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ITW Richard Dacoury (Partie 3) : « Julius Erving était mon idole quand j’étais petit »

Richard Dacoury et Magic Johnson lors du tournoi Open Mcdonald en 1991.

La troisième et dernière partie de l’entretien avec Richard Dacoury est consacré à l’actualité du basket français avec la Pro A, celle de la NBA, la découverte de la NBA et également ses rencontres avec deux monuments du basket américain : Michael Jordan et Magic Johnson. 

Richard Dacoury (c) allomatchBR : Pour en revenir à Limoges, justement le club limousin effectue une belle saison en Pro A. Les voyez-vous favori pour le titre cette année ?

RD : Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir. Il reste une dizaine de matchs à jouer avant les playoffs. On assiste à un championnat de France de Pro A où personne ne domine réellement les débats. Tout est possible encore dans ce championnat. Parmi les possibilités, il y a effectivement Limoges qui peut aller au bout. Encore faut-il qu’il gagne en régularité, ce qui leur manque souvent. Ils en ont le potentiel, tout à fait. Le club a récupéré Johan Petro. Quand celui-ci aura récupéré une bonne forme, il pourra être un atout supplémentaire dans le jeu de Limoges.

 » Le titre de Pro A cette saison ? Limoges peut aller au bout ».

BR : Quels sont les autres équipes favorites de ce championnat de France de Pro A ?

RD : Récemment, lors de la Leaders Cup qui s’est déroulé à Disneyland Paris, le club du Mans m’a impressionné sur l’engagement, le jeu proposé lors de ce tournoi. Et puis on se rend compte que le club manceau, qui peut jouer le titre, se plante le weekend d’après en championnat (ndlr : défaite 80-67 face à Antibes). Idem pour Strasbourg, qui fait bonne impression et qui perd en championnat (ndlr : défaite 81-69 contre Cholet) Les équipes de tête en Pro A perdent contre les équipes moins bien classés. Les équipes citées précédemment, capables d’aller au bout, manquent un peu de consistance, de constance dans l’effort et les performances. Même pour Nanterre, capables de réaliser des gros matchs,  il sera difficile pour eux de reproduire l’exploit de l’année dernière. Aujourd’hui, toutes les équipes manquent de consistance.

BR : La JSF Nanterre n’est pas passé loin d’atteindre le Top 16 de l’Euroligue. On n’attend de nos clubs français qu’ils brillent en Euroligue et que l’un d’entre eux gagne cette compétition prestigieuse comme vous avec Limoges en 1993. Pourquoi selon vous est-ce difficile pour les clubs français d’atteindre le Top 16, le Final Four et de remporter une coupe d’Europe ?

RD : Les budgets de Nanterre et de Olympiakos, vainqueur de l’Euroligue en 2013, par exemple ne sont pas les mêmes. Ils ne jouent donc pas dans la même cour avec les mêmes moyens. Nanterre est capable de deux trois exploits en Euroligue comme cette saison et a donné une bonne image du basket français. J’ai beaucoup aimé comment ils ont déployé leur énergie pour tenter de se qualifier. Ce n’est pas passé très loin. Mais c’est difficile de faire cela sur la durée. Les clubs les plus riches s’offrent les meilleurs joueurs actuels ou en devenir. Mais en Euroligue, on est condamné à faire des exploits à chaque match. Et c’est très compliqué. Il manque dans ce cas, peut-être une profondeur de banc, de doublures, de qualités à tous les postes.

« Il faut avoir cette capacité d’acheter les meilleurs joueurs étrangers pour bien figurer en Euroligue et le remporter ».

BR : Pour voir les clubs de Pro A exceller en Euroligue, quelles seraient les solutions pour y remédier ?

RD : On connait les solutions. Cela passe par bien créer une structure du club avec les partenaires qui l’accompagnent et le financent. C’est une question de budget. Il faut travailler avec un groupe qui s’étoffe et donc renforcer celui-ci par des bons joueurs à chaque poste. Il faut avoir cette capacité de les acheter. Parfois on n’a pas ces joueurs suffisamment bons pour pouvoir jouer dans la cour des grands. Les meilleurs joueurs se trouvent à l’étranger. Il faut donc trouver ces moyens de s’attacher les services des meilleurs joueurs internationaux en France pour pouvoir bien figurer en Euroligue et un jour remporter ce genre de compétition.

BR : Par rapport à votre époque où vous jouez et celle d’aujourd’hui, ressentez-vous des différences dans le jeu, une évolution dans le basket français au niveau tactique ?

RD : Je n’aime pas comparer les époques. Ce n’est pas le même basket. Quand je jouais, on pratiquait un basket beaucoup plus pointu défensivement. C’était plus physique. Mais le basket a évolué. Tactiquement, avec la règle des 24 secondes, le jeu est axé sur la vitesse, sur plus de rapidité d’exécutions des actions par rapport à un jeu plus élaboré à notre époque. Ça n’engage que moi, mais je pense qu’on avait un peu plus de QI basket à l’époque de ma carrière sur le plan individuel et collectif par rapport à aujourd’hui. Dans le basket actuel, il y a beaucoup d’exploits individuels au détriment d’un basket avec plus d’actions élaborées.

