pourtant qui se souvient de Skaidrite Smildziņa-Budovska ? Celle que des journalistes avait surnommée Miss Basketball Mondiale.

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About Laurent Rullier (62 Articles)
Le premier match de basket que j'ai vu en live était un Alsace de Bagnolet vs ASVEL. Depuis la balle orange n'a pas arrêté de rebondir dans ma p'tite tête.

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