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[Portait] Michael Batiste, « la bête » du Pana’

Portrait

Montage Une : Laurent Rullier pour Basket Rétro

« The Beast » ! C’est ainsi que l’on surnomme Michael James Batiste. Une bête qui va régner dans la raquette du Panathinaikos pendant presque 10 ans. En se goinfrant au passage de nombreux titres nationaux et européens. Laissant derrière lui des miettes de ses adversaires et des carcasses de panneaux en plexi’ explosés.

Bestial ! Voilà un terme qui correspond bien à l’attitude et au jeu de Mike Batiste. Lorsqu’il est sur le parquet avec son jersey vert frappé du N°8 et du légendaire logo au trèfle du Panathinaïkos, le natif de Long Beach ne fait pas dans la dentelle. Ses highlights ne disent pas autre chose, ou si peu. Dunks rageurs, rebonds sauvages ou encore blocks animals. Mike Batiste donne tout des deux côtés du terrain. Au point d’en faire parfois un peu trop. Comme ce jour où il écrasera avec son pied la tête de ce pauvre Saso Ozbolt contre le parquet dans un match d’Euroleague face à l’Union Olimpija Ljubljana.

gettyC’est le personnage qui veut ça. Il faut dire que Batiste est un dur au mal. Un lâche rien, comme en témoigne ses nombreuses participations à la summer league. Au début de sa carrière, la bête s’accroche à son rêve de NBA. Il ne sera pas drafté, malgré une carrière universitaire correcte (il facture 15 points et 7 rebonds de moyenne pour 76 matchs joués avec Arizona). Mais déjà sous les couleurs d’Arizona State il se fait remarquer pour sa défense énergique. Il termine leader au nombre de blocks de la Pacific-10 Conférence, ce qui le propulse dans la first team de cette même conférence. Mais les scouts n’arrivent pas à l’envisager en NBA. Les rapports font état d’une taille trop petite pour en faire un intérieur solide (il mesure 2m03), et d’un léger manque de technique pour en faire un small-forward à temps complet. Mais Mike Batiste n’en a cure, en attendant d’avoir sa chance il s’envole pour l’Europe. Sans état d’âme.

« Ce n’était évidemment pas ce que je pensais faire. Ayant grandi aux Etats-Unis, je voulais jouer en NBA. Mais je savais que le basket se pratiquait aussi partout dans le monde. J’étais ouvert à l’idée de jouer ailleurs. J’ai eu l’opportunité de lancer ma carrière à Charleroi, et je l’ai saisi à pleines mains ! »

LIBÉREZ LA BÊTE !

Là encore, Mike doit faire preuve de persévérance, puisqu’il se blesse juste avant de s’engager avec Trieste. L’accord est rompu et il revient aux USA. Il ne se décourage pas et retourne une nouvelle fois au charbon via la summer League du côté de Milwaukee. Il n’intéresse finalement pas le front office des Bucks. C’est donc à la fin de l’année 2000 qu’il va prendre la direction du plat pays et atterrir à Charleroi. Sa signature avec les Spirou lui donnent l’opportunité de goûter aux charmes de l’Euroleague. Si le point de

chivuolessererossoblu.itchute peut prêter à sourire pour un joueur qui ambitionne la NBA, c’est l’occasion rêvée pour découvrir la reine des compétitions européenne et commencer à y prendre ses marques. Comme ce soir de Novembre 2000 par exemple où il inscrit 31 points et gobe 10 rebonds contre Zagreb. Les 2500 spectateurs du « Basketball Center Drazen Petrovic » ne le savent pas encore mais on va bientôt entendre parler de ce pivot US dans toute l’Europe. Après son passage réussi en Belgique (il termine avec une moyenne de 16,1 pts et 9,2 rebonds en 10 rencontres européennes) qui sera suivi d’une saison anecdotique à Biella en Italie, c’est avec le jersey des Clippers sur le dos qu’il repasse par la case Summer League. Le résultat est une nouvelle fois sans appel. Nous sommes en 2002 et il est coupé par la franchise californienne le 28 Octobre. Mais cette fois, pas le temps de tergiverser, Memphis lui met le grappin dessus, et il signe avec les Grizzlies le 30 Octobre. Il intègre le roster et démarre, enfin, à 25 ans, sa carrière NBA. Il rend quelques services dans la peinture, aux côtés notamment d’un certain Pau Gasol. Ses statistiques sont honorables, dans un effectif en pleine reconstruction, Mike Batiste se bat pour montrer qu’il est à sa place. Il est aligné au cours de 75 rencontres et termine sa saison avec une moyenne de 6,4 points et 3,4 rebonds en presque 17 minutes de jeu. Mais il n’y aura pas de suite à cette expérience NBA.

