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Le billet de Cathy Malfois – l’histoire du basket à Bourges (1967-1990)

Témoignage

Montage Une : Laurent Rullier pour Basket Rétro

Véritable légende du basket français, Cathy Malfois, notre consultante de luxe a eu le privilège d’être le premier coach du Tango de Bourges, qui a décroché une 14ème étoile, détrônant enfin les Demoiselles de Clermont et leurs 13 titres. Aujourd’hui, Cathy a décidé de nous évoquer la belle histoire de ce club emblématique du basket français dans une première partie.

Après le Printemps (de Bourges), 50 ans après mai 68, 2018 sera est une révolution (pacifique) pour le club tango avec un 14ème titre de champion de France, du jamais vu dans le basket ni même dans le sport français en général!

Mais revenons un peu en arrière. Le club de Bourges est né en 1967, sous l’impulsion entre autres de Maurice Chaffiol, l’un de ses personnages mythiques, lui-même entraîneur de l’équipe féminine qui évoluait en 1981 en régionale. L’aventure berruyère a commencé à cette époque et s’est construite avec patience. De 1988 à 1993, j’ai été de cette belle histoire !

Martine Bienvenu sous le regard de Teresa Swedrowska Teresa balle en main @ Collection personnelle de Cathy Malffois

Après ma carrière de joueuse, diplômes en poche, je voulais devenir entraîneure, ça coulait de source ! Depuis mon retour de Pologne, je m’étais toujours investie en entraînant des équipes de jeunes. En été, je participais aux camps de basket TBA avec mes copains Jean-Mi (Sénégal), Patrick (Demars), Greg (Beugnot),etc. et je partais même aux États-Unis me perfectionner. Tant qu’il y avait une grosse balle orange qui traînait quelque part, c’était que du bonheur.

Après une saison initiatique à Besançon en Nationale 3 féminine, je décidais en 1988 de répondre favorablement à Patrick Dorie, président du Cercle Jean Macé de Bourges, venant tout juste de monter en Nationale 2. Le club était très bien structuré (à en faire pâlir même les clubs de plus haut niveau) et très ambitieux. C’était super motivant !

Avec la création de la Nationale 1B (Ligue 2 actuelle), on m’avait gentiment suggéré de remettre le maillot. Bon, je n’avais que 33 ans et malgré mon genou en vrac, je pensais que je pouvais encore rendre quelques menus services ! J’acceptais d’être à la fois entraîneure et joueuse (ce qui n’allait pas être de tout repos, je m’en apercevrais assez vite). Je préparais et dirigeais les entraînements, j’y participais de temps à autre histoire de ne pas être hors de forme ou trop ridicule. Jacques Laforêt, l’ancien coach, m’assistait sur le banc pendant les matchs.

En même temps, j’exerçais comme prof de sport à la direction départementale de la jeunesse et des sports du Cher où mes missions étaient assez variées. Je formais les futurs entraîneurs en donnant quelques cours de psychopédagogie ; j’organisais des événements sportifs dans les quartiers ; j’encadrais des stages de plein air et j’exerçais un rôle de conseil auprès du comité de basket du Cher. Être entraîneure professionnelle n’était pas envisageable !

Tradition de découpage @ Collection personnelle de Cathy Malfois

Le club avait également recruté Hélène Guillaume, une numéro 2 adroite à 3 points et Sylvie Binet, une intérieure que je connaissais bien pour avoir joué avec sa sœur Martine à l’A S Montferrand. L’équipe avait conservé l’ossature de la saison précédente : Martine Bienvenu, Valérie Baux, Florence Cainer, Leila Sautereau, Catherine Ricono, Christine Duguet et Magali Migeon la petite cadette.

Nous jouions dans la belle salle du Prado (rien à voir avec le Prado actuel, beau bijou où je pourrais me perdre dans le dédale de couloirs et de salles) et nous essayions de produire un jeu offensif, rapide, spectaculaire ! Le public répondait avec enthousiasme et à la trêve, nous étions 1ère devant la redoutable équipe de l’ASPTT de Lyon avec 9 victoires en 10 matchs (un seul accroc contre Nice que nous avons balayé au match retour 102 à 68) avec une moyenne de 84 points marqués.

En amical au mois de novembre, nous avions accroché l’A S Montferrand de coach Gaëtan Le Brigant qui évoluait deux niveaux au-dessus (sans ses américaines il faut le préciser mais avec Carole Force, Viviane Marie, Laurence Weiss, Sylvie Pujol, Martine Gorczewski et une grande très prometteuse de 16 ans…Isabelle Fijalkowski).

