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[Un Euro, une Nation] Nick Galis conduit la sélection Grecque au Parthénon

Eurobasket

Voilà près de 38 ans et sa médaille de bronze acquise à l’Euro de 1949, que la sélection grecque n’est pas montée sur un podium européen. L’année 1987 marque un tournant dans l’histoire des sports collectifs Grecs, avec l’organisation du 25éme championnat d’Europe et le sacre de sa plus grande génération de basketteurs.

SALONIQUE, CAPITALE GRECQUE

Alors que l’URSS assoit sa domination sur les championnats d’Europe durant les années 80, avec trois titres sur les quatre dernières éditions(79,81,85), une nouvelle génération de joueurs de talents vient contester  son hégémonie. Le Basketball européen est alors à son apogée. Derrière les géants que sont l’Espagne, l’Italie ou bien encore la Yougoslavie, la résistance s’organise avec pour tête de gondole, la Grèce. En effet, celle-ci bénéficie d’une énorme compétitivité au sein de son championnat, le panathinaïkos est enfin tombé, l’Aris Salonique de Nikos Galis et Panayolis Yannakis règne désormais en maître sur la péninsule. La sélection hellénique obtient, pour la première fois de son histoire, l’organisation du 25éme championnat d’Europe de Basketball, élément qui va marquer à jamais l’histoire des sports collectifs du pays.

EN OUTSIDER

Absente du dernier championnat d’Europe de 1985, la Grèce ne figure pas parmi les favoris de cette compétition. En effet, l’Europe est encore marquée par la demi-finale magistrale du dernier mondial qui a opposé la Yougoslavie des frères Pétrovic à l‘URSS des géants Sabonis et Tikhonenko. Derrière les deux géants de l’Est, l’Espagne du barcelonais Juan Antonio San Epifanio, l’Italie d’Antonello Riva et la Tchécoslovaquie de Stanislav Kropilak postulent pour les places d’honneur. Rarement dans son histoire, une compétition européenne avait été aussi relevée. Placée dans le groupe A en compagnie de l’URSS, de l’Espagne et de la Yougoslavie, la Grèce va devoir se battre avec l’Équipe de France d’Hervé Dubuisson et la Roumanie du pivot Constantin Popa pour décrocher la quatrième place qualificative.

{57912747-5BA4-441A-8E94-0F57068C76A8}large_vLe 03 juin 1987, dans l’antre de l’Olympiacos, la sélection grecque débute son tournoi par une victoire face à la Roumanie, grâce notamment aux 44 points (10/11 aux tirs) de Galis. La suite de la compétition est prometteuse pour les hommes de Yannis Ioannidis. Rigoureux en défense et disposant d’un jeu en transition en tout point remarquable, ils parviennent à faire douter les cadors de cette compétition que sont la Yougoslavie (84-78), l’Espagne (106-89) et l’URSS (69-66)]. Nikos Galis éclabousse la compétition de son talent, avec une moyenne de 37 points par match, une adresse aux tirs supérieurs à 90%, il permet à son équipe d’être encore en course pour la qualification en quart de finale, dans un match couperet les opposants à la France.

La triplette tricolore composée de Richard Dacoury, Stéphane Ostrowski et Hervé Duibuisson posent beaucoup de problèmes à la formation hellénique, les deux équipes se retrouvent logiquement à égalité à la mi-temps ( 38-38). Cependant, la ligne arrière grecque parvient à faire la différence en deuxième mi-temps, s’appuyant une nouvelle fois sur l’adresse exceptionnelle de Galis (34 points), héros national. Pour la première fois depuis sa médaille de bronze au championnat d’Europe organisé au Caire, en 1949, la Grèce atteint les quarts de finale de la compétition où elle retrouvera l’Italie, troisième de la dernière édition.

« NOTRE FORCE, C’EST L’AMOUR DU PEUPLE »

peuple grecInvaincue durant la phase de poules avec notamment des larges victoires sur la Pologne (99-85) et la Tchécoslovaquie (90-66), la sélection italienne est logiquement favorite de la rencontre. Néanmoins, tout le peuple grec attend la confrontation entre Riva et Galis et c’est en nombre qu’ils prennent place, le 10 juin 1987, dans l’antre du Pirée. L’atmosphère est insoutenable pour les hommes du maître Valerio Bianchini. Tout de blanc vêtu, le peuple grec pousse, hurle et chante sur chaque action. Transcendé par cette preuve d’amour, le duo Galis-Yannakis (60 points) pulvérise la défense italienne et malgré un étincelant Riva (23 points), la grande Italie s’incline.

Les Grecs retrouveront la montagne yougoslave en demi-finale. Inexpérimentée à ce stade de la compétition, l’équipe grecque légèrement déstabilisée par l’enjeu commet beaucoup trop de fautes pour inquiéter la Yougoslavie. Le secteur intérieur slave(Paspalj, Divac) neutralise parfaitement le pivot grec Fasoulas. Avec 10 points d’avance à la mi-temps, la Yougoslavie pense avoir réussi le plus dur, et entrevoit l’espoir de défier l’URSS, pour la revanche du dernier mondial. Laissant leur agressivité au vestiaire, les hommes de Kresimir Cosic perdent pied devant les estocades portées par le magnifique Nikos Galis. Insolent de réussite, il se libère avec une aisance remarquable du marquage de Drazen Petrovic et permet à la Grèce de passer devant au score. Le vent tourne au stade de la paie et de l’amitié, la Grèce poussée par un public entièrement voué à sa cause, dominent pour la première fois la Yougoslavie au rebond et la pousse à la faute. L’ailier Théofanis Christodoulou, discret durant la compétition, sort de sa boîte (18 points) et contribue parfaitement à la chute du colosse yougoslave (81-77).  Le peuple grec exulte, leur équipe atteint pour la première fois de son histoire la finale du championnat d’Europe.

titre grec

POUR L’ÉTERNITÉ

Il arrive parfois (rarement), dans le sport comme dans la vie, que la réalité dépasse la fiction. Que l’amour de tout un peuple, transforme et transcende des hommes afin de les rendre invincibles. Dans ce qui est peut-être la plus belle finale de l’histoire des championnats d’Europe de Basketball, la Grèce du légendaire Yannis Ioannidis remporta son duel face à l’Armée rouge d’Aleksandr Gomelski sur le score de 103-101, devenant par la même occasion la première équipe collective hellénique à remporter un titre international. Il m’est impossible en quelques phrases de vous décrire l’impact, tant sur un plan social que sportif de cette finale sur ces deux nations. Je vous invite donc, Chers Lecteurs de Basket rétro, à contempler ce moment d’histoire.

RÉSULTATS DU TOURNOI

Quarts de finale

Demi-finales

Finale

FINALE DE L’EURO 87 : GRECE VS URSS

Montage Une : Laurent Rullier

Crédits photo : FIBA Europe

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Rédacteur Basket rétro, @Belile81

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