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[Portrait] Rasheed Wallace, le talent ne ment pas

Portrait

Montage Une : Laurent Rullier pour Basket Rétro

Champion NBA, 4 fois All Star : énormément de joueurs se satisferaient de ce genre de palmarès. Avec Rasheed Wallace, on garde malgré tout un arrière goût d’inachevé. De par son jeu, son physique et ses qualités basket, celui que tout le monde a renommé Sheed avait tout pour être une des stars du début des années 2000. Mais avec un caractère difficile et de nombreux sautes d’humeur, le recordman historique de fautes techniques peut être considéré comme une frustration. Pour autant, le plaisir que Dirty 30 a donné aux fans fut réel.

Né à Philadelphie, Rasheed Wallace est recruté par le légendaire Dean Smith afin de façonner son basket. À North Carolina, Wallace compte bien se faire un nom dans l’université qui vient tout juste d’être sacrée championne. Aux côtés d’Eric Montross, soutenu par Donald Williams et le jeune Jerry Stackhouse, l’ailier fort réussit une saison freshman solide (9.5pts, 6.6rbs)… avant d’être éliminé à la surprise générale par Boston College au 2ème tour (72-75). Les Tar Heels ont merdé, Sheed n’est pas exempt de tout reproche avec son piteux 3/10 dont le tir raté de l’égalisation à deux secondes du buzzer.

Alors, on repart pour une année et Smith mise tout sur son trio Stackhouse-Wallace-Williams. Sheed est un des meilleurs sophomore du pays, ses stats montent en flèche, le buzz avec, et North Carolina est un vrai prétendant au titre. Les bleus et blancs ne font pas de bavures lors de la March Madness. Mieux, ils éliminent les favoris de Kentucky lors de la finale régionale. Direction le Final Four. Mais au Kingdome de Seattle, UNC s’écroule en seconde mi-temps sous la pression face aux Razorbacks d’Arkansas. Une gestion de fin de match catastrophique et voilà que tout s’arrête aux portes de la finale. Fin de carrière universitaire pour Wallace, tout fraîchement élu dans le All America second team de l’année. Il s’inscrit à la draft avec son pote star Jerry Stackhouse : l’arrière est sélectionné par Philadelphie alors que Wallace prend la direction de Washington.

1995-96, saison rookie. La franchise de la capitale est déjà chargée à l’intérieur avec le tandem labellisé Michigan (Chris WebberJuwan Howard) pour accompagner le géant roumain Gheorghe Muresan. Mais C-Webb est blessé, ne joue que 15 matchs et le Sheed est installé au poste de titulaire. Sa saison est correcte, mais sans plus. Pire, il se blesse fin mars et ne rejoue plus. Wallace reste un joueur d’avenir, le potentiel est là et durant l’été 1996, le numéro 30 part pour Portland dans un échange qui voit les Bullets recevoir Rod Strickland et Harvey Grant. Dans l’Oregon, pas de concurrence réelle et le voilà définitivement starter au sein d’un effectif complet. La conférence Ouest est très forte, ce qui n’empêchent pas les Blazers de terminer à la 5ème place avant de se faire sortir par les Lakers emmenés par un Shaquille O’neal en furie. Pour sa première campagne de playoffs, Wallace est le meilleur joueur de son équipe et semble s’inscrire dans la durée. Ça tombe bien, Portland veut écrire une nouvelle page. Après le transfert de Clyde Drexler en 1995, le dernier Blazer emblématique Cliff Robinson signe à Phoenix. Derrière, un nouveau coach (Mike Dunleavy) prend les commandes, puis en février 1998 une star annoncée (Damon Stoudamire) pose ses valises pour driver une base très solide (Arvydas Sabonis, Isaiah Rider, Brian Grant). Petit à petit, la mayonnaise prend de la consistance : 1er tour en 1998 puis finale de conférence en 1999. La saison du lock-out se termine par un sweep face aux futurs champions (les Spurs) mais les ambitions sont manifestes et Portland se présente comme véritable contender pour le titre de la saison 1999-00.

