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ITW TrashTalk : Le basket Américain en 300 listes folles

Interview

Montage Une : Laurent Rullier pour Basket Rétro @ Panoramic

Suite à la sortie du livre « #TrashTalk, l’histoire du Basket américain en 300 listes folles », aux Editions Marabout, Basket Rétro est parti à la rencontre d’Alexandre Martin et David Carroz, membres de la rédaction TrashTalk. A cette occasion, nous avons pu découvrir les coulisses d’un projet novateur dans le paysage médiatique du Basket.

TrashTalk est né en 2012. Est-ce que vous pouvez me raconter le début de l’histoire ?

C’est Bastien et Julien qui sont à l’origine de TrashTalk en novembre 2012. Au début, il y avait pas mal de rédacteurs. Julien est l’architecte web, technologie, référencement, etc. Bastien c’est le créateur de la ligne éditoriale. De fin 2012 au printemps 2013 tous les membres historiques sont arrivés. Puis de fil en aiguille cela s’est développé. D’abord un blog, puis un site. Ensuite une association loi 1901. Enfin en 2015 on a créé une petite boîte qui s’appelle TrashTalk dans laquelle on s’est tous mis ensemble pour essayer de développer le projet et faire avancer ce qui nous tenait à cœur à l’intérieur de TrashTalk, tels que le site, la TTFL, tout ce qui est vidéo et audio, les podcasts. Ce que nous voulions c’est sortir du côté blog pour réaliser quelque chose de plus carré, de plus complet. Etre un point d’entrée sur le Basket, que ce soit en vidéo YouTube, les émissions radio via SportDub. Pour la vidéo, on a la chance d’avoir un réal, Léonce, un ou deux graphistes dont Artem. La boîte a été montée autour du noyau dur, Alex, Bastien, julien, Ben, Giovanni, David et SoPress. On a autour de nous beaucoup de gens qui ont bossé avec nous dès le début et qui gravitent toujours autour parce que ce projet c’est aussi le leur. Artem, Clément, Nico, Louis … écrivent régulièrement. Ils sont des contributeurs. Louis fait des vidéos régulièrement. Il y a le noyau mais on a toujours la famille d’origine qui reste dedans. On est obligé car cela demande plus que le taf de cinq personnes. Bastien et Alex sont à plein temps sur TrashTalk, l’entreprise. Julien s’occupe du référencement, de la gestion du site, de la réflexion technique et de certains partenariats. Je (David) fais la rubrique Lifestyle et pas mal de Old School à raison d’un article par jour, parfois deux, trois ou quatre rubriques mensuelles. Bastien, Ben et un peu Giovanni gèrent plus l’actualité « chaude » avec des pigistes et parfois des stagiaires. Moi (Alex) je gère très rarement l’actualité « chaude » mais plus les dossiers et tous les projets autour.

Dès l’annonce de ce livre, vous avez sûrement remarqué qu’il était très attendu par le public qui vous suit sur TrashTalk. Comment et quand est née l’idée de ce livre ?

SoPress a joué un énorme rôle sur le livre. On bosse beaucoup avec eux. Parce qu’ils sont vraiment des gars du papier. Ils font des magazines. Ils sortent plusieurs livres par an. Que ce soit sur le foot ou une multitude d’autres sujets (cinéma, vélo, rugby, tennis). Au printemps dernier, SoPress a sorti l’équivalent de ce livre, 300 listes sur le tennis avec Marabout. Il y a 7 ou 8 ans ils avaient sorti un équivalent chez Solar sur le foot (Over the Tops). Un très très bon livre sur le foot. Du coup, ils nous ont proposé le même modèle. Ils ont vendu l’idée à Marabout qu’il était possible de le faire sur le Basket en disant « On a les gars pour le faire, avec TrashTalk ». Voilà comment c’est né. Après, ce sont des réunions, un tableau Excel avec plein d’idées dedans, des répartitions de qui écrit quoi, des vacances passées à rédiger, une maquettiste, Peggy, qui taffe énormément car le travail de maquettiste là-dedans est sérieux avec une maquette par page. C’est un gros gros gros boulot. Après, doucement tu vois des pdf qui prennent forme et un jour tu vois le livre, l’objet. C’est du gros taf. Sur la longueur, beaucoup d’écriture, beaucoup de réécriture aussi : formuler différemment, parce que c’est trop long, trop court. Il y a des listes, tu te rends compte que finalement elles ne valent pas le coup, que tu as mieux en rayon. Parfois tu écris une liste et une fois faite, tu vois qu’elle n’est pas bien.