 » MVP de la saison en NBA ? Kevin Durant a un petit avantage ».

BR : Concernant la saison NBA, qui recevra le titre de MVP de la saison : Lebron James ou Kévin Durant ?

RD : Avec Oklahoma qui assure beaucoup de victoires grâce à un Kevin Durant exceptionnel avec plus de 30 points inscrits en moyenne, le joueur d’OKC a un petit avantage. Mais avec Miami et son expérience, Lebron James réalise encore des choses plus extraordinaires. Grâce à ses statistiques, il est présent aux points, au rebond, à la passe. C’est énorme.

« Le titre va se jouer entre 3 équipes je pense : le Heat, le Thunder et les Spurs ».

BR : Qui sera champion NBA cette année ?

RD : Si OKC arrive à tenir le choc avec le retour de Russell Westbrook, il faut que l’équipe rééquilibre son fonctionnement. Kevin Durant et OKC était bien installé en l’absence du meneur. Westbrook est un croqueur de ballon, ce qui n’est pas forcément rentable pour OKC. Après San Antonio peut encore jouer les troubles fêtes.  Ils avaient le titre en main lors du match 6 à quelques secondes de la fin et ils le perdent. C’est la beauté de ce sport. Tout peut arriver au meilleur des 7 matchs. Ils sont encore capables d’atteindre les finales cette saison. Le titre va se jouer entre 3 équipes je pense : le Heat, le Thunder et les Spurs.

BR : Comment as-tu découvert la NBA pour la première fois ?

Julius Erving, l'idole de Richard Dacoury

Julius Erving, l’idole de Richard Dacoury

RD : J’ai découvert la NBA dans les années 70 avec Doctor J alias Julius Erving. C’était mon idole quand j’étais petit. A mon époque, la NBA était quelque chose d’extraordinaire qu’on voyait grâce aux cassettes VHS. Je rentrais à la maison pour en parler. Maintenant on a accès à la NBA instantanément avec Internet pour voir les matchs. Je suis un spectateur plutôt intéressé.

BR : Avez-vous un souvenir marquant de NBA : performances d’un joueur, matchs ?

RD : Oui. Comme je le soulignais avant c’est le match 6 des finales 2013 entre Miami et San Antonio. Le Heat a faire preuve d’un mental assez extraordinaire pour remporter ce match alors que tout se présenter mal pour eux. C’était un match assez exceptionnel d’intensité, de qualité, d’engagement, de suspense. C’était un beau spectacle.

BR : Vous avez aussi rencontré Michael Jordan et Magic Johnson. Quels souvenirs en gardez-vous ?

RD : Oui en 1997, j’ai rencontré Michael Jordan lorsque je jouais sous le maillot du PSG Racing à l’occasion du tournoi Open Mcdonald auquel participait les Chicago Bulls (ndlr : voir vidéo du match en fin d’interview). Je l’avais aussi croisé en 1984 aux Jeux Olympiques de Los Angeles. Il sortait de l’université de North Carolina. C’est une personne exceptionnelle. J’étais admiratif de ce personnage qu’il était. Lors de notre confrontation à ce tournoi où j’ai joué contre lui, on oublie de jouer. On prend plaisir à le regarder (rires). C’est un guerrier, un compétiteur féroce. C’était une super expérience, de grands moments. Et effectivement j’ai rencontré Magic Johnson. J’ai eu la chance de jouer contre cette autre immense star de la NBA en 1991 lors de ce même tournoi Open Mcdonald sous le maillot du CSP Limoges. Il m’a impressionné par son ouverture aux autres, son grand sourire en permanence. C’est pour moi un des autres grands joueurs de basket.

 » Michael Jordan est un guerrier, un compétiteur féroce » / Magic Johnson m’a impressionné par son ouverture aux autres ».

Richard Dacoury et Magic Johnson lors du tournoi Open Mcdonald en 1991.

Richard Dacoury et Magic Johnson lors du tournoi Open Mcdonald en 1991.

BR : Quel est votre 5 majeur idéal de toute l’histoire de la NBA ?

RD : Compliqué (rires). Je vais dire Magic Johnson, Michael Jordan, Lebron James, Shaquille O’Neal, et Hakeem Olajuwon.

Merci beaucoup à Richard Dacoury de nous avoir accordé cet entretien.

Le match Chicago Bulls – PSG Racing lors du Tournoi Open Mcdonald en 1997.

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About Richard Sengmany (404 Articles)
Découvrant le basket dans les années 90 grâce à la diffusion des matchs NBA sur Canal+, je rédige depuis plus de dix ans des articles sur la balle orange, sur d'autres disciplines sportives et la culture.

1 Comment on ITW Richard Dacoury (Partie 3) : « Julius Erving était mon idole quand j’étais petit »

  1. Dans les équipes favorites pour la pro A, on peut aussi citer la JDA, hein Patrick ^^

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