Breaking News

ITW Emmeline Ndongue – Part 1 : « Jamais je me suis dit que j’allais devenir basketteuse »

Interview

Le 26 février dernier, Emmeline Ndongue, médaillée olympique avec l’équipe de France aux Jeux Olympiques de Londres en 2012, a gentiment accepté de répondre aux questions de Basket Rétro. Découvrez ainsi la première partie de cet entretien à travers lequel elle revient sur sa découverte du basket, son passage à Bourges, celui aux Sparks de Los Angeles et en équipe de France.

Basket Rétro : Comment avez-vous découvert le basket ? Qu’est ce qui vous a donné envie de faire une carrière professionnelle ?

Emmeline Ndongue : Ma mère m’y a inscrit avec mes frères et sœurs. Moi je devais avoir 5 ans. J’ai un grand frère et une grande sœur qui ont deux ans de plus que moi. Et j’ai deux petites sœurs qui ont deux et huit ans de moins que moi. Ma mère nous a donc tous inscrits au basket.

Emmeline N'Dongue avec la médaille d'argent aux JO 2012 (c) AFP

Emmeline Ndongue avec la médaille d’argent aux JO 2012 (c) AFP

BR : Vous avez gagné beaucoup de titres que ce soit en club ou en Equipe de France, reçu plusieurs distinctions personnelles. J’imagine que c’est difficile d’en sortir un mais quels sont les souvenirs marquants que vous retenez de votre carrière de basketteuse ?

END : Ouai c’est compliqué (rires). C’est une question que je déteste. Chaque titre a son histoire. La médaille d’argent aux JO de Londres est extraordinaire. C’est le plus beau. Je pense qu’en termes de qualité, c’est le top du top. La médaille d’or aux Championnats d’Europe 2009 est la plus belle aussi car c’est toute une aventure entre nanas. On était en reconstruction. On était un vrai groupe solidaire. On n’a pas vu ce qu’il nous arrivait. Du coup, la surprise a été encore plus intense, plus grande. C’était génial. Ce titre à l’Euro est le recommencement de tout en fait.

BR : Vous avez joué aux Etats-Unis aux Los Angeles Sparks. Comment s’est présentée cette offre ? Aviez-vous reçu d’autres offres d’équipes américaines ?

END : Non il y avait pas d’autres offres. C’est Lisa Leslie qui m’a rencontré. J’étais en finale de l’Eurocoupe avec Aix-en-Provence. On jouait face au Spartak Moscou (ndlr : en 2006). J’ai fait deux gros matchs de finale. Joueuse de Moscou, Lisa Leslie est venue me parler pour me demander si j’étais intéressé d’aller jouer en WNBA. Je lui ai répondu « Oui effectivement, ça peut-être intéressant » sans penser qu’il y aurait quoi que ce soit derrière. Sauf que deux jours plus tard je crois, Penny Toler, la General Manager des Los Angeles Sparks m’appelle afin de mettre les choses en place et que je puisse débarquer en Californie. A partir de là, j’ai dû prendre un avion. Il fallait ça pour finaliser les papiers. Je partais sans avoir fait une démarche quelconque pour y aller. Et pourtant, ça m’est tombé dans les bras.

BR : Vous avez joué en France, aux Etats-Unis. Pouvez-vous nous parler de la différence de culture basket entre ces deux pays (les entraînements, le style et niveau de jeu, l’ambiance dans les salles, les supporters) ? Que retenez-vous de cette expérience outre-Atlantique ?

END : Ça n’a rien à voir. Au niveau de la prise en charge des joueuses pour l’entraînement, c’est extraordinaire. Quand j’arrivais à l’entraînement je n’avais à m’occuper de rien. Mes chaussures, je les laissais de toute manière à la salle. Toutes les affaires que j’utilisais à l’entraînement, je les laissais à la salle car c’est les gens du club qui s’en occupent pour tout laver afin qu’elles soient prêtes à l’entraînement suivant. Je m’occupais réellement de rien. Ça se fait chez les gars. En Ligue féminine, c’est pas le cas. Aux Etats-Unis, on a qu’à s’occuper du basket.

Ensuite, il devait avoir un coach et trois assistants il me semble. C’est le professionnalisme poussé à son maximum. On essaie de mettre la joueuse dans les meilleures conditions pour qu’elle exerce son métier et ait les meilleurs résultats possibles. Il y avait un préparateur physique, deux assistants dont un qui s’occupe des intérieurs et l’autre des extérieurs. Il y avait le coach, deux kinés. C’était une organisation vraiment nickel.

