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[Dossier] La sombre année du lockout en 1998-1999

Dossier

La saison 1998-1999, souvenir douloureux pour la NBA, les joueurs, tous les acteurs qui travaillent pour les franchises et les fans. Une histoire de dollars comme quoi le gâteau n’est pas partagé équitablement. Pour la première fois de son histoire, la NBA va connaître la rébellion de ses ouailles au détriment du sport et de la fidélité de son large public. Récit d’un parcours chaotique.

Pour être tout à fait exact, il s’agit là du 3ème lockout dans l’histoire de la NBA. En 1995, nous étions déjà pas loin d’une crise, heureusement stoppée au bout de 3 mois et aucun problème pour le lancement de la saison début novembre. La saison suivante, les négociations n’ont duré que quelques heures. Dans l’histoire du sport professionnel aux États-Unis, seule la NHL (hockey) avait du se résoudre à annuler totalement la saison, c’était en 2004/2005. La saison 1997/1998 se déroule tranquillement et les Bulls remportent leur 6ème titre à Utah le 6 juin 1998. 3 semaines plus tard, la guerre peut commencer.

LES PRÉMICES DU LOCKOUT

NBA LockoutBien avant l’affaire Tim Donaghy et le boxon au Palace d’Auburn Hills en 2004, David Stern avait déjà eu un sacré dossier à résoudre en 1998. Devant faire face à une montée en flèche des salaires, le boss de la NBA avait du dire stop. 1er octobre 1997, une date historique. Kevin Garnett, tout jeune all-star qui va entamer la 3ème année de sa carrière, signe à 21 ans le contrat le plus mirobolant de l’histoire de la NBA, 126 millions de $ sur 6 ans. La coupe est pleine pour David Stern qui tire la sonnette d’alarme devant une telle inflation des salaires depuis quelques années. Larry Johnson, Glenn Robinson, Shaquille O’Neal ont tous fait monter les enchères au cours des années 90, le pauvre KG encore naïf obtient certes un sacré compte en banque, mais une mauvaise réputation à cause d’un agent très gourmand. Bien que Stern n’a jamais officiellement déclaré que le joueur des Timberwolves soit la cause principale de la future grève, personne n’est dupe, il a eu indirectement une part de responsabilité. Les joueurs rappellent que personne ne force les dirigeants à craquer autant leur PEL pour signer des contrats en or. David Stern et son entourage ciblent les agents influents comme David Falk (Michael Jordan) et Eric Fleisher (Kevin Garnett). Dans les rumeurs qui circulent un peu partout, plusieurs franchises seraient même en déficit ou à la limite.

« Si les franchises sont réellement en difficulté financière, laissez-nous voir les livres de comptes. On sera fixés sur la vérité. » M.Jordan

La NBA, les proprios des franchises d’un côté, les joueurs et leur syndicat de l’autre. David Stern veut désormais limiter les salaires par année et chacun veut sa part du gâteau. Les joueurs réclament 15 millions, la NBA n’en propose « que » 12,25 et comme si ça ne suffisait pas, les revenus annuels de la ligue sont également disputés, près de deux milliards de dollars. Les propriétaires veulent instaurer un « hard cap », pour éviter les abus et veulent supprimer la « Larry Bird Exception », cette fameuse règle qui permet aux dirigeants de resigner un joueur à n’importe quel prix, même au-dessus du salary-cap. Ils souhaitent également rallonger les contrats rookie de deux à cinq ans. Les joueurs n’ont pas l’intention de céder. Si les contrats rookies ne semblent pas poser de problème, ils ne comptent pas tirer un trait sur la Bird exception. Parmi leurs revendications, le syndicat des joueurs n’est pas contre le hard cap, mais en conséquence, il faut une augmentation  du salary-cap et permettre une inflation des salaires, dont ceux réservés aux vétérans qui ne touchent que le minimum. Plus le joueur a effectué de saisons en NBA, plus le salaire doit évolué.   Le lockout devient officiel le 1er juillet 1998, date à laquelle on a l’habitude de rester aux aguets avec l’ouverture du marché des Free Agents. Aucun camp ne veut céder, la saison NBA est menacée. Les premiers dégâts commencent dès l’été avec la sélection américaine pour les championnats du monde en Grèce, Team USA ne peut compter sur les joueurs NBA et se voit obligé d’envoyer une escouade de seconde zone, avec à l’époque Wendell Alexis, très bon joueur de l’Alba Berlin et un certain Brad Miller, encore inconnu des scouts US.