Alors, on se débarrasse de Rider pour le shooteur Steve Smith. Puis les expérimentés Scottie Pippen et Detlef Schrempf débarquent. Sur le papier, Portland fait peur. Et sur le terrain aussi. Tout au long de la saison régulière, Wallace se montre régulier et est sélectionné au All Star Game. Les Blazers eux s’affirment comme le seul rival sérieux aux infernaux LA Lakers (67V-15D). En playoffs, pas de bavure avec le scalp des Wolves et des Jazz d’Utah. L’explication entre les deux favoris pour le titre va pouvoir avoir lieu. Une finale NBA avant l’heure. C’est officieux mais presque officiel : le futur champion se trouve dans cette finale de conférence Ouest qui sent la poudre. Le Sheed est motivé comme jamais et se démène de partout. Menés 3-1, les Blazers reviennent aux affaires et décrochent un Game 7. Et Wallace compte bien quitter le Staples Center avec la victoire. Durant trois quart-temps, Portland joue à la perfection (58-71) et parvient à contenir le Shaq. Rasheed lui domine son sujet avec ses 23pts, dont un QT3 impérial (10pts à 4/6). Mais aux portes du Graal, la machine s’enraye… 13 tirs ratés de suite pendant que les Lakers grappillent leur retard à vitesse grand V pour revenir à égalité. Wallace est le symbole de cette déroute avec son 0/6 aux tirs. À 1″25 de la fin, l’homme au bandeau a deux lancers-francs pour égaliser… 0/2, game over. En effet, Kobe place un jump-shoot et combine un alley-oop de légende avec O’neal pour envoyer les Lakers au paradis.

Cette défaite marque un vrai coup d’arrêt dans le projet des Blazers. De fait, les deux années suivantes se ressemblent comme deux gouttes d’eau : saison régulière dans les 50 victoires, sweep au 1er tour contre les Lakers. Sheed se troue en 2001 pour mieux peser en 2002. Mais qu’importe, Portland n’évolue pas. Pire, le surnom des Jail Blazers n’a jamais été aussi proche de la vérité. Faits divers en pagaille, avec les Stoudamire, Bonzi Wells, Zach Randolph et autres Ruben Patterson en vedettes. Sans oublier évidemment, Rasheed Wallace. En novembre 2002, il est arrêté en compagnie de Stoudamire et reconnaît avoir fumé de la marijuana. La réputation est vérifiée, Portland est dans le viseur de la ligue mais parvient tout de même à se qualifier pour les playoffs. Menés 3-0 par les Mavericks, ils reviennent à égalité pour forcer un nouveau Game 7. Une fois de plus, Portland fait le boulot et s’accroche on the road. À moins de cinq minutes de la fin, sur un trey dont il a le secret, Sheed donne deux points d’avance aux siens. Manque de chance, Dirk Nowitzki puis Steve Nash sifflent la fin de la récréation à coup de tirs assassins. Les locataires du Rose Garden viennent de passer tout près de devenir la première équipe à remonter un déficit de 3-0 dans une série de playoffs. Dès lors, las des problèmes internes, la direction du club souhaite du changement et Wallace est tradé à Atlanta en février 2004. Un match sous le maillot des Hawks pour mieux être de nouveau transféré aux Pistons.

