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Les Bleus Olympiques • Los Angeles 1984

Après une traversée du désert longue de plus de vingt ans, les Jeux de Los Angeles doivent marquer la renaissance du basket français. Dépassé par l’organisation quasi militaire du sport du « Bloc de l’Est », très en retard sur la restructuration du basket en Europe de l’Ouest, le ballon tricolore gît dégonflé dans le rond central d’une salle obsolète. Deux décennies d’absence aux JO, aux championnats du Monde et de résultats médiocres aux Championnat d’Europe… La France a disparu de la carte du basket mondial.

LE BOUT DU TUNNEL

En 1983, les bleus réussissent leur meilleur Championnat d’Europe depuis des lustres, 5e a domicile avec deux défaites honorables, (- 4 contre les Yougoslaves, -2 contre l’Espagne) et une vilaine déculottée contre les Italiens, (-25). Mais les nouveaux talents, Richard Dacoury, Jacques Monclar, Hervé Dubuisson… font briller une lueur dans les ténèbres. Lueur qui se transforme en véritable lumière en mai 84 quand les Bleus obtiennent leur billet pour les JO lors du tournoi de qualification à Paris avec cinq nouveaux venus : Gregor Beugnot, Benkali Kaba, Jean-Luc Deganis et le jeune intérieur du Mans Stephane Ostrowski.

LES « BRAQUEURS » ? LES « EXPERTS » ?… NON, LES « TOURISTES » !

Cela commence à partir en vrille dés l’embarquement à l’aéroport. N’ayant reçu aucune instruction de leur fédération, les joueurs se pointent à Roissy en tenue bigarrée alors que tous les autres membres de la délégation française sont dans le costume officiel. Ce qui est perçu par tous comme une preuve de dilettantisme. De plus, certains, un surtout, sont déjà précédés par une solide réputation de séducteur fêtard.

« Nos entraîneurs nous avaient prévenues : Tenez vous à l’écart des basketteurs ! » Sophie Khamoun – Equipe de France de natation.

Arrivés dans la cité des anges dix jours avant la cérémonie d’ouverture, ils trouvent le temps long, s’éparpillent et n’ont que faire des directives de Jean Luent, coach esseulé et dépassé par les événements. Les joyeux drilles s’en donnent en cœur joie… mais pas sur le parquet. Car sur celui-ci, les résultats sont catastrophiques. Ça commence par deux courtes défaites contre l’Uruguay, après prolongation, et la Chine qui sont loin d’être cadors du basket mondial. Puis -15 contre l’Espagne avant d’affronter les USA de Michael Jordan, Patrick Ewing et Chris Mullin. Dacoury et les frères Beugnot sont privés de jeu comme des sales gosses, pour retard à l’entraînement. En France la presse diffuse une photo de nos bleus hilares autour d’une piscine. L’effet est désastreux, les basketteurs sont qualifiés de « touristes ». Un journaliste de télévision est poussé tout habillé dans la fameuse piscine, il en ressort furax en promettant qu’il se chargera de leur cas. Il tiend promesse et « soigne » l’image de nos Bleus à l’antenne.

« J’ai vu une équipe de basket perdre de trente points, sortir du terrain avec quelques joueurs le sourire aux lèvres, comme si c’était la conclusion d’une bonne farce. A quoi pensait-ils ceux là… à leur président qui depuis quatre ans leur avait fait confiance, à ces dizaines de milliers de basketteurs qui attendaient autre chose, ou à leur prochaines vacances ? Bien sûr, ce n’était qu’une minorité qui riait. Mais, c’est moi, cette fois qui avait envie de pleurer ! » – R. Busnel

LA LUMIÈRE EST ÉTEINTE

La suite est aussi anecdotique que pitoyable. -27 contre le Canada, – 14 contre le Brésil et enfin une victoire pour arracher la 11e place à… l’Egypte. Après 24 ans d’absence Olympique, ce retour est vécu comme une honte. Une honte car ce n’est pas le talent des joueurs qui est remis en cause, mais leur attitude. Sont-ils pourtant les seuls fautifs ? Livrés à eux-mêmes, ils n’ont pas encore intégré, et surtout n’ont pas été éduqués à un professionnalisme encore balbutiant dans la culture du basket tricolore. Jean Luent, trop seul, sans staff, abandonné par la fédération, était incapable de motivé son équipe autrement que par des mesure coercitives de moniteur de colo. La faillite de Los Angeles n’est pas uniquement celle de douze potaches, mais d’un système vieillissant qui n’a pas pris la mesure de l’évolution du sport moderne.

Info 1984

Montage Une : Laurent Rullier pour Basket Rétro

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About Laurent Rullier (62 Articles)
Le premier match de basket que j'ai vu en live était un Alsace de Bagnolet vs ASVEL. Depuis la balle orange n'a pas arrêté de rebondir dans ma p'tite tête.

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