Tout le monde se retrouve autour de la table de négociations le 6 août. Les joueurs commencent à sortir leurs arguments et à peine arrivés, David Stern et les siens quittent les lieux sans dire le moindre mot. Présents sur les lieux à ce moment-là, Karl Malone et Alonzo Mourning étaient révoltés du manque de respect de leurs patrons en allant même un peu trop loin dans leurs propos, jusqu’à parler de racisme car les 29 propriétaires sont blancs . Le lockout ne fait pas seulement du tort à la ligue en elle-même, mais également à la presse. Américaine comme internationale, plusieurs magazines spécialisés NBA disparaissent des stocks à cause d’une actualité zéro. En France, Mondial Basket devient presque un bimensuel, et 5 majeur tombe en ruines pour plus d’un an. Les chaînes de télévision sous contrat avec la NBA continuent de payer des sommes monstrueuses alors qu’ils n’ont rien à diffuser hormis des anciens matchs. Les restaurants, bars et marchands de hot-dogs voient leur chiffre d’affaires dégringoler. Des employés sont carrément mis à pied, sans toucher le moindre sou. Les grandes marques comme Coca Cola ou Sprite perdent aussi beaucoup d’argent et les boutiques spécialisés dans les articles NBA (maillots, goodies etc…) sont dans la panade, 50% de baisse dans les commandes! Certaines salles sont transformés en entrepôt. Au Madison Square Garden, des casiers de joueurs servent à ranger les seaux et serpillères. Le Delta Center du Jazz est resté dans le noir depuis des mois, totalement désert. L’enceinte d’Utah n’est utilisé que par son équipe NBA vu qu’il n’y a aucun autre sport majeur dans la région. Certains fans en deviennent barjes en allant rayer les belles bagnoles d’Alonzo Mourning ou cramé une Mercedes de Tim Hardaway.

Le 24 septembre, la ligue annonce l’annulation de 24 matchs d’exhibition et quelques jours plus tard, la totalité de la présaison passe à la trappe. Au 28 octobre, plusieurs heures de négociation et alors qu’on dépasse minuit, les portes s’ouvrent sans le moindre accord. Les premiers matchs sont d’or et déjà supprimés. Nos arrivons à début et fin novembre pour 2 nouvelles réunions. La première dure 90 minutes, la seconde plus de 13 heures, pour le même résultat, le néant. Les mois passent et toujours rien en vue, l’image des joueurs en prend un sacré coup, jadis des superstars, voir des demi-dieux pour les plus fanatiques, ils se transforment en mercenaires obsédé par l’argent.

Lockout - David Stern - Billy HunterDavid Stern communique un ultimatum, si aucun accord n’est signé le 19 janvier 1999, la saison sera purement et simplement annulée. Le commissionner menace même de faire la saison suivante avec des joueurs « hors NBA ». De leur côté, les joueurs parlent d’une possible nouvelle ligue financée par CBS ou la Fox! Le 6 janvier , Billy Hunter (représentant du syndicat des joueurs) et David Stern se font une poignée de mains, un accord a été trouvé. Il sera officiellement signé le 18 janvier, soit la veille de la suppression. Les fans peuvent enfin souffler, la NBA reprend le 5 février pour un calendrier infernal. 50 matchs, jusqu’à 4 matchs en 5 jours, un véritable marathon pour les joueurs, d’autant plus que beaucoup se sont laissés aller pour arriver hors de forme à l’entame des hostilités comme Shawn Kemp, Vin Baker ou encore Isaac Austin. Charles Barkley ne manque pas l’occasion de dire sa façon de penser:

« Je ne peux pas jouer 3 soirs de suite, je ne peux même pas baiser 3 nuits d’affilée! »

Cependant, tout n’a pas été si rose dans cette affaire. Le bilan est plutôt lourd.

« Personne n’a gagné quoi que ce soit, rien n’a vraiment été amélioré, on a perdu 3 mois de la saison, le All-Star Game, nos salaires, écoeuré les fans et les dommages risquent d’être très importants. » C.Barkley

– Entre les 400 joueurs cumulés, près de 500 millions de $ de pertes sur leurs revenus. 204 jours de grève, 464 matchs à la poubelle avec une perte colossale d’un milliard de dollars pour les propriétaires.

– Les audiences TV chutent sur toutes les chaines de TV qui retransmettent la NBA. Même chose dans les salles où les sièges vides se multiplient, à l’exception par exemple des Bulls qui restent à guichets fermés. Il faudra plusieurs années avant que la NBA retrouve ses standards.

  • Près de 45 000 personnes ont répondu à un sondage sur la reprise de la saison. 77% avaient voté qu’ils n’en avaient rien à faire.
  • Marty Anderson, employé dans une radio de Portland, avait passé 65 jours perché dans un panneau publicitaire où c’était affiché SAVE OUR SEASON.

– Le All Star Game annulé, une première. Prévu initialement le 14 février 1999 à Philadelphia, la NBA redonne l’organisation de l’évènement en 2002 à la franchise de Pennsylvanie en guise de compensation.