SECONDE VIE

Le Sheed pose sa carcasse chez un des favoris à la finale NBA. Detroit est à la lutte avec les Pacers pour la place de numéro 1 de l’Eastern.
Le #30 est entouré d’authentiques soldats, dans un collectif où la défense est le maître mot. Aux côtés du rugueux Ben Wallace, il défend le cercle tout en laissant le scoring à la doublette Chauncey BillupsRip Hamilton. Tayshaun Prince fait le boulot sur l’aile et les Pistons terminent la saison régulière à la seconde place de la conférence. Au 1er tour, les Bucks ne font pas le poids (défaite 4-1). Au second tour, le duel face à New Jersey s’apparente à un combat de boxe. Dès le Game 1, Detroit annonce la couleur en limitant les Nets à… 56pts !!! Menée 2-0, la clique de Jason Kidd sort le bleu de chauffe et n’autorise que 64 pions aux Pistons dans le match 3. DEFENSE, DEFENSE !!! Les deux franchises sont à égalité et le Game 5 semble charnière. Pour une fois, les équipes se lâchent et offrent un véritable classic en trois prolongations. Les Nets repartent du Michigan avec la victoire et viennent donc de faire le plus dur. Mais Detroit, dirigée par l’expérimenté Larry Brown, a la tête dure, un mental au-dessus du reste et va chercher deux succès d’affilé dont un blow-out lors du Game 7. Rasheed vient de mettre fin à son cauchemar dans l’ultime match décisif d’une série. Reste à passer l’obstacle Indiana, dans une confrontation qui s’annonce comme une guerre de tranchées. La défense est plus que physique, aucune équipe ne dépasse les 90pts et Rasheed a fort à faire face à Jermaine O’Neal. Heureusement, les Pistons gèrent mieux les fins de matchs et décrochent leur première finale NBA depuis 1990 !!!! Pour obtenir le titre, il faudra vaincre leur vieux rival des années 80, les Lakers de Los Angeles. Moins de showtime que sous l’ère Magic Johnson certes, mais un quatuor d’Hall Of Famer (Shaq, Kobe, Payton, Malone) au menu.

Tout au long de la série, Detroit n’a qu’une idée en tête : obliger Kobe Bryant à forcer son jeu. La mission est plus que réussie (38.1% aux tirs dont 17% à trois-points pour le Black Mamba). À côté de ça, on continue de manger l’horloge, de casser le rythme, tout en jouant collectif et dur. Les Lakers prennent une leçon de basket, et Roscoe s’offre son meilleur match de la série dans le crucial Game 4 : menés 2-1, les Angelinos se savent au bord du gouffre. Le Shaq sort un match de mammouth (36pts/20rbs) mais les 23pts du Sheed et le tandem Billups-Hamilton pèsent plus dans la balance. Detroit plie l’affaire au match suivant et devient la première équipe de l’histoire à remporter les trois matchs de suite à domicile dans le format 2-3-2. Il n’en fallait pas moins pour infliger à Phil Jackson sa première défaite en finale NBA. Rasheed décroche la timbale, et le trade de février s’avère comme un des plus beaux coup de la décennie.

Parfaitement intégré et enfin champion, l’ancien Blazer troque son célèbre numéro 30 pour le 36. À part ça, aucun changement : Detroit reste la meilleure défense de la ligue et aborde les playoffs 2005 en sérieux candidat à sa propre succession. En demi-finale de conférence, les hommes de Motor City se remettent à l’endroit après avoir été mené 2-1 par Indiana. Au tour suivant, ils éliminent Miami en gagnant hors de leur base le Game 7. Véritable performance, à laquelle Rasheed n’est pas innocent : 20pts à 8/13, avec 7rbs et la claquette qui enterre les espoirs floridiens. Certes, le Heat a dû faire sans Dwyane Wade au match 6 mais les Pistons se sentent costauds.

Oui, Detroit peut réaliser le back-to-back. Mais non, les Pistons ne vont pas y parvenir. La faute à trois hommes principalement.   Tim Duncan tout d’abord, qui tout au long de la série, répond présent face aux deux Wallace. Manu Ginobili ensuite, qui est impérial à chaque moment important de cette Finals. Robert Horry enfin, celui qui tue les Pistons lors du décisif Game 5. En prolongation, le sosie de Will Smith plante un trey meurtrier pour donner l’avantage aux siens. Sur l’action, le Sheed fait une erreur de poussin en venant aider sur Ginobili, ce qui libère Horry et son tir. Detroit aura beau prendre le match 6 et tenir bon jusqu’au milieu du QT4 au Game 7, ce sont bien les Spurs qui sont champions. Rasheed n’a jamais rien lâché, mais sa stupide prise à deux sur l’Argentin reste probablement LE tournant de cette finale.

