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[Portrait] Valery Demory, l’indispensable

Portrait

Montage Une : Laurent Rullier pour Basket Rétro

Pourtant impressionné par les très grands, il possède l’une des plus belle carte de visite du basket hexagonal. De Cholet à Pau en passant par Limoges et Challans, dans les années 90,  notre homme domine à la mène la N1A par son intelligence de jeu et sa vista. Devenu coach, respecté de tous, repartons à la découverte d’un indispensable mais méconnu artiste de la balle : Valéry Demory.

L’homme du mois du numéro 545 de Basket Ball est Jacques Monclar qui, au sortir d’un triplé historique avec Limoges fait des miracles comme coach à Antibes. Nous sommes en novembre 1989, mais c’est Valery Demory qui fait la Une de la revue. Comme un symbole, lui l’introverti. Parti de Cholet à l’inter saison suite à un différent avec le bouillant président Choletais Michel Léger, Demory vole alors sur les terrains. Avec son nouveau maillot vert floqué du 13, celui du CSP, Limoges termine la saison régulière avec 33 victoires pour une toute petite défaite (à Pau) et rafle tout dans l’hexagone. Démory est alors au sommet de son art. En France, à la mène, il n’a pas d’équivalent. En Europe, il fait parti des tous meilleurs. A Saragosse, au Final Four de la Coupe d’Europe des clubs champions, cette année là, Limoges ne s’inclinera que face au grand Split de Toni Kukoc. Mais la présence limougeaude est une première pour le basket français. Un exploit. Pourtant, des problèmes extra-basket minent le groupe et Valéry Demory  ne se plait pas à Limoges. Son cœur est ailleurs.

CHOLET, DESTINS CROISES 

Arrivé à Cholet à l’été 1987, il n’aurait jamais du en partir. La Meilleraie, petite salle bouillante et difforme l’adore. Cette étuve, il faut l’avouer, sent le nord avec son vin chaud et ses frites vendues derrière les gradins en ferraille.

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Cholet Basket (site officiel)

Son talent y brille de 1000 feux. Enfant, j’ai vu jouer Valéry Demory des dizaines de fois sous le maillot floqué d’un Pitch jaune. Toujours souriant, il ne manque pas l’occasion de taper dans nos mains à la fin des matchs lorsque nous nous agglutinions autour du tunnel vert qui mène du terrain au vestiaire. Des escaliers où nous nous entrassions, nous l’entendions hurler ses consignes à Graylin Warner. Antoine Rigaudeau lui doit beaucoup. Cholet aussi. Arrivé de Challans en septembre 1987, le CB de Demory se déplace à Limoges dès la première journée. Pas de retard à l’allumage pour Valéry qui sort le grand jeu (24 points et 5 passes) et Cholet cueille à froid l’immense CSP (75-73).  Plus tard dans la saison, il colle un triple double au voisin nantais : 23 points, 10 passes… et 10 rebonds pour 1m78. Finaliste des As, avec un meneur aux allures de bébé joufflu si petit, mais immense en même temps Cholet étonne mais le plus beau est à venir. La saison suivante (1988-89), en Coupe des Coupes, CB fait plier dans une Meilleraie au bord de l’apoplexie le Real de Madrid. Imaginez au foot Angers SCO battre Barcelone… Demory ? Ce soir-là avec 18 passes, il se met en mode John Stockton.

En parallèle, Demory se fait un CV en bleu avec Jean Galle, son père spirituel. Pourtant, son avenir à Cholet s’achève pour une histoire de salaire… Il quitte alors les Mauges direction Limoges, mais cela vous le savez déjà. Il y aura un retour, lors de la saison 1994-95. Venu dans un rôle de doublure de luxe, Demory fait le job derrière Antoine Rigaudeau. Pour Cholet, 1995 est une petite mort avant réincarnation. 20 ans après la création du club, Michel Léger et Rigaudeau quittent le club. Valery va rester pour maintenir à flot le navire. Demory retrouve l’espace d’un moment Jean Galle et accompagne également Stéphane Ostrowski. Mais il n’y gagne rien.

LE CHTI BLEU

En parallèle de sa carrière en club, Valéry Demory est international. Il rejoint d’ailleurs une liste extraordinaire : celle des bleus ayant joué pour Denain (Pierre Galle, Hervé Dubuisson, Jean Pierre Staelens, Jean Degors, Daniel Ledent ou Ulysse Gruda). Toutefois, il a déjà quitté la ville lorsqu’il est appelé en équipe de France pour la première fois. Nous sommes en 1982 et VD coure pour le Stade Français. Il compte 86 sélections de 1982 à 1991 et participe aux Championnats d’Europe 1985 (Stuttgart), 1987 (Le Pirée) et 1991 (Rome) et aux Championnats du Monde 1986 (Espagne).