Au niveau des matchs, je dirais que le bémol est qu’on joue dans les salles des gars. Donc la salle est un peu grande pour le public. Par contre, l’ambiance, c’est un vrai spectacle. C’est sur le même principe que la NBA. Il y a des shows, des caméras qui se dirigent vers le public où on voit les gens s’embrasser. C’est génial. C’est le show à l’américaine tout simplement. Pour le reproduire en France, c’est un peu compliqué.

BR : Quant aux entraînements, vous avez senti des différences j’imagine également.

END : C’est particulier. Comme je n’ai pas fait la pré-saison, je sais que les joueuses des Sparks ont trimé : soit tu restes debout sinon tu seras pas prise dans l’équipe. Je sais que c’est vraiment compliqué pour les joueuses en pré-saison. Pendant la saison, y a des fois 3-4 matchs par semaine. Du coup, les entraînements sont plus synonymes de l’entretien. On fait donc des séries de back-to-back. On n’a pas le temps de s’entraîner si ce n’est que faire un peu de shoot. Avant les matchs, je crois qu’on devait être là 3 heures avant il me semble pour se préparer, se strapper. Il y avait une première session de shoots puis des étirements, un briefing, une deuxième session d’échauffement qu’avec des intérieures. Ensuite, on s’échauffait tous ensemble. Il y a tout un cérémonial.

Et ça je pense que c’est comme ça dans tous les clubs WNBA alors que nous en France, il faut être là une heure avant le match. On fait un peu ce qu’on veut jusqu’à l’heure du briefing qui se déroule ¾ d’heure avant le match. Au niveau des entraînements, j’avoue que je n’en ai pas fait des masses. Je suis pas resté toute la saison. Il y en avait pas beaucoup comparé aux matchs.

BR : Qu’en est-il du niveau de jeu, sur le peu de minutes que vous avez pu jouer ?

END : De toute manière, ce sont des filles qui sont bien plus athlétiques que nous en règle générale. Le niveau de jeu dépendra toujours de l’entraîneur. S’il met des trucs bien en place, le niveau de jeu sera intéressant. Sinon ça sera que des filles qui courent vite et shootent de loin. Quand c’est désorganisé, c’est pas très joli à voir. Y a eu de tout à ce niveau-là. C’est un jeu qui est plus individualiste que celui qu’on peut pratiquer en France. Ce qui fait que ça m’a moins plu. Une fois de plus, ça dépend du coach. Individuellement, les filles sont au dessus.

Logo des Los Angeles SparksBR : Vous n’avez pas beaucoup joué à Los Angeles. Malgré tout, retenez-vous du positif durant ces quelques mois passés aux Sparks ?

END : Je dirais pas beaucoup de positif. Par contre, ça a été une très bonne expérience. C’est quelque chose qui s’est présenté à un moment donné. J’aurais été idiote de refuser cela. Je l’ai pas abordé de la meilleure des façons. Si j’y avais été en faisant réellement ma place, de travailler comme une cinglé, la donne aurait changé. A la base, c’est un jeu qui me correspondait pas. Je me disais que ça risque de ne pas marcher. Quand on part dans cette optique là, forcément c’est plus compliqué pour s’imposer. Même si je suis pas sûr que j’aurais réussi à m’imposer. Au final, ce sont quand même des bons souvenirs. J’ai découvert le basket d’une façon différente, une autre culture, une façon de fonctionner qui était totalement différente et intéressante. Pour moi, l’expérience reste positive. Après mon engagement n’était pas suffisant.

BR : Était-ce compliqué de basculer du jeu européen, français à celui américain ?

END : Ça été compliqué car la façon de défendre n’est pas la même. La façon de se positionner n’est pas la même. Le coté individualiste du jeu fait que c’était compliqué pour moi. C’était un des freins à mon adaptation. Moi j’aime défendre. Je ne pouvais pas défendre de la même façon en WNBA qu’en France. Il y avait une façon de se placer qui ne m’allait pas. Et je me faisais rapidement siffler des fautes. C’est compliqué de changer tout ça. Je me suis pas très bien adapté je pense.

Ses meilleurs souvenirs en carrière ? « Chaque titre a son histoire. La médaille d’argent aux JO de Londres est extraordinaire. C’est le plus beau. La médaille d’or aux Championnats d’Europe 2009 est la plus belle aussi car c’est toute une aventure entre nanas. On était en reconstruction. On était un vrai groupe solidaire. On n’a pas vu ce qu’il nous arrivait. Du coup, la surprise a été encore plus intense, plus grande. C’était génial. Ce titre à l’Euro est le recommencement de tout en fait ».