Kenny Anderson, l’ancien joueur des Nets et à ce moment-là, meneur titulaire à Boston déclare maladroitement qu’il doit vendre une de ses voitures à cause du montant des assurances. Il est vrai qu’avec 8 véhicules à son nom, dont une Lexus, une Porsche Carrera ou un Range Rover personnalisé, on ne peut que le plaindre. D’autant plus qu’il ajoute que ses enfants sont de véritables paniers percés. Ou comment banaliser l’argent en quelques mots et passer pour un crevard.

– Les détails de l’accord signé le 18 janvier 1999 concernent surtout les salaires sur l’ancienneté. Pour un joueur qui a au moins 10 ans d’expérience en NBA, le plus haut salaire ne pourra excéder 14 millions de dollars annuels. Le salaire moyen d’un joueur NBA est de 2,6 millions de $, soit presque 3 fois plus qu’en NFL ou 2 fois plus qu’en MLB (baseball). La luxury tax entre en vigueur, c’est à dire qu’une équipe dépassant le salary-cap (30 millions négocié en 1999), même 1 dollar au-dessus, sera taxé.

– Un évènement d’ampleur mondial s’ajoute au lockout, même si c’était attendu. Michael Jordan fait une conférence de presse le 13 janvier 1999 pour annoncer sa retraite. Un nouveau coup dur pour David Stern et ses sbires.

– Plusieurs franchises vont jouer leur dernière saison dans leurs salles respectives. On pense évidemment aux Lakers qui feront un adieu au mythique Great Western Forum, aux Pacers au Market Square Arena, à l’immense Georgia Dome des Hawks, au McNichols Arena de Denver et au L.A Sports Arena des Clippers.

– Depuis 1985, les Bulls n’avaient plus manqué les playoffs. Avoir Jordan et consorts, ça aide. Le départ des cadres est catastrophique et Chicago plonge dans les méandres du classement.

– Aucune équipe ne tourne à 100 points de moyenne en attaque, une première (depuis 1955 et l’instauration de l’horloge des 24 secondes) et une preuve irréfutable du niveau de jeu en berne en 1999 après 6 mois d’inactivité.

– Le 13 novembre 1998 marque le décès du légendaire coach des Knicks, Red Holzman (78 ans). Entraineur à New-York de 1967 à 1982, il est le seul coach à avoir ramené 2 titres à Big Apple, en 1970 et 1973. Intronisé au Hall of Fame en 1985, nommé dans les 10 plus grands coachs de l’histoire de la NBA. Les Knicks avaient d’ailleurs retiré un maillot floqué du numéro 613, comme le nombre de victoires qu’il a apporté à la franchise.

CENTRAL DIVISION

1) Indiana Pacers : 33 V – 17 D (Home: 18-7 , Road: 15-10)
2) Atlanta Hawks : 31 V – 19 D (Home: 16-9 , Road: 15-10)
3) Detroit Pistons : 29 V – 21 D (Home: 17-8 , Road: 12-13)
4) Milwaukee Bucks : 28 V 22 D (Home: 17-8 , Road: 11-14)
5) Charlotte Hornets : 26 V 24 D (Home: 16-9 , Road: 10-15)
6) Toronto Raptors : 23 V 27 D (Home: 14-11 , Road: 9-16)
7) Cleveland Cavaliers : 22 V 28 D (Home: 15-10 , Road: 7-18)
8) Chicago Bulls : 13 V 37 D (Home: 8-17 , Road: 5-20)

Avec la retraite de Michael Jordan et le départ des cadres, Chicago n’entamait pas la saison dans un statut de « playoffable » pour la première fois depuis la draft du célèbre n°23. Dans la division centrale, Indiana se dégage assez facilement comme le digne représentant de la conférence Est pour la finale avec Reggie Miller, Rik Smits, Chris Mullin sous la tutelle de Larry Bird. Atlanta n’a presque rien changé à son effectif, Detroit doit se racheter après une saison 1998 ratée, Milwaukee se paye le big three et un nouveau coach, Charlotte reconstruit, Toronto part dans l’inconnu et Cleveland veut continuer sur sa lancée. Surprises et déceptions à l’arrivée!