Déchu de leur titre, les Pistons repartent de plus belle lors de la saison 2005-06 : un bilan de 64 victoires pour 18 défaites, avec en prime une nouvelle sélection au All Star Game pour Rasheed. Mais cette fois-ci, la post-season s’arrête brusquement. Après avoir réussi à sortir de justesse le roi LeBron James, les Pistons ne peuvent rien faire face à la fougue du jeune Dwyane Wade : 26.7pts (à 61%!!!!), 5.5pds, 5.1rbs, 4.6to 1.8stls, 1.5blks pour l’insaisissable arrière de Miami et direction les vacances pour les joueurs de Flip Saunders. Ce revers sonne comme la fin de l’ère Pistons. Car si Detroit squatte le haut de la conférence en saison régulière, c’est pour mieux s’arrêter à chaque fois en finale de conférence. Face au talent de LeBron James en 2007, puis contre l’armada des Celtics en 2008.

CHANGEMENTS

Évoluant dorénavant au poste de pivot, Sheed fait toujours le travail, est élu une fois de plus All Star mais tourne aussi en rond. En 2008-09, Michael Curry devient le head-coach, Allen Iverson débarque dans un trade comprenant Billups & McDyess pour au final voir Detroit afficher son premier bilan négatif (39V-43D) depuis 2001. Sweepé au 1er tour par les Cavs et free-agent, Rasheed Wallace signe chez les Celtics qui visent un nouveau titre. À 35 ans, Wallace devient alors joker de luxe et ramène un supplément d’expérience dans cette équipe de vieux briscards. Les Celtics répondent présents et retrouvent leur ennemi juré aux Finals. L.A/Boston, Celtics vs Lakers, jaunes&violets vs verts&blancs. Duel entre les deux derniers champions surtout, afin de savoir qui est vraiment le patron. Wallace fait quelques bonnes rentrées avant d’être propulser dans le starting-five lors d’un mythique Game 7. Le solide Kendrick Perkins est out, et Doc Rivers envoie Wallace au charbon. Face à un Pau Gasol déchaîné, le quadruple All Star se bat, marque des points (11), prend des rebonds (8), le contre (2 fois) mais fait aussi beaucoup de fautes (6). Sa dernière offre deux lancers-franc à Kobe Bryant pour donner un +5 rédhibitoire. Horrible pour celui qui venait de redonner espoir aux siens d’un superbe trois points (-3 à 1″23 du terme). Pour la deuxième fois de sa carrière, Rasheed Wallace perd un titre sur un match 7. Fatigué, il prend une retraite bien méritée… pour mieux revenir à 38 ans chez les Knicks de New York.

De son très court passage à Big Apple (21 matchs), on ne retiendra qu’une seule chose, un énième « Ball Don’t Lie » qu’il a tant popularisé durant toute sa carrière, et qui lui vaudra une éjection contre les Suns après moins d’une minute trente de présence sur le parquet. Un coup de sang à l’image de ce joueur attachant, parfois irréfléchi mais toujours fascinant à voir. Oui Rasheed Wallace aurait pu être un ailier-fort 2.0 de par sa mobilité et son envergure. Oui Rasheed Wallace aurait dû dominer le jeu bien plus qu’il ne l’a fait, s’il avait été plus professionnel et concerné. Reste que Rasheed Wallace se sera fait un nom dans cette ligue, pour l’unique raison; qu’effectivement, le ballon ne ment pas.

SES STATS

SON PALMARÈS 

  • Champion NBA en 2004 avec les Pistons de Detroit
  • Finaliste NBA en 2005
  • 4 fois NBA All Star en 2000, 2001, 2006 et 2008
  • Élu au sein de la All NBA All Rookie Second Team

SON TOP TEN EN CARRIÈRE 

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