trashhtalk.co un site d’actu de la NBA en France @ Trashtalk

Combien de personnes ont travaillé à son élaboration ?

C’est l’ensemble des historiques de la rédaction qui a bossé dessus c’est-à-dire Alex, Bastien, Julien, Ben, Giovanni, David. Simon, un Rédac chef de chez SoPress, Brieux également de SoPress. La maquettiste est aussi de Society et SoFoot. Ils nous ont aidés en termes de contacts. C’est ce qui est bien dans ce livre. Il ne sort pas dans son coin. Il sort chez Marabout. Marabout c’est un éditeur, filiale d’Hachette. On a bossé avec des gens qui connaissent bien leur métier. Nous, le marché du livre on ne sait pas comment ça marche du tout. C’est important d’avoir des professionnels. Si demain tu nous dis qu’il faut monter un site sur un sport, on sait faire, si tant est que ce sport nous passionne. Mais faire un livre c’est un autre délire. Ecrire ce n’est pas compliqué mais tout le reste derrière… Toute la réflexion, tout le cheminement …

Comment avez-vous compilé toutes ces informations et établi vos listes ?

Pour les listes, ce sont des heures de recherches. Nos sources : la mémoire, Internet, les livres. Nous avons beaucoup de livres de Basket. Tu te rappelles de trucs et tu vas vérifier. Après il y a des listes, quand elles sortent, elles semblent toutes connes mais finalement elles demandent beaucoup de recherche. Par exemple moi (Alex) j’ai fait la liste des mecs qui claquaient de l’argent à Las Vegas. C’est tout bête comme info mais ce n’est pas si simple à trouver, genre Iverson on savait, Charles Barkley, Jordan on savait aussi. Il y a Antoine Walker mais après pour en trouver d’autres c’est plus compliqué. Au début tu donnes une idée de liste parce que tu as deux ou trois noms qui vont aller dans cette liste. Après en plus de ces deux trois noms tu mets quoi ? Et là ça devient problématique. Il y a beaucoup de listes qui se sont arrêtées comme ça. L’idée était bonne sauf que tu n’as que trois exemples dedans. Ce n’est pas terrible en fait.

Est-ce que pour vous il était évident que Rudy Gobert ferait la préface ?

Au début on voulait quand même taper J.R Smith. Mais il est compliqué à toucher. D’abord il ne parle pas Français. On avait un contact avec l’agence qui gère sa comm. Ils ne répondent jamais à rien. Rudy, on a eu la chance de le rencontrer avec Bastien en septembre pour l’interview back to back sur la chaîne Youtube. Il y avait son agent et Rudy. On lui a demandé. C’est trop bien : Il a dit oui direct. Il a parlé du Trashtalking et on a retranscrit et il a validé. Il est vraiment très sympa. Il ne nous a embêtés à aucun moment du process du livre. Il n’a jamais demandé quoi que ce soit. Et c’est Rudy Gobert quoi ! Au niveau du Basket français c’est le Top ! Au niveau TrashTalking, ce n’est pas un grand bavard mais quand il faut mettre le tacle, il le met ! Dans la vidéo que l’on a faite, moi (Alex) j’étais sur le côté. On ne me voit pas à l’image. Je tiens le micro. Rudy ne savait pas trop. Il demande à Léonce, notre réal, s’il doit me regarder. Léonce lui dit non et Rudy fait « Ah ben tant mieux !!! » C’est typique de Rudy !