ATLANTIC DIVISION

1) Miami Heat : 33 V – 17 D (Home: 18-7 , Road: 15-10)
2) Orlando Magic : 33 V – 17 D (Home: 21-4 , Road: 12-13)
3) Philadelphia 76ers : 28 V – 22 D (Home: 17-8 , Road: 11-14)
4) New York Knicks : 27 V 23 D (Home: 19-6 , Road: 8-17)
5) Boston Celtics : 19 V 31 D (Home: 10-15 , Road: 9-16)
6) Washington Wizards : 18 V 32 D (Home: 13-12 , Road: 5-20)
7) New Jersey Nets : 16 V 34 D (Home: 12-13 , Road: 4-21)

Les Nets coulent avec les blessures, Mitch Richmond à Washington ne fait pas oublier C-Webb. Une nouvelle pépite à Boston, Paul Pierce, donne de l’espoir pour le futur des Celtics. Les 76ers réalisent une saison positive, on n’avait plus vu ça depuis 1991. Derby de Floride pour s’adjuger la place de leader de la division. Orlando craque en fin de saison et Miami empoche la mise, le cadeau empoisonné par excellence, se farcir les Knicks au premier tour. New York connaît une saison décevante, Starks et Oakley transférés, le paria Sprewell et le fragile Camby en retour, des playoffs fous!

PACIFIC DIVISION

1) Portland Trail Blazers : 35 V – 15 D (Home: 22-3 , Road: 13-12)
2) Los Angeles Lakers : 31 V – 19 D (Home: 18-7 , Road: 13-12)
3) Sacramento Kings : 27 V – 23 D (Home: 16-9 , Road: 11-14)
4) Phoenix Suns : 27 V 23 D (Home: 15-10 , Road: 12-13)
5) Seattle SuperSonics : 25 V 25 D (Home: 17-8 , Road: 8-17)
6) Golden State Warriors : 21 V 29 D (Home: 13-12 , Road: 8-17)
7) Los Angeles Clippers : 9 V 41 D (Home: 6-19 , Road: 3-22)

La grande sensation de la saison, Portland qui joue enfin sérieusement au basket! Les Lakers cherchent à faire une équipe de all-stars avec Glen Rice et Dennis Rodman! Retour sur le devant de la scène des Kings, intersaison au top avec Chris Webber et Vlade Divac, showtime avec White Chocolate. Le remplacement d’Antonio McDyess par Tom Gugliotta n’a pas été un franc succès à Phoenix. Seattle sur le déclin, Payton tient l’équipe à bout de bras et le pauvre Baker vide les pintes. L’étrangleur parti, John Starks en mentor, Antawn Jamison comme rookie prometteur, l’espoir renaît à Oakland. Les Clippers continuent d’être la risée de la ligue…

MIDWEST DIVISION

1) San Antonio Spurs : 37 V – 13 D (Home: 21-4 , Road: 16-9)
2) Utah Jazz : 37 V – 13 D (Home: 22-3 , Road: 15-10)
3) Houston Rockets : 31 V – 19 D (Home: 19-6 , Road: 12-13)
4) Minnesota Timberwolves : 25 V 25 D (Home: 18-7 , Road: 7-18)
5) Dallas Mavericks : 19 V 31 D (Home: 15-10 , Road: 4-21)
6) Denver Nuggets : 14 V 36 D (Home: 12-13 , Road: 2-23)
7) Vancouver Grizzlies : 8 V 42 D (Home: 7-18 , Road: 1-24)

Grizzlies et Clippers, même combat, même objectif, trophée de boulets. A Denver, à défaut de gagner, on fait le spectacle entre Antonio Mc Dyess et Nick Van Exel. Dallas assure à domicile et sature à l’extérieur, les débuts d’un futur géant, Dirk Nowitzki. Kevin Garnett a bien failli manquer le wagon des playoffs, que ce fut laborieux. Scottie Pippen rejoint Houston aux cotés d’Hakeem Olajuwon et Charles Barkley, la dernière chance d’une bague de Sir Charles. Utah confirme son statut de favori, mais… se fait doubler in extremis par les Spurs où la redoutable doublette DuncanRobinson fait des ravages.

Basket Rétro va donc vous concocter un programme simple et complet, un véritable guide/recap de la saison complète, équipe par équipe, les transferts, les rookies, des stats, des anecdotes. Chaque semaine, une franchise passe au crible pour le meilleur et pour le pire, sans langue de bois. Vous pouvez retrouver la partie des Bulls ici. La division centrale sera la première à être analysée, puis nous ferons une traversée dans la division Pacific, revenir à l’Atlantic pour terminer par la Midwest, la plus forte. On vous souhaite une bonne lecture et un été rayonnant!

NBC LOCKOUT PREVIEW

LA REPRISE DE LA NBA EN FÉVRIER 1999

LE MEILLEUR DE L’ANNÉE

Crédits photo : NBAE

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About Anthony "Pred" Saliou (413 Articles)
Fan de MJ, d'Hakeem, Bird et Sir Charles notamment, déteste les Sonics et le Thunder, peu d'amour pour les Lakers, mais adore par-dessus tout le basket "tough". A passé plus de 10 ans sur la toile basket à débattre et râler comme tout vieux qui se respecte.

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