« Je ne pense pas du tout que je n’avais pas le niveau mais ça ne s’est pas bien goupillé pour moi. J’ai alors reçu une belle offre du Panathinaïkos et j’ai pris l’avion pour la Grèce. »

Il ne le sait pas encore, mais Mike Batiste vient de prendre la meilleure des décisions pour sa carrière. C’est en Grèce, sous le mythique maillot vert du Pana’ qu’il va se faire un nom et se forger un palmarès long comme un vol low-cost reliant Long Beach à-Athènes .

LA BÊTE TROUVE SA BELLE

Lorsqu’il arrive en Grèce, Mike Batiste prend tranquillement ses marques au sein d’un collectif drivé d’une main de maître par le mythique coach Obradovic. Il est plutôt utilisé en championnat, la priorité étant encore donnée au vétéran Darryl Middleton pour les matchs d’Euroleague. Michael Batiste s’installe dans la rotation, et prend part activement au titre national avec des moyennes de 12,8 points et 6,9 rebonds.

Revenir en détails sur l’histoire d’amour entre Mike Batiste et le Panatinaïkos serait fastidieux (et il faut l’admettre parfois redondant). Mais comme toutes les histoires

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d’amour, cette dernière sera jalonnée de hauts et de bas. Imaginez un peu tout ce qui peut se passer en 10 saisons au plus haut niveau. Mais puisque le dossier est ouvert, allons-y. D’abord, s’il fallait retenir une chose essentielle, elle est la suivante : sous le maillot vert, Batiste a tout remporté collectivement. La coupe Grecque, le championnat national, l’Euroleague. Rien ne manque dans son armoire à trophées. D’un point de vue individuel, la moisson récoltée par « The Beast » est tout aussi impressionnante. Jugez plutôt ; All-Star, Greek league MVP, premier cinq, joueur du mois et de la semaine en Euroleague, MVP des finales, et j’en oublie surement. Il est adopté et adoubé par les fans passionnés et exubérants de la « Gate 13 » avec lesquels se noue une relation très forte. Il pimente son aventure avec le Panathinaïkos de gros dunks explosifs (comme ce jour où il brise le plexi’ lors d’un match de championnat) et de contres impressionnants dont il est friand. C’est son style de jeu qui veut ça. Ses écrans sont précieux, sa vélocité et son impact le rende difficilement contrôlable. Donner lui un ballon en mouvement au poste bas et il y a fort à parier que si ils ne sont pas effacés, les défenseurs vont au mieux se faire enfoncer, au pire se retrouver sur le poster. Batiste ajoute l’art à la manière, et il n’oublie pas de faire des chiffres. Pour preuve ses 28 points couplés à la prise de 10 rebonds lors du match pour la troisième place au Final Four de 2005 contre le CSKA ou encore ses 15 rebonds contre Trévise en 2006. Il réalise également un Final Four de tout premier plan
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en 2007. Il est au four et au moulin contre les espagnols de Tau Ceràmica en demi. Il termine avec 15 points et 12 rebonds pour offrir une finale au sien. Une finale qu’il va marquer aussi de son empreinte. Au delà de ses 12 points et 5 rebonds, c’est lui qui va sceller la victoire des siens contre Moscou. En sortie de temps-mort, la balle est pour les grecs. Avec 2 points d’avance et 51 secondes à jouer, autant dire que le Pana pourrait finir le boulot si d’aventure il parvenait à scorer. La gonfle circule dans les rangs de la « green team ». Les grecs ne trouvent pas d’espace. Le ballon termine dans les mains de Batiste dans l’angle haut de la raquette. « The Beast » essaie de s’approcher du cercle. La défense n’est pas d’accord. Prise à trois. Batiste tente à droite, feinte à gauche, et décide finalement de pivoter. Le ballon s’élève au dessus de six bras moscovites désespérés qui n’y peuvent rien. Il envoie un « turn around jump shoot » qui fait ficelle. 30 secondes à jouer, plus quatre pour le Pana. On dit comment rideau en Russe ? Est-il nécessaire de rappeler qu’en 2011 il est le meilleur marqueur de la finale contre Barcelone avec 18 points ? La bête écrit sa légende à l’encre verte.
Quand on lui demande de raconter ses souvenirs d’Euroleague et d’évoquer sa victoire favorite, c’est l’épopée de 2009 qui trouve grâce aux yeux de Mike Batiste.

