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[Portrait] – Kevin Duckworth, le meilleur perdant !

Portrait

Montage Une : Laurent Rullier pour Basket Rétro

Et pourtant, c’est la meilleure équipe de l’Histoire de Portland. Mais elle n’a jamais rien gagné ! Parmi eux, Kevin Duckworth règne en maitre dans la raquette entre 1988 et 1993. Agile, rapide, tirant main gauche et main droite, le pivot, disparu à présent, reste méconnu. Retour sur un parcours exceptionnel. 

Au printemps 1991, les Blazers affichent un bilan de 39 victoires pour 9 défaites alors que se profile le All Star Game de Charlotte dont Sir Charles Barkley sera élu MVP. A l’ouest, Portland fait alors figure d’épouvantail notamment grâce à un 5 Majeur de premier ordre et composé de Terry Porter, Clyde Drexler, Jérôme Kersey, Buck Williams et de Kevin Duckworth. Ce dernier cumule 16 points et 6.5 rebonds par match après 47 rencontres. Le match des étoiles  approche et Kevin, qui est devancé dans les votes par David Robinson, Hakeem Olajuwon et Mark Eaton, se dit qu’il va pouvoir prendre du bon temps entre chasse et pêche. Mais c’est un coude qui va envoyer « Duck » en Caroline du nord. Celui de Bill Cartwright  dans l’oeil de Hakeem Olajuwon (NB : c’est pour cette raison que le Dream portera des lunettes). Kevin Duckworth n’est pas supposé être All Star cette année là, mais il bénéficie des bons résultats de son équipe et de la fabuleuse saison de Clyde The Glyde.

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thecomplex.com

Toutefois, si vous pensez que Kevin est un bon joueur dans une grande équipe, passez votre chemin dès à présent. Notre Homme est en effet l’une des stars les plus sous estimés de la première période Michael Jordan. Deux fois All Stars (1988 et 1990), deux fois finalistes NBA (1990 et 1992), MIP (1988), n’en jetez plus la cour est pleine de récompenses.

L’ENTREE DES ARTISTES

Né comme une blague un premier avril 1964, Kevin s’en est allé d’une crise cardiaque en 2008. Et de lui, ce sont ses proches qui en parle le mieux

Je ne pense pas que les gens puissent se rendre compte à quel point il était bon ! Il était excellent offensivement et parfait pour cette équipe au regard de sa dextérité. – Rick Adelman

Je crois que nous même, nous l’avons sous estimé. Mais quand je regarde nos matchs de l’époque, je me rends compte à quel point il était dur de défendre sur lui. Il savait jouer le canard… (NDLR : Son surnom) – Jérôme Kersey

Je ne pense pas que l’on se rend compte encore aujourd’hui du talent qu’il avait. Il tirait main droite, main gauche, courait. Mais à l’époque, les grands pivots étaient si nombreux qu’on ne le voyait pas. – Terry Porter

Notre gentil géant avec un toucher de velours est un plaisantin. De ceux à qui l’on s’attache. A Portland, Kevin est le boute en train du groupe en même temps que le favori du public.

Les fans se souviendront de Kevin comme un des joueurs les plus populaires à avoir porté la tenue des Blazers. A ceux qui le connaissait, il restera comme un partenaire au cœur plus grand que la taille. – Larry Miller, le président.

Duckworth a toujours été sous estimé alors revenons un dernier instant sur la période Portland / Clyde Drexler car Kevin est le héro d’un moment magique. En 1990, Portland joue contre San Antonio un match 7 en demi finale de Conférence. Blessé au tour précédent face aux Mavs, Duckworth est absent depuis le match 1 de cette série qui l’oppose à David Robinson. Pour cette rencontre à la vie à la mort, voici l’accueil que Portland lui fait pour son accès sur le parquet :

Dans l’Oregon, la machine est en route. L’année suivante, Portland remporte 63 victoires en saison régulière mais perd en Finales de Conférence face aux Lakers de Magic. En 1992, les Blazers continuent à mener grand train à l’Ouest avec une saison à 57 victoires. En playoffs, ils explosent les Lakers, le Jazz puis les Suns avant d’aller défier les Bulls de Jordan en Finales NBA . Dans le game 1, MJ nous fait même vivre des instants de légende en rentrant, comme il le veut, des trois points comme s’il en pleuvaient. Battu par Utah la saison suivante au premier tour, Portland reconstruit et se sépare de Kevin contre le jumeau Grant, l’autre Harvey, venu de Washington ! En perdant, la carrière sportive, de Kevin prend une autre tournure. Plus jamais, il ne tutoiera les sommets.

