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Christian Laettner – le joueur universitaire le plus détesté de l’histoire.

NCAA

4 Finals Four, 2 titres de Champions NCAA, record du plus grand nombre de points, lancers-francs et matchs joués lors de la March Madness : Christian Laettner est peut-être le plus grand joueur de l’histoire du basket universitaire. Mais derrière une gueule d’ange et un look de playboy, se cache un Bad Boy haï par l’ensemble des fans bases des Etats-Unis, hormis celle de l’université de Chapel Hill. .

Il y a deux ans, un documentaire dirigé par Rory Karpf et issue de la série 30 for 30 d’ESPN, retraçait la carrière NCAA de Christian Laettner à travers les 5 raisons qui ont fait de lui le joueur universitaire le plus détesté de l’histoire. Retour sur le parcours de l’un des meilleurs joueur de l’histoire de la NCAA à travers ces 5 caractéristiques :

LE PRIVILÈGE

Probablement l’une des idées reçus les plus fausses. Parmi tous les reproches qui ont pu être fait à Laettner, le côté garçon privilégié est celui qui revient le plus souvent. Le raccourci est facile. Duke est l’une des facs les plus huppées des Etats-Unis ou se retrouve les enfants de familles aisées.

Pourtant, Christian Laettner a grandi dans une famille modeste. Elevé dans l’Etat de New York par une famille de descendance Polonaise, le père de Laettner était un ouvrier qui se sacrifiait au travail pour pouvoir payer une éducation en école privée à ses 4 enfants. Au lycée à Nichols School, Christian effectuait même des travaux de conciergerie pour financer ses études. Très demandé à sa sortie de lycée par les principales universités du pays, il choisit d’aller à Duke contre le choix de sa mère (qui préférait North Carolina). Il sera alors coaché par Mike Krzyzewski de famille également Polonaise.

Duke est une université particulière : son côté élitiste renforce son isolement des autres écoles plus « classique » et les joueurs de Duke étaient détestés par leurs adversaires, par jalousie. C’est Jalen Rose, ancien membre du Fab Five qui résume parfaitement la situation :

« Je détestais les joueurs de Duke car c’était des enfants de riches, issues de bonne famille et j’étais jaloux de cela ».

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Bien qu’ayant grandi dans une famille modeste avec 4 frères et sœurs, Laettner a toujours été associé, a tort, à cette image de garçon privilégié

COULEUR DE PEAU

Le début des années 90 marque un virage dans la culture américaine. Le rap prend d’assaut les ondes avec des groupes comme Public Enemy, Run DMC ou encore NWA. Le Fab Five de Webber, Rose, Howard révolutionne la NCAA, revendique une identité issue de la rue (short long, chaussettes noires, trash talking) et devient l’équipe la plus aimé du championnat universitaire. Des icônes noires comme Spike Lee, Michael Jordan ou Naomie Campbell s’imposent au monde et la jeunesse s’identifient à ces nouvelles références. Laettner, lui est catalogué comme le blanc privilégié. Pourtant, Christian Laettner était lui-même dans cette mouvance culturelle, changeant son accent en interview pour paraitre plus « gangster ».

Grant Hill, fils de Calvin Hill, ancien running back des Cowboys et coéquipier a Duke n’a jamais été aussi détesté que Laettner. De couleur noire, Hill est issu de famille aisée avec une éducation stricte : son côté gentil garçon a également probablement à voir avec cela.

LA BRUTE

Dans son enfance, Christian été la cible de son grand frère Christopher. Souvent malmené, Christian dit avoir forgé son caractère de compétiteur dans les affrontements réguliers avec son frère. Son attitude sur le terrain était avant tout passionnée. Il pouvait humilier ses adversaires comme la fois où il marcha volontairement sur Aminu Timberlake (aucun rapport avec Al-Farouq et Justin). Krzyzewski se souvient :

« Laettner est comme le feu : si vous le maîtrisez, il pourra chauffer le bâtiment, si vous ne le maîtrisez pas, il y mettra le feu ».

Il traumatisait même ses coéquipiers, leur insufflant cette culture de la gagne mais les martyrisant aussi parfois.

« On avait des mésententes de temps en temps : une fois, je ne lui ai pas fait une passe alors qu’il était démarqué et nous nous sommes tellement engueulés sur l’action suivante remontant le ballon que l’on nous a pratiquement sifflé 10 secondes » !

GRANDEUR

Au final, c’est peut-être la grandeur de ses équipes de Duke qui jouera le plus grand rôle dans cette haine. On préfère toujours David à Golliath, et Christian Laettner et Duke étaient le symbole des équipes que l’on adorerait voir perdre, mais qui, au final, allaient toujours au bout. Laettner était le joueur décisif par excellence :

  • En 1990, il offre à Duke une place au final four en inscrivant le tir de la victoire d’un magnifique tir en extension en deux temps face à UConn en prolongation. Duke s’inclinera en finale face à UNLV après avoir battu Arkansas en demi-finale
  • En 1991, lors du Final Four d’Indianapolis, il inscrit les deux lancer-francs pour donner l’avantage à Duke face à UNLV en demi-finale. Cette victoire de Duke mettra fin à la série d’invincibilité de l’Université de Las Vegas. Les Blue Devils remporteront quelques jours plus tard le titre de champion et Laettner sera élu MOP du tournoi.
  • L’année suivant, il inscrit le plus beau tir de l’histoire du basket Universitaire. En finale régionale face à Kentucky, il inscrit le tir au buzzer sur une passe de Grant Hill qui traverse le terrain pour offrir une nouvelle place au final four pour Duke. Les Blue Devils remporteront largement le titre face aux Fab Five de Michigan pour un doublé historique et pour conclure la carrière universitaire de Laettner, l’une des plus belles de l’histoire

PHYSIQUE

Laettner était un beau garçon, aux yeux bleus, aux cheveux longs. Les filles faisaient la queue pour le voir s’entrainer ou l’attendaient à la sortie des matchs tels des groupies. Il a même été élu plus belle célébrité de l’année en 1992 par le magazine People. Cette attirance suscitait bon nombres de jalousies. Des rumeurs lui prêtaient même une relation avec son coéquipier Brian Davis. Lors d’un match contre le LSU de Shaquille O’Neal, la foule a chanté « Fagot » en sa direction, ce qui a affecté Laettner :

« Pour être honnête, cela m’a blessé et je n’ai pas aimé. Mais j’ai réalisé que c’est quelques chose que je ne pouvais pas contrôler. Quand tu te regardes dans le miroir, tu vois la vérité et ses rumeurs qui disaient que j’étais Gay en 1992, c’était choquant et pas acceptable pour moi ».

Aujourd’hui encore, Laettner est détesté. mais ce dernier préfère en rigoler et joue avec cette image comme la fois où il a nettoyé la raquette de Kentucky en 2011, en réponse à un fan, lors d’une venue impromptue.

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Au final, la carrière de Laettner se résume surtout à ces exploits universitaires. Sélectionné pour participer à la Dream Team de 1992 (Devant Shaquille O’neal notamment), sa carrière NBA sera faite de hauts et de bas avec comme pic la saison 1996-97 ou il sera élu All-Star avec les Atlanta Hawks. En revanche, pour une majorité des américains, il reste à l’image d’un Bill Laimbeer à Detroit, le Bad Boy de Duke, celui qui l’on a adoré détesté durant toutes ces années, mais que l’on aurait bien aimé avoir dans son équipe.

Crédits photo : ESPN/NCAA

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About Jay Swan (49 Articles)
Passionné de NBA depuis 1994 Twitter : @junkyardswan

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