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Crédit : Jean Luc Foucret

Né en 1963, originaire de Denain comme précisé Valéry choisit d’abord le foot dès 5 ans. Doué mais jugé trop petit, les recruteurs Lillois lui refusent l’entrée au centre de formation du LOSC. Alors comme un paradoxe, il va se frotter aux grands, sur les parquets, avec fulgurance. Champion de france cadet puis de la nationale 2 avec Denain, il évolue alors sous les ordres d’Ernie Signars. Après une pause ratée au Stade Français, il se pose en 1983 à Challans en Vendée avec un certain Michel Gomez. Terre de basket proche de Cholet, « pays fermé », la vendée s’illustre dans le bocage : farouche, sombre mais dense et active comme notre héro en somme. C’est alors qu’il attire le regard de Jean Galle.  Interrogé sur l’homme, Galle est dithyrambique :

« L’image que je garde de lui est le ballon qu’il vole à Drazen Petrovic, le soir où on bat le Réal. Valéry, c’est un battant. En tant qu’entraineur, il fait du bon boulot. Je suis très honoré quand il me présente et qu’il dit que c’est grâce à moi qu’il est devenu entraineur. Il affirme que c’est moi qui lui ai donné l’envie. Cela me touche ! »

VAL D’EAUZUN

Comme le dit Jean Galle, Demory donne de sa personne sans compter. Alors rien d’étonnant à ce que pour lui l’après basket soit un succès. Terminé à Evreux en 2000, sa carrière de joueur n’a pas le temps de s’achever que celle d’entarineur débute. Là encore, le « Ch’ti » a tout compris. A Mourenx, une commune de 7000 âmes dans le Béarn, tout d’abord, il gravit tous les échelons, de la Nationale 3 jusqu’à la Ligue nationale. Puis il propulse Lattes-Montpellier en 2007 vers les sommets en remportant deux titres de champion de France (2014 et 2016) et quatre Coupes de France (2011, 2013, 2015 et 2016). Tony Parker l’appelle alors en personne pour le faire venir à l’ASVEL qu’il entraine depuis 2017. Après 18 journées, son équipe est 4ème avec 11 victoires pour 7 défaites. Déjà, Valéry imprime sa patte. Lyon joue le maintien lors de l’exercice précédent…

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lyonasvelfeminin.com

Avec son air de mécontent chronique, j’en oublierai presque sa passion pour les chevaux. Trop petit pour smasher, trop grand pour être jockey, Demory a en effet pour les courses un amour fou. Entraineur, propriétaire, il connait néanmoins un succès modeste sur les pistes de plat et d’obstacle avec Welcome Sir, Tor Penn, Val d’Eauzun ou Valingara.

« Je pense que je resterai dans le basket féminin, sans aucune amertume, car j’ai assouvi ma passion et gagné plus de titres que je n’en aurai gagné en dirigeant des garçons »

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Nous sommes certes  loin des succès du trotteur Bold Eagle, petit cheval râblé aux cuisses impressionnantes et à l’ accélération étourdissante. Mais après tout, qui réussit dans tous les domaines ?  Personne n’ignore que la vie de Valéry Demory est un rêve éveillé. Quand il ferme les yeux, le soir, rien de plus beau que d’imaginer que le marchand de sable lui susucre à l’oreille que dans un effort sublime et qu’après avoir été longtemps aux derniers rangs, il est venu dans le tournant final puis a pris nettement le meilleur à la distance, et a contenu ensuite les retours.  Indispensable rêve pour la victoire. Gagner, le leitmotiv de Valéry.

 PALMARÈS

Son palmarès de joueur :

  • Champion de France 1990 et 1992
  • Tournoi des As 1990, 1992 et 1993
  • 86 sélections en équipe de France
  • MVP espoir (Maxi Basket)  du championnat de France 1983 et 1985.
  • Meilleur meneur français (Maxi Basket) 1988, 1989 et 1990.
  • Meilleur passeur de l’histoire du championnat de France depuis la création de la Ligue en 1983.

Son palmarès comme coach :

  • Champion de France 2014 et 2016
  • Coupe de France 2011, 2013, 2015 et 2016
  • Match des champions 2016
  • Elu coach de l’année en 2011

LE JOUR OU CHOLET A BATTU LE REAL MADRID

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About sunkiddbr (11 Articles)
Amoureux de Gozilla depuis mon plus jeune âge, je suis devenu fan des Suns ! De Sir Charles à Dan Majerle en passant par Nash, via Stoudemire pour aller jusqu'à Devin Booker : PHX a le monopole de mon coeur. Je veux du soleil !

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