LA NUIT DU CANARD

Ironie du sort, Duckworth est né dans l’Illinois à Harvey… Enfant, il joue au basket à Chicago et grandit aux côtés de sa maman Maxine. Son père, routier, rentre peu dans le cocon familial. Et, lorsque c’est le cas, il part pour les grands lacs, à la pêche. Parfois, Kevin est de la partie. Au collège, à Thornridge High School, il grandit beaucoup et perfectionne son shoot à une main. Un tir si particulier. Avant d’être drafté en 1986 au second tour par San Antonio, Duck sévit dans la petite fac d’EIU (Eastern Illinois University). De 1983 à 1986, jamais les Panthers ne participent à la March Madness…  Cela n’empêche pas notre pivot d’être considéré, à juste titre, comme le plus grand joueur de l’histoire de l’université. Depuis son décès, Duckworth y a d’ailleurs une nuit organisée en son honneur : la Kevin Duckworth Night. A cette occasion, des fonds qui aident un jeune basketteur à payer sa scolarité sont levés. A Eastern Illinois, KD, c’est 867 rebonds, 123 contres et plus de 1500 points en 4 saisons. Lors de son année sénior, il tourne à 19 points et 9.5 rebonds de moyenne avec un incroyable 63 % de réussite aux tirs. Pour un pivot qui joue au large, cela laisse rêveur…

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thesummitleague.org

C’est ainsi qu’il est le 6ème meilleur scoreur de l’histoire de sa fac. Il en est surtout le meilleur rebondeur et contreur. Mais il n’y a rien gagné. Enfin si, la Summit League Men’s Basketball Tournament, en 1985. C’est un tournoi de seconde zone permettant d’accéder directement à la division 1 de la NCAA pour l’année suivante.

LE PIONNIER

En 1996, Duckworth ouvre un restaurant : le Sport Café.  Retiré des parquets, il veut passer à autre chose avec sa fiancée Tala et ses deux enfants Aria et Beau. Situé à Vancouver dans le sud de l’ état du Washington, ce commerce lui permet de couper avec le sport. Proche d’un état dépressif fréquent chez les sportifs retraités, il prend beaucoup de poids et occupe son temps entre pêche et chasse. Son amour pour les grands espaces revoit le jour alors. Un temps, il dirige également une entreprise de construction dans la proche Californie du Nord. Il vendra encore des bateaux, œuvrera pour les Marines, tentera d’acheter un ranch d’élans. Incapable de couper totalement avec son ADN, le basket, il devient  ambassadeur des Blazers, son club, sa patrie. Il faut dire que la franchise est une institution dans le Nord Ouest américain et que Kevin y est considéré comme un héro. Les salles de l’équipe, le Memorial Coliseum (ensuite le Rose Garden puis le Moda Center) font Soldout de 1977 à 2005 soit 814 rencontres ! C’est un record en la matière pour le basket NBA. Pour le sport US, seuls les Boston Red Sox au Base Ball surpassent cette marque. Le nom de la franchise vient du Trail Blazing (action d’explorer). Les explorateurs créent des paths (chemins) au 19ème siècle et laissent des marques sur les arbres (blazes) (voir photo).

Comme eux, Duckworth parcoure la région. Très actif auprès des jeunes, il traverse pour sa franchise l’Oregon tel un pionnier découvre une terre inconnue. Mais, le 25 août 1998, alors qu’il rend visite à des enfants dans un hôpital, il fait une attaque cardiaque à son hôtel et n’y réchappe pas. Comme sa fac d’EIU, à sa mort, les Blazers créent une bourse commémorative pour aider un jeune pour ses études.

 » C’est grâce à la fac et en travaillant dur que je suis devenu le joueur que je suis !  » aimait répéter le joueur à la presse.

duck_jerseystripe C’est en pionnier qu’il est le premier MIP de la franchise en 1988. Suivront Zach Randolph en 2004, puis plus proche de nous CJ Mc Collum en 2016. Dix ans après sa disparition, lors du Média Day 2008, les Blazers annoncent qu’ils joueront toute l’année avec un maillot à bandeau marqué du 00 en l’honneur de Duck. Cette année là, saison rookie de Nicolas Batum, Portland échoue en playoffs 4 à 2 face à Houston au premier tour. La ville attend de revivre les grands moments du début des années 90. Elle patiente toujours…

SON PALMARES :

  • Summer League Tournament 1985.
  • Most Improve Player 1988
  • 2 sélections au All Star Game : 1988 et 1990
  • Finaliste NBA en 1990 et 1992
  • 11 saisons en NBA avec San Antonio, Portland, Washington, Milwaukee et les LA Clippers. (11,8 points / matchs).

SES HIGLIGHTS EN CARRIERE :

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About sunkiddbr (11 Articles)
Amoureux de Gozilla depuis mon plus jeune âge, je suis devenu fan des Suns ! De Sir Charles à Dan Majerle en passant par Nash, via Stoudemire pour aller jusqu'à Devin Booker : PHX a le monopole de mon coeur. Je veux du soleil !

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