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March Madness 1950 : Scandale à Big Apple

NCAA

Montage Une : Laurent Rullier pour Basket Rétro

En 1950, CCNY devient la première et unique équipe de l’histoire à être championne NCAA et à remporter le NIT lors de la même saison. Mais cette gloire sera éphémère car quelques mois plus tard sera révélé l’un des plus grands scandales de l’histoire du basket universitaire.

Le buzzer retentit, CCNY est champion NCAA. En ce 28 Mars 1950, New York est en ébullition pour ses Beavers. Le Madison Square Garden qui accueille la finale depuis 1943 voit pour la première fois une équipe locale s’imposer. Et pas n’importe laquelle. Le City College of New York est alors perçu comme un symbole de l’intégration à l’American Dream. Avec la gratuité aux habitants de la ville, de nombreux fils d’immigrés ou descendants d’esclaves composent cette équipe. Sous la tutelle du coach Hall of Famer Nat Holman, ils proposent un mélange des styles High School et playground représentatifs de New York.

HOLMAN, NAT (& CCNY BASKETBALL TEAM)

Nat Holman et ses joueurs

En s’appuyant sur un jeu collectif, recherchant toujours le joueur ouvert, et grâce à une forte défense CCNY surprend tout le circuit universitaire. Ils remportent le NIT, en battant au passage les doubles champions NCAA en titre Kentucky. Une victoire sèche et symbolique 89-50 contre les hommes d’un Adolph Rupp réputé pour son refus de signer des joueurs afro-américains. Dans la continuité ils remportent la March Madness, en restant fidèles à leurs principes de jeu. Sur leur route ils éliminent tour à tour Ohio State (56-55) et NC State (78-73) avant de battre Bradley en finale (71-68). L’ailier Irwin Dambrot finit Most Outstanding Player du tournoi.

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Révélation du scandale par le Daily News

Une histoire qui ressemble à un compte de fée mais qui va basculer vers le scandale. Depuis le début des années 40, un nouveau type de paris a vu le jour : le pari sur l’écart de points. Les problèmes de corruptions et de trucages dans le sport n’ont rien de nouveau mais il est plus facile de convaincre un joueur d’arranger un score que de faire perdre son équipe. Et en février 1951, le pivot de Washington University Junius Kellogg révèle que deux anciens joueurs lui ont offert 1000$ pour truquer l’écart d’un match contre De Paul. Un effet domino va suivre, les trois stars de CCNY Ed Warner, Ed Roman et Al Roth sont impliquées avec de nombreux coéquipiers ainsi que des joueurs de NYU, LIU et Kentucky. Au total c’est 32 joueurs qui avouent avoir reçu de l’argent entre 1947 et 1950 pour un total de 86 matchs truqués. Et pas des moindres. Outre les 3 stars de CCNY, leur coéquipier Norm Mager, qui évolue alors déjà en NBA, se retrouve banni à vie de la ligue. Une sanction générale par la NBA qui prive le pivot de LIU Sherman White de la grande ligue, ce dernier étant attendu comme territorial pick des Knicks tout en haut de la prochaine draft 1951. Du haut de ses 27,7 points/matchs, il venait d’être élu Sporting News Player of the Year par Sporting News et devait être l’élément permettant aux Knicks de contrer George Mikan et d’enfin atteindre le titre NBA.

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Ralph Beard (gauche) et Alex Groza (droite) sur le banc des accusés

Mais le plus regrettable pour la NBA dans cette histoire sera l’implication révélée de deux de ses plus grands talents. Alors que le duo des Indianapolis Olympians Ralph Beard et Alex Groza vient d’être sélectionné dans la All-NBA first team de 1951 et qu’ils ont participé au premier All-Star Game de l’histoire, le scandale les rattrape. Pendant qu’ils jouaient à Kentucky, ils ont reçu des pots de vins pour truquer des écarts. Ils reconnaîtront avoir perçu 500$ pour un match contre Loyola Chicago en 1949 et coopéreront avec les enquêteurs. Le juge fédéral semble considérer que la direction du programme universitaire a largement encouragé ces agissements (voir article ci-dessous) mais la NBA se montrera aveugle dans son jugement. Et alors que le coach de Kentucky Adolph Rupp siège aujourd’hui confortablement au Hall of Fame, tous les joueurs impliqués ont été sacrifiés pour l’exemple. Groza et Beard se voyant également obligés de vendre leurs parts dans le capital des Olympians.

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Extrait du Windsor Daily Star – 30 Avril 1952

Cette affaire aura donc coûté cher à la NBA, la privant d’un des pivots les plus talentueux de son histoire en la personne d’Alex Groza. Sur les deux premières saisons en carrière seul Kareem Abdul Jabbar dépasse Groza en terme de Win Shares dans l’histoire NBA/BAA, le tout avec 34 matchs de plus (36.1 contre 35.9). Elle aura également coûté leurs carrières à un potentiel 1st pick de draft et à un joueur All-NBA first team. Parmi les universités impliquées seule Kentucky parviendra à se remettre de cette histoire, malgré une saison d’arrêt du programme en 1952-53. Pour CCNY et LIU ce sera un coup fatal, jamais leur programme universitaire ne retrouvant le haut niveau suite à ce scandale.

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1 Comment on March Madness 1950 : Scandale à Big Apple

  1. Non seulement CCNY ne retrouva plus jamais le haut niveau, mais suite au scandale la fac newyorkaise abandonna toute ambition sportive, (et pas seulement le basket). Elle évolue aujourd’hui au plus bas niveau universitaire, la division 3.

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