« Si je devais en choisir une, je dirai 2009. Car personne ne pensait vraiment qu’on allait gagner. Mais à partir de février, on a trouvé notre rythme et on a joué notre meilleur basket. Et cette année-là, on a carrément réalisé le triplé. »

EN VERT ET CONTRE TOUS

Alors que la logique voudrait qu’il termine sa carrière sous le maillot vert, l’été 2012 va venir ternir une idylle qui semblait éternelle. Le coach emblématique Zeljko Obradovic décide de quitter le navire, et c’est toute l’institution du Pana qui se met à trembler. L’été 2012 est encore plus chaud que d’habitude à Athènes. En plus du coach et donc de l’intérieur US, c’est toutes les têtes d’affiche du roster qui foutent le camp (Sato, Logan, Smith, Maric, Jasikevicius pour ne citer qu’eux). Il est bien entendu question de gros sous. On apprendra plus tard que le club ne parvenait plus à payer les salaires des joueurs, engendrant de fait une fuite de nombreux cadres de l’effectif. Une situation ubuesque qui amènera même Mike Batiste à se faire arrêter à l’aéroport d’Athènes alors qu’il revenait dans la capitale hellénique avec sa nouvelle équipe de Fenerbahçe pour y affronter le Pana. Le gouvernement lui reprochant d’avoir laisser des dettes fiscales derrière lui. C’est finalement le club Grec qui réglera la note puisqu’il devait encore de l’argent au joueur (vous suivez ?). Mike Batiste tiendra donc bien sa place pour le match du soir. Un match rempli d’émotions bien entendu. Une vidéo hommage retraçant le parcours et les highlights de leur ancien pivot sera diffusée aux supporters présents ce soir là au Olympic Indoor Hall. Et c’est en larmes que Batiste se saisit du micro pour s’adresser à ses anciens fans. Des anciens fans qui ne l’ont pas oubliés, et qui lui offrent standing ovation et « tifo » de bienvenu. Des retrouvailles finalement bien plus chaleureuses que ce que les prémices de la descente d’avion laissaient entrevoir. Pour l’anecdote c’est le Panathinaïkos qui s’impose 69-55 et Mike Batiste se fera plutôt discret avec 4 points et 2 rebonds.

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Une petite baisse de régime qui peut éventuellement s’expliquer par la charge émotionnelle liée à ce retour à Athènes mais qui est aussi la conséquence d’un fait tout simplement inéluctable ; Mike Batiste n’est plus dans son prime. Et mine de rien l’enchaînement des matchs commencent à peser sur les épaules et la carcasse du pivot. L’intérieur US sera d’ailleurs crédité d’une saison décevante sous les couleurs du club stambouliote. Il termine la campagne d’Euroleague avec des moyennes de 5,4 poins et 2,7 rebonds en 16 minutes sur les parquets. Le gain de la coupe Turque et l’arrivée de Obradovic sur le banc du Fener’ ne seront pas suffisant pour retenir Mike sur les rives du Bosphore.

La rumeur d’un retour dans son club de cœur commence à enfler. Et en Août 2013, les deux parties trouvent un accord. La nouvelle tombe ; Mike Batiste est de retour au Panathinaïkos !