« James Naismith s’est dit « On va accrocher un truc en l’air et réussir à lancer une balle dedans ! » »

On va rentrer dans le contenu du livre. Vous commencez par les 13 commandements de James Naismith. Pour vous qu’est-ce qu’il représente ?

Certes, ce n’est plus le même sport aujourd’hui mais sans lui, nous ne serions pas là ! Il a eu l’idée du Basket. Il s’est dit « On va accrocher un truc en l’air et réussir à lancer une balle dedans ! » Et il en écrit 13 règles. On les a juste traduites. On n’a rien ajouté. C’est le créateur ! Respect ! Sinon on serait sans doute en train de parler de curling ou d’autre chose !

Pourquoi avez-vous parlez du Basket français dans un livre dont le titre est Le Basket américain en 300 listes folles ?

Dans les 14 chapitres, on se voyait mal ne pas parler des Français. Sur le site de TrashTalk on parle très régulièrement des Français. On est un site français, on écrit en français. On suit l’équipe de France. On s’entend bien avec pas mal de joueurs français. On parle d’eux régulièrement. En plus, dans ce chapitre, c’est quand même toujours corrélé avec la NBA. Il y a quelques listes où ce n’est que le Basket français mais sinon il y a toujours cette petite corrélation. Il faut bien comprendre que si aujourd’hui tu enlèves Dubuisson, Olivier St Jean (Tariq Abdul-Wahad), Tony Parker, … c’est-à-dire l’historique NBA du Basket français, tu vois que le Basket français n’en serait pas là sans la NBA. Aujourd’hui si tu es fort au Basket et que tu as 17 ans, tu veux aller en NBA. Si tu arrives à l’ASVEL ou Limoges c’est déjà énorme ! Mais le rêve c’est la NBA. Le but ultime d’un jeune c’est de faire ce que fait Rudy Gobert ou ce qu’a fait Tony ! Ou même ce que fait Timothé Luwawu. C’est génial ce qu’il fait. On voulait un chapitre franco-français. La liste écrite par Giovanni sur les cagades de France Télévision. Franchement je la relis encore et je me marre !

Vous parlez des Français qui n’ont jamais quitté la France. Nous sommes ici à Lyon. Je voulais avoir votre sentiment sur l’importance qu’a eu un joueur comme Alain Gilles ? A l’Asvel c’est un maillot retiré.

C’est une légende ! C’est d’une certaine façon le Bill Russel français. Il a collectionné les titres dans son équipe. Avec ce côté joueur et entraîneur, comme Bill Russel. Maintenant avec la domination de la NBA, c’est peut-être difficile de le placer devant Tony Parker mais c’est comme un Rigaudeau. Ce sont des monstres du Basket français et qui sont hyper importants car ils ont œuvré pour le développement du Basket en France.

alain gilles

Alain gilles balle en main (source: lequipe.fr)

Vous abordez l’évolution sociale et sociétale du basket américain dans votre liste « Poings levés ». Est-ce que d’après vous le Basket a été précurseur dans l’évolution sociale de la société américaine ou s’il l’a illustrée ?

Je ne sais pas s’il est précurseur mais en tous cas on a l’impression que très rapidement les mecs ont compris qu’ils devaient avoir un rôle d’exemple et d’image positive à porter. On le voit encore maintenant dans les prises de positions que les joueurs prennent. Plus que les joueurs, la ligue, les Clippers avec l’histoire Sterling par exemple. Ce que Stern et Silver ont fait est important. Ils fixent bien sûr leurs règles mais ils sont super malins ! A l’époque où Derrick Rose porte le tee-shirt « I can’t breathe ». Normalement un tee-shirt avec un message, c’est une amende. Adam Silver fait quoi ? Il dit « ok les gars, évitez la prolifération de messages mais je ne vais pas vous mettre une amende ». Le basket c’est un vieux sport. Au début de la NBA, il n’y avait que des blancs. Quand on voit les témoignages de Bill Russel ou Wilt Chamberlain, paix à son âme, c’est impressionnant. Ils ont connu une évolution qui aujourd’hui nous semble évidente. Je ne dis pas qu’il n’y a plus de racisme dans le sport mais je pense qu’être joueur de basket noir en 1950 c’est un autre délire ! Earl Lloyd par exemple premier joueur black en NBA (30 octobre 1950). Alors que pour nous aujourd’hui quand on pense NBA, la question ne se pose pas. Finalement pour répondre à ta question, peut-être pas précurseur mais super moteur oui ! D’ailleurs tous les ans, il y a le Martin Luther King Day. La NBA joue. C’est un message.

