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Olivia Epoupa, c’était comment quand t’étais petite ?

Interview

Montage Une : Laurent Rullier pour Basket Rétro

La tête sur les épaules, sérieuse, déterminée… Enfant, Olivia Epoupa était dingue de sport. De tous les sports. C’est sur les conseils d’une « prof de gym » qu’elle a choisi le basket plutôt que le foot, l’athlé ou le judo. Le basket français peut témoigner de toute sa reconnaissance à cette clairvoyante enseignante.  

Tes débuts Olivia. Tu es venue au basket par une famille de basketteurs où un hasard de la vie, proximité d’une salle, embarquée par une copine ?

Je ne suis pas issue d’une famille basket. Ça a commencé pour moi à l’école élémentaire. Il y avait différentes activités sportives dont le basket. J’adorais tous les sports. Mais c’est à l’âge de onze ans que j’ai vraiment été prise par le basket.

11 ans ? Mais c’est presque tard ? Tu ne fais donc pas partie de ceux et celles né(e)s un ballon dans les mains ?

Ah non pas du tout. Enfant, le basket était une activité sportive parmi d’autres. Je viens d’une famille très sportive. Mon père a fait de l’athlétisme, ma grande sœur et mon frère aussi, il a fait du basket également. On baignait là-dedans. Dés qu’il y avait de grandes compétitions, l’athlé, le tennis, le foot… Nous étions tous devant les écrans. Depuis toute petite j’ai vécu dans cette ambiance. Le sport étais en moi. Enfant j’en ai pratiqué plein : foot, hand, athlétisme, judo, taekwondo… Toujours avec l’esprit de compétition. Je suis très compétitrice… l’envie de gagner. Je n’aimais pas perdre. Le sport c’est vraiment en moi. Tous les sports.

Je ne suis pas issue d’une famille basket. Ça a commencé pour moi à l’école élémentaire.

Avec les copines du Paris Basket XVIII

Alors pourquoi avoir choisi le basket ?

Le basket me plaisait, mais c’est quand ma prof de sport, Anne, m’a dit que j’avais des dispositions, un potentiel, que je devrais continuer dans cette voie-là. Je me suis dit pourquoi pas ? Allons y.

Tu t’es donc inscrite à un club ?

Oui. Quand j’ai débuté le basket en club, j’étais vraiment novice en fait. J’étais contente d’être dans une section sportive, au Paris Basket 18, (club parisien du XVIIIe arrondissement), et à la section UNSS du Collège Gérard Philippe. C’était du sport ludique. Rencontrer d’autres filles qui avaient le même goût que moi pour ce sport, être entre copines, se retrouver aux entraînements, tout ça, ça me plaisait. Je ne voyais pas plus loin. L’important c’était de jouer. Je ne m’intéressais pas spécialement au basket hors de mon club, mon équipe. C’est venu petit à petit, au fil des détections et des sélections. On se dit pourquoi pas y croire. Pourquoi pas le championnat de France. Pourquoi pas de devenir un jour professionnelle. Mais je ne suis pas mise au basket avec l’idée de devenir pro.

A quelle âge as-tu eu ta première sélection ?

En benjamine départementale, avec le Comité de Paris.

Donc tu venais à peine de commencer le basket que tu étais déjà en sélection ?

Oui, tout est venu très vite. Et ça s’est enchaîné très rapidement par la suite. Ces détections et sélections, ça m’a bien sûr fait aimer encore plus ce sport.

A quelle moment as tu envisagée de devenir pro ?

Je ne suis pas mise au basket avec l’objectif de devenir pro. Au tout début, ça ne me venait même pas à l’idée. Juste heureuse d’être dans les sélectionnées du département. Je vivais le moment présent, puis après on verra bien ce qui se passera. Ensuite, plus on avance, plus on grandit, plus on se dit, « Ah, cette sélection là, elle est importante », puis le pôle espoir, le championnat de France avec son club formateur. On est de plus en plus regardé, il y a les détections nationales… Là on se dit, il y a quelque chose à faire. Alors pourquoi pas, il faut y aller. Mais c’est quand on entre au Centre Fédérale, en voyant ces structures très professionnelles, qu’on réfléchit vraiment à ce qu’on veut devenir. On peut toujours prendre une autre direction. Mais quand on décide d’y aller, ce n’est pas simplement pour y passer ces trois années pour repartir faire autre chose. Là on se fixe des objectifs et tout faire pour les atteindre. Avec comme but ultime d’être prise dans un club professionnel.

Je ne m’intéressais pas spécialement au basket hors de mon club, mon équipe. C’est venu petit à petit, au fil des détections et des sélections. On se dit pourquoi pas y croire. Pourquoi pas le championnat de France. Pourquoi pas de devenir un jour professionnelle. Mais je ne suis pas mise au basket avec l’idée de devenir pro.

Tu y es entrée à quel âge au CFBB ?

A 15 ans.

15 ans ! Quatre ans après avoir commencé. Pas mal ! On y entre avec quel état d’esprit au Centre Fédéral, à 15 ans, avec de l’appréhension, de la peur ou l’envie de tout casser ?