BR : J’en viens désormais à votre carrière en France. Vous avez été formé à Bourges. Vous êtes arrivé en 2000. Comment êtes-vous repéré par Bourges ?

END : Je suis arrivé en 1999. Sur un tournoi interzone en 1997, il y avait Olivier Hirsch qui était à ce moment-là le coach des espoirs de Bourges. Il me voit jouer et m’explique que j’ai un potentiel, que ça serait intéressant que je vienne à Bourges pour rentrer dans le centre de formation, qu’il y aurait deux entraînements par jour, qu’il y aurait un championnat propre à mon niveau. Je dis «  oui d’accord bien sûr ». Je rentre à la maison et je me rends compte que je ne veux pas de ça car j’étais tranquille dans ma petite équipe de Nevers où je jouais certes surclassé mais j’étais avec mes copines à un entraînement par semaine voire deux. Ça m’allait bien. Donc de passer à deux entraînements par semaine à deux par jour, c’était un petit peu violent pour moi.

Parallèlement à cela, je rentre en sport-études à Chalon Sur Saône avec des filles que je connaissais et qui étaient en sélection avec moi avec un entraînement par jour. Ça m’a servi d’adaptation avant d’aller à Bourges. Je me dis un entraînement par jour, j’y arrive. Donc je retéléphone au club de Bourges, pour leur dire s’ils sont toujours intéressés.  Ils m’ont dit de venir à une journée de détection. J’y étais et a priori je leur ai plu.

BR : Vous avez passé pratiquement la totalité de votre carrière à Bourges. Se dit-on qu’on va rester autant de temps dans ce club mythique ?

END : J’habitais à une heure de Bourges à peu près. J’ai une culture basket tellement développée que je ne savais  pas que le club de Bourges était mythique et encore moins qu’il était champion d’Europe. Je pars là-bas sans savoir où je mets les pieds. Je me dis juste que c’est un centre de formation de basket. Je vais voir ce que je peux faire. Je continue à jouer. Je m’amuse le tout en continuant mes études. C’était le plus important. Voilà l’état d’esprit dans lequel je vais à Bourges. Un, jamais je me dis que je vais devenir basketteuse professionnelle et de deux que je vais rester aussi longtemps à Bourges. Il n’y avait pas de plan de carrière. En gros, je ne savais pas où je mettais les pieds. Une fois de plus, je me dis j’y vais, je vais voir ce que ça donne. Si je m’éclate, tant mieux. Puis si je m’amuse plus, tant pis, au moins j’aurais fait mes études. De toute manière, le plus important c’était de pouvoir continuer mes études tout en restant au centre de formation. Au pire, si ça me plaisait pas, j’avais mon bac, mon DEUG et je pouvais retrouver une vie normale.

BR : Quel souvenir gardez-vous de votre passage à Bourges ?

END : Il y en a plein. Des bons comme des moins bons. Pour le côté positif, je garde l’état d’esprit des filles. Je peux pas savoir si ailleurs c’était pareil. Mais il doit y avoir une année où j’ai pas senti réellement un vrai groupe prêt à travailler et tout le monde dans le même sens. Sinon, on sait pourquoi on est là. On fait tout pour y arriver. On se préoccupe vraiment du bien-être des coéquipières. C’est un peu comme dans une famille. C’est aussi ce qui m’a fait envie de rester longtemps dans ce club. Avec les filles, le fait qu’il n’y ait pas beaucoup de rotations de joueuses, fait que quand on est bien dans un groupe, on s’y sent vraiment bien. Et s’il bouge pas, on a tendance à vouloir y rester.

Ce qu’il y a de plus négatif, ce sont les blessures des joueuses. Puis il y a aussi je dirais pas un manque de considération. Mais quand on tutoie l’excellence, les gens se rendent pas compte à quel point c’est compliqué de rester au plus haut niveau. Gagner le championnat pour eux, c’est normal. Gagner une coupe de France, c’est normal. Peu importe, s’il y a des blessés, on peut y arriver quand même. On est là pour ça. Et c’est le club de Bourges. Moi j’ai eu un peu de mal sur les dernières années car parfois on n’a pas toujours été mise dans les meilleures conditions. Et qu’on ne peut pas trop ouvrir les yeux sur l’état des lieux.

BR : Comment expliquez-vous que le club soit si régulier au moment où vous y étiez car vous avez gagné beaucoup de trophées ?