« Alain Gilles était le Bill Russel Français. »

Vous avez beaucoup de photos historiques dans le livre. Pour vous quelle est la photo qui représente le mieux le basket américain ?

David : Moi j’en ai une qui n’est pas dans le livre mais qui pour moi est très symbolique de la NBA. C’est la photo de la Dream Team sur le podium à Barcelone. Tu n’as pas de mot pour qualifier ça. Tu as une équipe magique avec tout le côté sportif et business. Ils viennent tous sur le podium avec un Sweat Reebok et le drapeau américain pour masquer la marque. C’est très symbolique de ce qu’est la NBA. C’est un sport avec un spectacle magnifique autour mais tu as, sans jugement de valeur, un aspect business.« 

Alex : Pour moi c’est la dernière photo du livre : Sur une seule photo, aux All-Star Game, au concours de shoots à 3 points, avec Stephen Curry sur les genoux de son père, Dell Curry. Dans le genre shooteurs à 3 points familiaux, ça ne rigole pas du tout ! A côté de lui, il y a Mitch Richmond, shooteur à 3 points bien sérieux. A côté il y a Drazen. Et derrière eux, il y a Don Nelson. Sans Don Nelson, la NBA n’en serait pas là où elle en est aujourd’hui. Les Mike D’Antoni, Les Warriors, les Suns des années 2000, ça n’existerait pas sans lui. C’est le mec du Run TMC et aussi du « We Believe ». Cette photo est vraiment hallucinante, avec trois générations de NBA. Son choix a fait l’unanimité.

dell curry

Stephen Curry, Dell Curry, Mitch Richmond, Drazen Petrovic ainsi que Don Nelson à l’arrière. (source: Nba.com)

Est-ce que l’on peut considérer votre livre comme un melting-pot de l’histoire du Basket américain ?

Oui c’est le cas. Quand l’idée nous a été soumise par SoPress, notre volonté était de mélanger les délires marrants tout en apportant un maximum d’histoires et d’anecdotes. Cela devait être abordable pour les personnes qui ne connaissent pas bien le basket mais en même temps que ceux qui connaissent s’y retrouvent aussi tout en leur apportant une plus-value. L’idée est que dans dix ans tu puisse toujours le lire.

« L’idée est que dans dix ans tu puisses toujours lire le livre. »

Est-ce qu’il vous reste des listes pour un tome 2 ?

Oui il en reste mais peut-être pas 300. On écrira peut-être un autre bouquin mais on verra… Peut-être pas sous forme de listes. Mais on va attendre un peu ! Le Basket c’est riche.

Est-ce que vous avez un mot particulier pour Basket Rétro et ses lecteurs ?

Alex : Basket Rétro c’est un site que j’aime bien parce que c’est important de raconter l’histoire du Basket. Une grosse dédicace à Patrick Parizot et une grosse dédicace à clutch23 et à tous ceux qui bossent avec eux.

David : Moi chaque fois que je fais un play-off revival, je vérifie ce qui a été fait chez Basket Rétro. Il y a toujours au moins un article et une vidéo. C’est une encyclopédie du Basket !

  • Parution : 14/02/2018
  • Prix : 19,90 €
  • Format : 195 x 250 mm
  • Co-écriture : So Press
  • Nombre de pages : 288

Propos recueillis par Hugo pour Basket Rétro

Merci à toute l’équipe Trashtalk et plus particulièrement à David et Alexandre pour leur disponibilité et leur gentillesse.

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About Hugo Pinturier (2 Articles)
Supporter de L'Asvel et des Lakers Observateur de la grande Ligue Américaine au quotidien

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