J’étais motivée à bloc, déterminée, mes objectifs en tête. Mais c’est impressionnant, l’INSEP c’est un lieu culte du sport français, on pense à toutes ces champions et championnes qui sont passées là. Tout est mis en œuvre pour réussir. Le niveau d’exigence est très élevé et il augmente au fil des mois. Mais il faut avoir conscience de la chance qu’on a de bénéficier de tout ça, et qu’il faut tout faire pour en être digne et atteindre ses objectifs. La concurrence est rude également. Chaque année on se bat pour faire partie des équipes nationales jeunes. Il y a toujours un challenge à relever. Chaque année il faut prouver aux entraîneurs qu’on a le niveau pour l’année suivante.

Tu parles de concurrence. Les coéquipières ? Ce sont des copines ou des rivales ?

Il faut savoir faire la part des choses. On vit ensemble 24 heures sur 24. Il faut donc être sociable et garder l’esprit ouvert. Mais sur le terrain, c’est différent. Sur le terrain, on n’a pas d’amie. Et en même temps c’est un sport d’équipe où il faut une cohésion. Mais si ta copine hors parquet partage le même poste de jeu que toi, il y a concurrence c’est sûr. Le tout est que cette concurrence soit bénéfique aux deux, elle doit faire progresser l’une et l’autre.

Avec les Bleues à L’Euro U16 2009.

Et la première cape bleue ?

C’était en championnat d’Europe U16, à Naples en 2009. J’étais avec la génération 93*. Il a fallu passer par des phases de sélections car nous étions un groupe élargi. Mais se retrouver dans le groupe des douze avec son nom dans le dos du maillot bleu, c’est un grand honneur. Et cet honneur, il faut le mériter, donc se donner à fond.

Et dans cette vie d’adolescente cadrée par l’exigence, la rigueur… Il y a de la place pour la rigolade et le fun ?

Oui, bien sûr. Il y a des moments d’euphorie. Puis par ce qu’on fait, on est amené à faire des rencontres, de vivres des expériences. Puis il y a le scolaire aussi. Des fois ce n’est pas facile, en fin de saison, c’est le moment des examens, mais aussi celui des sélections. Il faut gérer ça. Mais si on s’y prend bien, il ne faut pas se prendre la tête, goûter le moment présent. Mais faut être sérieux, faire preuve de discernement aussi. Ne pas tout prendre à la rigolade.

C’est un environnement assez dur finalement, l’écrémage, la sélection. Ça fait grandir plus vite ?

Oui, un peu. On est en internat avec des filles qu’on ne connaît pas, qui viennent de toute la France. Ils faut apprendre à vivre ensemble et on est pas toute parfaite. C’est sûr que cela vous rend plus autonome par rapport autres filles qui vivent chez leurs parents, vont à l’école de leurs quartiers. Oui ça fait grandir plus vite.

Il y a eu un buzz autour de toi assez rapidement. On risque pas de se brûler la tête et les ailes quand ça t’arrive aussi jeune ?

Non. J’ai ma famille et je suis bien entourée et j’ai la tête sur les épaules. Faut faire abstraction de tout ça car c’est aussi une forme de pression.Il faut garder ses objectifs en tête et ne pas trop écouter ce que les gens peuvent dire ou pas.

Aux J.O, on est pas là pour se faire des bisoux.

Puis 2014, tu as 20 ans, les Jeux olympiques. Tu en es, en bleu parmi les « grandes » du basket féminin français. Et en plus Céline Dumerc, la star dont tu devais la doublure, se blesse à quelques jours de la compétition et te voilà propulsée aux avant poste. Ça doit faire drôle non ?

C’est vrai que je devais être la backup de Céline Dumerc. Tout s’est enchaîné très vite, je me suis retrouvée meneuse numéro 1. Je suis dit que c’était une compétition comme une autre, j’étais prête mentalement. Et les matchs sont vite arrivée… C’était parti… Voilà. Mais c’est vrai que les JO c’est assez extraordinaire. Les autres sports, les autres athlètes… Quand on rencontre un autre champion d’un autre sport qu’on admire, qu’on respecte énormément. J’ai vu Serena Williams dont je suis fan depuis mon enfance, Usain Bolt, Kevin Durant… Ils étaient là en vrai, pas derrière un écran. Puis les cérémonies d’ouverture et de clôture, toute cette joie, c’est merveilleux. Les Jeux ce sont plusieurs petits moments fantastiques qui marquent à vie.

Autre jeune joueuse très talentueuse présente à Rio, Marine Johannes. On se projette dans l’avenir quand on évolue à ses côtés en bleu ?

Oui un peu. On se dit qu’on peut faire de belles choses ensemble, c’est motivant, puis il y a d’autres excellente joueuses chez les 94/95. Mais le fossé est énorme entre les sélections jeunes et les seniores. Il ne faut pas brûler les étapes. On doit faire notre place sur la scène européenne. C’est chaque fois un nouveau challenge.

 Merci Olivia.

Infographie Basket Rétro @ Laurent Rullier

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About Laurent Rullier (62 Articles)
Le premier match de basket que j'ai vu en live était un Alsace de Bagnolet vs ASVEL. Depuis la balle orange n'a pas arrêté de rebondir dans ma p'tite tête.

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