END : C’est à la fois un très bon entraîneur et un groupe de meilleures joueuses de France avec lesquelles on greffe de très bonnes joueuses étrangères. C’était un leitmotiv je dirais pour trouver les joueuses étrangères qui étaient pas là pour faire leurs stats. Mais pour se montrer à l’intérieur d’un groupe et pas individuellement. On a eu des superbes joueuses comme Belinda Snell, Evanthia Maltsi, Sonj Kireta, Laia Palau, Bernadette N’Goyisa. Ce sont des joueuses qui ont su se fondre dans le projet collectif car l’entraineur leur avait bien expliqué que c’était comme ça que ça fonctionnait et pas autrement. Quand les joueuses arrivent à Bourges, c’est à elles de se fondre au moule et pas l’inverse et à leur personnalité.

Ce qui fait aussi la force de ce club, de cette équipe, c’est que les objectifs restent les mêmes. Du coup, quand on arrive à Bourges, il faut se rappeler ces objectifs-là. Il faut donc aller dans le même sens de l’entraîneur, des coéquipières qui sont déjà présentes. La base de l’équipe change très peu. Tous les ans il y a 3-4 filles qui changent dans l’effectif. Et il y a un bloc majeur. C’est ça qui fait qu’on peut rester sur des bases saines. Et continuer à progresser d’année en année, ce qui fait que Bourges reste au haut niveau. S’il y a un changement radical une année, ça peut compliquer les choses. Quand Pierre Vincent arrive en 2003, 2004, y a un renouvellement total des joueuses. Cela fait qu’il y a moins de résultats. Mais le but du jeu n’est pas d’être compétitif là tout de suite mais dans une ou deux années pour construire quelque chose qui durera longtemps. La vision du club à long terme fait qu’il reste au haut niveau.

Emmeline N'Dongue avec Céline Dumerc et Bourges lors d'un match d'Euroligue (c) Hervé Le Fellic - LeBerry

Emmeline Ndongue avec Céline Dumerc et Bourges lors d’un match d’Euroligue (c) Hervé Le Fellic – LeBerry

BR : Entre temps, vous avez évolué à Aix 2 ans de 2004 à 2006. Même question que précédemment, comment le club aixois vous repère ? Quel a été le problème avec le club de Bourges ? Pourquoi y a-t-il eu ce transfert ?

END : Premièrement, ça faisait une année que je m’entraînais avec Pierre Vincent. Ça se passait pas super bien. Je pense qu’on se comprenait mal l’un et l’autre. Deuxièmement, le président de Bourges ne souhaitait pas m’augmenter comme moi je le voulais. A ce moment-là, j’avais pas d’agent. J’avais pas demandé une augmentation extraordinaire. En plus, s’il m’en donnait encore moins. Je suis parti pour ces deux choses sachant que le coach d’Aix était l’assistant de Bourges à ce moment-là. Je partais donc en terrain connu entre guillemets. Je rejoignais aussi deux filles avec qui j’étais en espoir. Même si Aix ne m’a pas proposé plus, au moins je me suis senti un peu moins poussé qu’à Bourges.

BR : Vous avez donc joué à Aix, Bourges, à Los Angeles. Vous aviez d’autres offres de clubs étrangers. N’y a-t-il pas une pointe de regret de ne pas avoir connu d’autres championnats à l’étranger comme la Russie, l’Espagne, l’Italie ? Pourquoi ce choix de rester en France ?

END : Je suis une petite fille bête tout simplement (rires). J’ai un jeu qui reste particulier. Je suis pas quelqu’un d’extrêmement offensif même si je l’étais un peu plus en fin de carrière. Ce que j’avais me convenait. J’avais peur que ce que je trouve ne me convienne pas. Dans cette optique-là, je préférais me contenter de ce que j’avais plutôt qu’être déçu de quelque chose que je m’imaginais. Là je le regrette peut-être un peu. Si j’étais parti, peut-être que ça ne se serait pas bien passé ou passé différemment. Je suis contente de ce que j’ai fait en restant en France. J’aurais pu gagner bien plus. Ça serait une certitude. Ma maison serait payée. J’ai fait des choix. Et je regrette pas grand chose. Pourquoi je suis pas partie ? Car je suis quelqu’un d’assez frileux en règle générale.

BR : J’en viens maintenant à votre passage en équipe de France. On compte 196 sélections entre 2002-2013. Quel effet ça vous a fait de porter ce maillot bleu pour la première fois et qui vous a accompagné pendant plus de 10 ans de votre carrière ?