« Pour moi mon retour était acquis quand j’ai su qu’il y’avait un intérêt de la part du Panathinaïkos. On s’est juste serré la main. J’étais content de voir que les portes du club étaient toujours ouvertes pour moi car il n’est jamais facile de revenir dans son ancien club. Le Panathinaïkos est ma maison et je suis vraiment très heureux d’y retourner. »

Ce retour trouve tout son sens dans le nouveau rôle que va occuper l’intérieur. Les dirigeants cherchent à renforcer la rotation pour repartir à l’assaut de l’Europe. Un titre en Euroleague qui échappe aux Grecs depuis 2011. Mike Batiste vient pour apporter son implication et son expérience en sortie de banc. Un nouveau statut qui a tout du pari. Un pari finalement à moitié réussi. Le Panathinaïkos se fera sortir en quarts de finale par le CSKA. Quand à Mike Batiste, ses statistiques sont quasiment similaires en Euroleague et dans le championnat Grec. Du haut de ses 35 printemps, Batiste jouera 8 minutes par match et proposera des moyennes de 3,5 points (3,1 en championnat) et 1,5 rebonds. Il se retire cependant sur un nouveau titre national. Un titre qui échappé également au Pana’ depuis 2011.

LE SECOND SOUFFLE DE LA BÊTE

L’heure est venue pour « La bête » de souffler un peu et de prendre une retraite bien méritée. Mais ce n’est pas du fond de sa tanière que nous aurons des nouvelles de notre jeune retraité, mais bien du côté des terrains de basket. A peine avait-il rangé son jersey au fond d’un casier que nous retrouvons Mike Batiste. Cette fois ci c’est en costard et une plaquette à la main qu’il nous revient. En Octobre 2014, il prend place à Cleveland au côté de David Blatt. Dans le même temps, il est nommé assistant-coach de Charge Canton, l’équipe de D-League rattachée aux CAVS. C’est ainsi qu’il embrasse une carrière d’entraîneur. En 2016-2017, il devient assistant dans le développement des joueurs aux Nets de Brooklyn, avant de rejoindre le staff de Steve Clifford aux Hornets la saison suivante. Suite au licenciement de ce dernier, il va le rejoindre en Juin 2018 sous la bannière du Magic d’Orlando. Après s’être refusé à lui en tant que joueur, la NBA lui laissera t-elle sa chance en tant qu’entraîneur ? C’est tout le mal que nous lui souhaitons. En attendant peut-être de prendre en main la destinée d’une équipe européenne ? Une équipe qui arbore un trèfle comme logo par exemple. Avouez que l’histoire serait belle.

PALMARES INDIVIDUEL ET COLLECTIF

  • 9× Champion Grec : ( de 2004 à 2011, 2014)
  • 7× Vainqueur de la coupe Grecque : (2005, 2006, 2007, 2008, 2009, 2012, 2014)
  • 6× All-Star Grec (2005, 2006, 2008,2009,2010,2011)
  • 5× Dans le meilleur cinq Grec (2007, 2009, 2010, 2011, 2012)
  • MVP de la ligue Grecque : (2010)
  • MVP des finales Grecque : (2010)
  • 3× Vainqueur de l’Euroleague : (2007, 2009, 2011)
  • Euroleague First Team : (2011)
  • Euroleague Second Team: (2012)
  • MVP d’Euroleague du mois de Novembre 2006
  • 2× MVP d’Euroleague de la semaine en 2005 (Semaine 10 de la saison régulière) et en 2009 (Semaine 6 du Top 16),
  • Vainqueur de la coupe Turque: 2013

STATS EN CARRIERE

Euroleague :

  • 237 matchs joués
  • 10,5 points par match
  • 4,7 rebonds par match
  • 58,8% de réussite aux shoots

Championnat Grec :

  • 301 matchs joués
  • 9,8 points par match
  • 5 rebonds par match

NBA :

  • 75 matchs joués
  • 6,4 points par match
  • 3,4 rebonds par match

crédits photos : paobc.gr / gettyimages.fr / euroleague.net

les propos de Mike Batiste sont extraits d’un entretien pour le site basketeurope.com

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About Waka Bayashi (90 Articles)
Enfant des eighties, c'est au début des années 90 que je découvre la NBA. En 1993 j'obtiens mon brevet des collèges grâce à l'épreuve de Géographie au cours de laquelle je localise les plus grandes villes sur la carte des Etats-Unis, en ajoutant entre parenthèses le nom des franchises de la ligue, en espérant secrètement quelques points bonus. Fan des joueurs avec un taux de trash-talking élevé (coucou Reggie Miller), j'ai intégré l'équipe de Basket Rétro afin que mes parents soient fiers de moi.

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