Passer de deux à quatre entraînements hebdomadaires et amener de la rigueur dans un club encore amateur n’allait pas sans quelques frictions. C’est vrai, je reconnais que j’avais un caractère bien trempé et que j’étais assez intransigeante.

Sylvie Binet fait de la place @ Collection personnelle de Cathy Malfois

Finalement, pour cette première saison, les résultats furent probants malgré une élimination en ¼ de finale de Coupe de France contre Istres. En terminant seconde derrière Lyon, nous atteignions notre objectif initial et accédions à la Nationale 1B, l’antichambre de la Ligue féminine. C’était de bon augure pour la suite !

Mais il n’était pas question que je continue à tirer sur la corde, mon corps commençait à demander pitié et mentalement, ce n’était pas du gâteau. Alors, pour clore définitivement le chapitre, en lever de rideau d’un tournoi international auquel participait l’Equipe de France, le club organisa une fête, histoire de « jubiler » avec mes ami.e.s. J’avais invité les coaches préférés de mes jeunes années, Pierre Galle et Jean-Paul Cormy. Jacky Ravier et Liliane Marche, des copains arbitres, officiaient au sifflet.

Ce fut une journée mémorable, pleine d’amitié, de cadeaux et de fous rires. Le club avait mis les petits plats dans les grands !

Mais finalement, ce fut une fausse sortie de route!

En cours de saison suivante, la faute à de nombreuses blessures et des résultats pas top, les dirigeants me demandèrent de remettre le maillot. Je renfilais donc «à l’insu de mon plein gré» short et baskets, remontais les chaussettes le plus haut possible et ajustais le strapping au genou pour les derniers matchs.

J’avais un nouvel assistant, Etienne Boucault et l’équipe s’était renforcée avec quelques joueuses de talent: Teresa Swedrowska, internationale polonaise avec laquelle je pouvais converser (il me restait des rudiments de mes 2 années à Gdansk) ; Anne Hurpet, une joueuse très athlétique venue de Mirande; Catherine Coquard, une meneuse de Paris et aussi Nathalie Fragne.

Teresa apporta beaucoup à l’équipe. C’était non seulement une joueuse très complète, une extraordinaire shooteuse de loin mais aussi une fille formidable. Chez Anne, c’était plutôt la dimension athlétique qui impressionnait. Elle avait une détente à sauter par dessus un immeuble de deux étages et son jump shoot à 3 ou 4 m était efficace. Les autres joueuses apportaient toutes leur pierre à l’édifice .

Le public remplissait de plus en plus la salle. Les sponsors commençaient à affluer, attiré par la notoriété croissante du club et la presse nous suivait de près. Nous commencions à être l’attraction.

L’équipe du CJM Bourges de 1988. De gauche à droite en bas : Sautereau, Guillaume, Cainer, Migeon, Ricono en haut: Malfois, Binet, Bienvenu, Baux, Duguet @ Collection personnelle de Cathy Malfois

La saison fut faite de hauts et de bas (dont une déroute mémorable 103 à 62 à Mulhouse), bouclée par une 5ème place finalement assez décevante en championnat. Place vite éclipsée au printemps par une victoire jubilatoire en Coupe de France contre Nuits St-Georges. Jacques Rimbault, maire de Bourges nous avait fait l’honneur de sa présence et nos supporters venus en masse pouvaient faire sonner trompettes et résonner clairons pour ce qui fut la première consécration du CJM Bourges. Le champagne pouvait couler à flot

S’ensuivirent deux mois de break bien mérité avant de lancer en fanfare une troisième saison où cette fois j’allais raccrocher définitivement les baskets et recruter de nouvelles joueuses pour essayer d’atteindre le Graal : la montée en Ligue féminine.

La coupe aux mains du Maire De g.à d., Cathy, Anne, Nathalie, Valérie, Martine, J.Rimbault, Teresa, P. Dorie @ Collection personnelle de Cathy Malfois

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About Cathy Malfois (13 Articles)
Cinq fois Championne de France. Élue dans le top 5 de l'Eurobasket 1978. Élue dans le top 10 des meilleures joueuses du XXe siècle par Maxi-Basket. Ancienne internationale de l'Equipe de France avec 166 sélections.

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