END : La première fois, j’étais la petite jeune avec les grandes. Je me rappelle j’étais avec Emilie Gomis. Avec l’équipe, nous étions à un tournoi à Saint-Brieuc. Je flippais un peu car je me retrouvais au milieu de ces grandes joueuses. Tout ce que je voulais était de ne pas décevoir. Les premières fois où j’ai porté ce maillot, c’était plus de l’appréhension, d’avoir ça sur le dos. Ca impliquait qu’on attendait énormément de moi. Je savais pas si j’étais prête à porter tout ça ou pas. Puis au fur et à mesure, ca s’est transformé en de la fierté car on n’est pas beaucoup à porter ce maillot là. Avec celui-ci, on représente la France. Je suis hyper fière de ça. Quand on sait qu’il y a toutes ces origines (ndlr : père camerounais et mère d’origine polonaise et allemande) qui circulent dans mes veines. J’étais hyper contente de pouvoir représenter la France.

Emmeline N'Dongue avec le maillot de l'équipe de France (c) AFP

Emmeline Ndongue avec le maillot de l’équipe de France (c) AFP

BR : Je reviens sur la médaille d’argent aux JO de Londres. Au départ du tournoi olympique, vous êtes-vous dit avec les filles et le coach que vous visiez le podium ? Etait-ce l’objectif où cela était une surprise de vous voir arriver à ce stade de la compétition avec au bout la deuxième marche du podium ?

END : C’était absolument pas l’objectif. Le seul qu’on avait était de se dire maintenant qu’on est au JO, ça doit pas être une fin en soi. Pierre Vincent nous l’avait dit très clairement. Ce qui compte quand on est aux JO, c’est d’exister de la meilleure des manières. Pour cela, c’est assez simple. Il faut gagner. Le podium n’était absolument pas en vue. Tout simplement car dans la logique des choses, étant donné qu’on était dans le groupe de l’Australie, on était censé terminer deuxième et croiser les Etats-Unis en demi-finale et se faire éliminer (rires). Il y avait peut-être la troisième place qui était jouable.

Le podium n’était pas dans les plans. Par contre, faire la meilleure des prestations possible oui. Ce qui a changé, c’est la victoire contre l’Australie dès le deuxième match. Là on s’est dit que tout est possible, tout nous est ouvert. C’était une petite pression supplémentaire. On se dit qu’on a pris cette chance contre les Australiennes et qu’on va pas la gâcher. Ce serait con de gagner contre l’Australie puis perdre contre le Canada. Ce qui a failli se passer. On était plutôt dans l’état d’esprit d’être appliqué. C’est une expression typiquement sportive. Quelque soient les matchs, on prenait les uns après les autres pour les gagner avec toute la volonté qu’il fallait sur le terrain.

On a aussi profité de l’événement car les JO ne se présente qu’une seule fois. On a profité au maximum, vu d’autres compétitions. C’était vraiment une ambiance particulière. Quand c’était l’heure de jouer, on appliquait ce que Pierre nous demandait. On était solidaire et on allait pour gagner ces matchs.

Porter le maillot bleu pour la première fois ? « Je flippais un peu car je me retrouvais au milieu de ces grandes joueuses. Tout ce que je voulais était de ne pas décevoir. Les premières fois où j’ai porté ce maillot, c’était plus de l’appréhension, d’avoir ça sur le dos. Ca impliquait qu’on attendait énormément de moi. Je savais pas si j’étais prête à porter tout ça ou pas. Puis au fur et à mesure, ca s’est transformé en de la fierté car on n’est pas beaucoup à porter ce maillot là. Avec celui-ci, on représente la France. Je suis hyper fière de ça. J’étais hyper contente de pouvoir représenter la France ».

Retrouvez dès vendredi la deuxième partie de cette interview. Basket Rétro est revenu avec Emmeline Ndongue sur ses souvenirs en carrière, les récentes performances de l’équipe de France, ses projets à venir depuis qu’elle a pris récemment sa retraite et la NBA. En attendant, découvrez les autres interviews réalisées sur notre site. 

Interviews par Basket Rétro

Montage Une : Clément Demontoux

Propos recueillis par Richard Sengmany

Retrouvez plus de Basket Retro sur





About Richard Sengmany (404 Articles)
Découvrant le basket dans les années 90 grâce à la diffusion des matchs NBA sur Canal+, je rédige depuis plus de dix ans des articles sur la balle orange, sur d'autres disciplines sportives et la culture.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.